‹ Piccole note sul teatro di prosa a ParigiChapitre 5 sur 5 · EMILE LOUBET · texte numérisé non relu

EMILE LOUBET

» Par le Président de la République :

» Le Ministre de l’instruction pubVqut et des beaux-arts

GEORGES LEYOUES ».

Le silence continua.

Pas un geste, pas un mot.

Et, comme M. Claretie se taisait, M. Mounet-Sully, en sa qualité de doyen, demanda:

— C’est tout ce que vous aviez à nous dire, monsieur l’Administrateur ?

— C’est tout.

Ces messieurs se levèrent alors, et, saluant M. Claretie, ils se retirèrent sans un mot.

Et ils allèrent s’enfermer dans la loge de M. Leloir, qui, par sa dimension, est, comme on sait, le foyer de la résistance.

A partir de cette minute, rien ne transpira de ce qui fut dit ou résolu.

Ce qui se passa dans cette réunion est mystérieux comme un secret des fées. Au bout d’une demi-heure, les six membres du Comité sè séparèrent ; et, depuis ce temps, ils ont observé, même à l’égard de leurs camarades, une inflexible discrétion.

Si nous en croyons cependant les impressions recueillies, il est probable que les Sociétaires ont renoncé à l’idée de démissionner, ou de mettre en accusation M. Claretie. Ils se borneraient à engager un procès devant le Conseil d’Etat ; mais ils tiennent auparavant à recueillir les conseils d’un jurisconsulte compétent.

S’ils s’y décident, nous le saurons bientôt. Ils en auront pour quatre ou cinq ans.

Ce qu’il faut dire, c’est l’agitation fébrile des membres du Comité, qui, apres s’être imposé une attitude impassible dans la séance présidée par l’Administrateur général, se laissaient aller à un dépit compréhensible. Ils se répandaient à travers les escaliers sans dissimuler leur colère. M. Silvani s’écriait:

— C’est la querelle des m’ as-tu -lu contre les m’as-tu-vu!

D’ailleurs, aucun Sociétaire étranger au Comité n’avait eu la curiosité de venir aux nouvelles.

Le soir, pendant la première représentation du Roi , tous affectaient des visages glacés. Des conservations que nous avons eues se dégage pour nous l’ impression très nette

que l’agitation des membres dn défunt Comité ne trouvera pas d’écho parmi l’assemblée des Sociétaires.

Notre enquête auprès des auteurs était loin d’être achevée. Nous nous étions promis d’y faire figurer tout ce qui a un nom dans la carrière dramatique, écrivains, critiques, directeurs, acteurs même....

Mais voici la question vidée par le décret ministériel; et nous ne pouvons, à notre grand regret, la continuer.

Cependant, plusieurs opinions sont bonnes à retenir, et nous allons les résumer pour l’édification du public et des membres du Comité de lecture.

M. Sardou, tout en reconnaissant que les acteurs, en général, constituent « un bon public », est opposé depuis longtemps à ce que les interprètes d’une oeuvre soient appelés à la juger.

M. Octave Mirbeau, qui lut au Comité, il y a -quelques mois, sa nouvelle pièce, qu’on dit très belle, Les affaires sont les affaires, sur le conseil et avec l’appui de M. dare tie lui- même, et qui se vit reçu « à corrections », s’était écrié :

— Des corrections ? Je les ferai sur leur dos !

Il m’avait dit:

— Il est profondément illogique et absurde que l’Administrateur général, qui est, devant le public, seul responsable de la bonne ou de la mauvaise gestion de la Maison, n’ait pas le droit de choisir les ouvrages qu’il doit représenter... Les comédiens sont faits pour jouer les pièces, et non pour les juger.

M. Emile Bergerat qui, depuis vingt ans, a tant vociféré contre les choses et les gens de la Comédie-Française, et leur porta des coups fameux, me disait:

Réformer l’institution en la reprenant par la base de ses réglements ? On a trop attendu. Il fallait s’y prendre dès la mort d’Emile Perrin. A présent, tous les étais sont pourris. Les raser, oui ; mais qui l’osera ? Il y faudrait un autre Napoléon. La Marianne est trop bonne fille. Le mieux est de l’offrir, Molière compris, au roi de Grèce, puisqu’il la désire... Quand ça croulera, faites-moi signe, camarade, je n’aurai pas volé d’en être...

M. Clemenceau, qui se trouvait, il y a juste dix ans, à la tête d’un pétitionnement pour la suppression du Comité de lecture, et qui s’était chargé d’interpeller le gouvernement a ce sujet, m avait écrit : « On va supprimer le Comité pour des fautes dont il n’est pas seul à porter la responsabilité. On n’avancera point les affaires. Pourquoi n’y avait-il point de question du Comité de lecture du temps de Perrin ? Simplement, parce que Perrin était, dans sa partie, un caractère. A la Comédie Française, comme en d’autres endroits que je sais, l’intelligence ne suffit pas. Il faut encore une volonté. »

M. Lucien ÜEScavES était pour la suppression du Comité, et la responsabilité du directeur : « A chacun son métier !... Je n’ai jamais compris que la dignité professionelle des moins chatouilleux d’entre nous se pliât à l’humiliation de soumettre leur travail à un Comité composé d’hommes dont le rôle est de faire reluire les bottes, et non pas d’en apprécier l’élégance et la solidité. »

M. Gaston Dévoré, le jeune auteur de La conscience de V enfant, représentée l’an dernier à la Comédie-Française, et qui, il y a peu de temps, se vit «reçu à corrections», est également pour la suppression du Comité.

— Je rends hommage pourtant, me disait-il, à la correction, à la sincérité, et à la conscience de ceux qui le composent... Entendons-nous, cependant. Je ne veux pas la mort du Comité. Il faudrait, même en l’élargissant et en y admettant les femmes, donner au Comité un pouvoir d’indication. Il donnerait son avis à l’Administrateur qui, ensuite, apprécierait souverainement.

M. Antoine est de l’avis de M. Mounet-Sully. Il trouve que les comédiens ont raison de vouloir défendre leurs intérêts. Ils sont chez eux. Ils courent ensemble les risques de l’entreprise, leur réputation et leur argent y sont engagés... Ils ont raison de tenir à leur prérogative essentielle, qui est de choisir à leur gré les conditions de succès de la Maison.

— Mais pour ce qui est de la Comédie-Française ellemême, c’est une autre question — dit M. Antoine. — Elle est f...ichue! Parfaitement! Elle est f...ichue! Le vrai remède, c’est de la supprimer... Elle a ignoré le mouvement dramatique moderne depuis dix ans, des auteurs nouveaux elle n’a connu que ceux qui traînaient avec eux des choses anciennes... Quant au répertoire, qui est son unique raison d’ être, il est mal joué, et il ne fait pas le sou... La suppression du Comité ne sera qu’un replâtrage, la maison croule. On en retape la façade, mais le gros œuvre est entamé... D’ailleurs, quelle sera la position de l’Administrateur? Il se trompera, comme les camarades. Et s’il ne réussit pas, les vrais propriétaires de la maison, les comédiens, lui diront: «Dites donc!: c’est notre argent qui marche ! » De son côté, le Ministère lui tapera dessus... Ah, le pauvre!... On en changera tous les ans. Voilà du bon temps pour les candidats...

M. Alfred Capus est enchanté de la solution. Pour lui, c’en est fini de la légende de la Comédie-Française, théâtre exceptionnel : la voilà ramenée à la condition des autres théâtres. Elle sera obligée, pour vivre, d’avoir une valeur

personnelle, réelle. Elle ne pourra pins abriter ses fautes derrière son prestige et la légende... Le gros avantage de la réforme pour la Maison, et pour l’art dramatique, c’est que l’activité y est désormais possible.

M. Edmond Rostand, que j’étais allé voir à Montmorency, n’attache pas, en principe, beaucoup d’importance à l’existence ou à la suppression du Comité de lecture. Pourtant, au point de vue de l’administration d’une maison comme la Comédie-Française, il trouve que la responsabilité unique du directeur est préférable. Mais les causes de la crise que traverse la Comédie-Française sont, pour lui, ailleurs. Elles sont surtout dans la concurrence des « étoiles ». Sarah, Coquelin étaient à la Comédie-Française au temps de sa prospérité. Aujourd’hui, ils ont chacun leur théâtre, comme Réjane a le sien.

Mme Sarah Bernhaadt, avec laquelle je suis revenu hier de Rouen, m’a confié son opinion. Elle ne comprend pas que les Sociétaires ne donnent pas leur démission en masse.

— On vient les embêter chez eux — dit-elle: — qu’ils se mettent en grève! Qui est-ce qui serait bien embêté? C’est le gouvernement! Je vous jure que si j’étais là, je n’aurais, pas de cesse que tout le monde fût révolté ! —

Selon elle, le décret de Moscou est imbécile. Non seulement il faut que ce soient les comédiens qui reçoivent les pièces, mais encore ce devrait être un comédien qu’on devrait nommer administrateur. Plus encore ! : il devrait être choisi par les comédiens eux-mêmes!

Elle conclut:

— Je suis suffoquée qu’ils ne se mettent pas en grève! Je sais bien — ajoute-t-elle, en riant — qu’une bonne moitié d’entre eux ne trouveraient pas d’ engagement même en province...

Et à présent que c’est bien fini, que les comédiens sont rendus à leur art, et à leur art seul, qui, pour plusieurs, est très grand, qu’il nous soit permis de leur donner un avis.

Ils n’ont pas à lutter contre un gouvernement de qui ils dépendent, quoi qu’ils prétendent, par la subvention qu’il leur octroie, par le loyer énorme et les contributions dont ils sont exonérés, par tant d’autres prérogatives qu’il accorde à son théâtre d’Etat. Ils doivent donc s’incliner, sous peine de devenir un peu ridicules, et d’augmenter l’impopularité de l’institution aujourd’hui morte.

Mais qu'il demandent à voir M. Roujon, directeur des beaux-arts, qui, lui, ne manquera pas de les recevoir, comme c’est sa fonction, et qu’ils lui portent une lettre à l’adresse du Ministre, qu’ils auraient rédigée à peu près en ces termes :

« Monsieurs le ministre,

Les Sociétaires soussignés, membres du Comité de lecture de la Comédie-Française, s inclinent devant la mesure que vous avez prise, et qui les prive d’un droit qu’ils avaient jusqu’à présent exercé avec le souci réel des intérêts et l’ amour profond de la Maison glorieuse qu’ils représentent.

Ils vous demandent seulement de vouloir bien leur promettre que, dans deux ans, par exemple, vous voudrez bien examiner à nouveau si cette mesure si grave a produit les résultas que vous en attendiez.

Et laissez-leur espérer qu’alors, peut-être, ils pourront faire valoir auprès de vous les nombreuses raisons qui militent en faveur de cette institution qui donna jadis de si beaux, de si éclatants fruits...

Veuillez agréer, etc. »

Je n’en sais rien — je m’empresse de le dire — mais je suis sûr que le Directeur des beaux-arts, qui s’est conduit en toute cette affaire avec la plus entière bonne foi, mais avec beaucoup d’énergie, et qui ne fut guidé que par ce qu’il croit être l’intérêt de la Comédie-Française, accueillerait cette pétition avec la plus grande bienveillance.

Et que diraient-ils, les partisans de la révolution, si le Ministre lui-même répondait favorablement à leur appel, par la promesse d’un examen, d’une révision possible — après expérience — de la mesure qu’ils les navre ?

Et, au contraire, si, dans deux ans, une fois cicatrisée leur petite blessure d’amour-propre, ils voyaient les effets bienfaisants de la reforme, ne seraient-ils pas les premiers a demander son maintien, et a bénir M. Gaston Schéfer qui aurait ete ainsi la cause — indirecte — de leur nouvelle prospérité ?

Jules Huret ».

Com’ era naturale, la stampa parigina — per opera dei suoi migliori scrittori di cose drammaticlie — continuò, anche dopo gli articoli dell’ Huret, a occuparsi della « Casa di Molière ». Da tutte le parti, piovvero consigli e suggerimenti.

Eccone qui appresso qualche saggio:

Décadence du potin.

On accuse notre temps de dévergondage. Les vieillards et les dames mûres ne laissent pas que d’insister sur ce vice prétendu spécial à 1’ époque. On impute à cette cause tous les méfaits de la politique et des moeurs. Il faut lutter contre cette erreur. Une preuve marque notre vertu relative: c’est le goût du potin. Dans un salon, à table, qu’un homme de bien discoure sur les questions les plus intéressantes, qu’il explique la découverte de la navigation aérienne, ou qu’il décèle les secrets de la diplomatie, rien de son art n’attirera plus l'attention, si la moindre péronnelle an-

nonce comment la dernière divette du boulevard a changé d’entreteneur. Ce fait simple et banal d’amants qui rompent ou s’ acoquinent, qui bissent ou se réconcilient, semble à chacun le seul sujet de propos qui doive primer d’abord.

Est-ce là une marque de débauche ordinaire ? Des gens foncièrement vicieux seraient enfin blasés depuis longtemps sur le charme d’apprendre qu’un lieutenant reçoit dans sa garçonnière une coquette, ou qu’un garçon boucher fait les délices intimes d’une princesse? Cela est de vérité courante et ordinaire. En des temps de grande débauche, au dix-huitième siècle, sous le Directoire et l’Empire, la société s’intéresse mal à ces racontars. Elle disserte sur les idées. Elle écoute les milliers d’alexandrins récités sur la scène au cours des tragédies. Elle lit les encyclopédistes et les philosophes. Elle étudie le sentiment romanesque dans les fables littéraires. Le cancan n’agrée pas. C’est la menue monnaie du commun.

Au contraire, de nos jours, il envahit 1’ existence. Alexandre Dumas le fit passer dans 1’ art dramatique. Nos vingt théâtres ne se permettent de répresénter sur la scène que le potin, que l’adultère dialogué. Faut-il que nous soyons chastes et continents pour nous amuser de telle façon ! Et sans nous lasser!

Les acteurs savent que cela seul fait de l’argent. Les directeurs en usent, et en abusent. Fondée pour entretenir le goût des idées hautes lorsque les passious de la vie les objectivent, la Comédie-Française elle-même succombe à la tentation de transformer la scène en loge de concierge. L’ aventure de Francillon s’y répète indéfiniment, sous les formes les plus banales, les plus copiées, les moins alertes. Pour égaler les recettes des petits théâtres qui gîtent au Palais-Royal, ou le long du boulevard, il a fallu donner à l’élite de la société française la récitation du potin, sa mise en valeur, et sa représentation.

Apparemment ignorante des petits plaisirs illicites, notre vertu s’ébaubit devant le spectacle, toujours nouveau pour elle, d’une dame en mal de convaincre son amant et son

mari, de telle sorte qu’ils s’arrangent pour lui garder la considération publique, et lui permettre les libres jeux de l’alcôve, à la fois. Depuis cinquante ans, ce magnifique problème est retourné, discuté, résolu par cette littérature de dixiéme ordre qu’on nomme 1’ art dramatique.

Enfin, quelques Hommes impatients se lassent et protestent. Par une série d’ articles remarquables, et munis d’excellente logique, M. Larroumet exige qu’on exclue le potin de la Comédie-Française, et qu’on laisse aux théâtres inférieurs le soin d’amuser avec ça les personnes que ne fatigue aucune redite. Attribuant cette honte de notre scène officielle aux appréciations pitoyables des acteurs qui, de par le Décret de Moscou, constituent le Comité de lecture, il demande la suppression de ce jury. L’incompétence de ce groupe est notoire pour accomplir la mission qui lui est dévolue, à savoir de rendre à l’idée française un culte artistique et dévot.

Je me félicite de cette requête. Il y a quelque cinq ou six mois, j’expliquais ici-même comment cette clause avait été pour Napoléon un moyen de ravaler les poètes et les idéologues devant la nation, en soumettant leurs œuvres à la juridiction des. intermédiaires; et cela, en un temps où 1 opinion de l’aristocratie et de la bourgeoisie même nourrissait encore le préjugé hostile aux comédiens. J’ai donné quelques raisons de faire cesser l’abus. Voici que de meilleurs arguments sont apportés. La littérature officielle, représentée par le secrétaire de l’Institut, par le savant auteur des études définitives sur Marivaux, d’ une part ; et, d’autre part, toute la jeunesse des poètes qui collaborent à la Revue Naturiste , condamnent mieux que moi le Comité de lecture. Lucien Muhlfeld, magistralement, avait dit leur fait aux cabotins du lieu.

Les motifs de verdict abondent. D’abord, celui-ci. L’Etat alloue une forte subvention à la Comédie-Française pour que soit ainsi compensé le risque pécunaire encouru si l’on monte des tragédies, ou des pièces, parfaitemet remarquables, mais sans attrait certain auprès de la foule. Contribuable,

je paye un impôt afin que l’art sublime de mon pays soit tiré de l'obscur, et bien exprimé. J’entends que ma contribution serve à cela, et non point à l’accroissement des honoraires perçus par les interprètes, ou à la bonne administration de leurs fortunes personnelles. M. Le Bargy,.tdans une interview fort naïve, s’alarme pour cette fortune. Il redoute qu’un directeur, plus engoué de lettres que de finances, diminue le rapport des parts entières et des demiparts, en offrant à 1’ admiration publique des chefs-d’œuvre incapables de nécessiter les trois cents représentations rémunératrices. Soit ! Mais alors que l’on supprime la subvention! Le budget est en déficit d'une centaine de millions. Il importe de se résoudre aux' économies. La première est tout indiquée. Que les caissiers de Molière oublient donc le chemin du guichet ministériel. Rien n’empêchera dès lors M. Le Bargy, et ses camarades, de monter Miss Helyett , Champignol malgré lui , Francillon , toutes les pièces éminemment françaises, et, d’ailleurs, fort hilarantes, où un derrière de jeune fille, et trois quiproquos, désopilent indéfiniment la rate de la badauderie nationale.

Avec la subvention, nous créerons une autre Comédie d’Art, où l’on jouera parfois Eschyle, Sophocle, Shakespeare, Racine, Gfœthe, Becque, Ibsen, et Porto-Riche ; et d’où seront exclus toutes les Francillons, toutes les Etrangères et toutes ,les Aventurières, tous les de Ryons, et toutes les Dames aux Camélias, une fois pour toutes. Selon le mot parfais d’un écrivain de la Revue Naturiste, on nettoiera les écuries d’Augier.

Mais si les protagonistes de la Maison entendent demeurer les détenteurs de l’art officiel, qu’ils changent de théorie ! En principe, la subvention devrait être consacrée tout entière à payer le prix de ce que j’appellerai: les Fours Sublimes. Cela veut dire qu’avec cet argent on devrait faire connaître, dans les meilleures conditions, les drames et les comédies de nos grands littérateurs, sans se préoccuper de leur succès ou de leur insuccès, mais seulement de la valeur poétique. Ainsi, il est absolument hon-

teux que l’élite de la société française ne soit pas admise à goûter V Iphigénie de Jean Moréas, on la Dame à la Faulx de Saint-Pol-Roux. Justement, parce que ces chefs d œuvre de la langue ne peuvent être compris qu’avec le secours des meilleurs talents scéniques, seule, la Comédie- Française est en mesure d’imposer à l’indolence de l’esprit public ces drames admirables. Ce n’est pas avec les moyens tiop limites des théâtres d’essai qu’on peut objectiver ces pièces de manière suffisante. Puisque la routine des spectateuis sera deconcertee, il importe que la mise en scène, le décor, les costumes, et les mérites, des récitants, soient de premier choix, afin de vaincre les hésitations et les ignorances ironiques des gens à la spiritualité paresseuse.

L Etat verse la subvention pour que soient tentées plusieurs épreuves de ce genre ; et non pas afin que Monsieur Untel puisse adjoindre un valet de pied à son personnel domestique, ou Mademoiselle Unetelle un diamant à la livieie payee par un boyard de passage, en souvenir d’une heure exquise.

Contribuable, je me fiche absolument de ces avantages particuliers. Et c est mon droit. Ou bien que ces messieurs et demoiselles rendent la subvention. S’ils prétendent continuer à la toucher, je desire que leur talent serve à faire connaître les plus hautes nlees littéraires de la race française, et non ses idées les plus basses. Je veux que l’art devienne radieux, à la place du potin.

C est grâce à ces gens -là que la France reste considérée, au dehors, comme une nation de filles pubbliques et d’adultères, de pâtissiers, et d’institutrices complaisantes. Car enfin ils détiennent le monopole de l’art officiel. Ils sont des fonctionnaires rémunérés pour apprendre au monde l’excellence des méditations qui lui valurent les leçons de l’Encyclopedie, de la Revolution française. Et toute cette docte Compagnie propage uniquement la mentalité des cocottes, des concierges et des snobs, en la faisant passer pour le suprême de nos intelligences. C’est un peu roide !

Voyez, par contre, quelle œuvre supérieure fut accomplie par V Opéra, grâce à la subvention. Depuis dix ans, notre goût musical a fait d’immenses progrès. Et c’est notre capitale qui dicte au monde les lois de l’art symphonique.

Le premier devoir de l’Administrateur qui va succéder au Comité de lecture, sera donc d’employer la subvention à monter quelques Fours Sublimes. Je ne m’ abuse point sur l’accueil que, d’abord, ces œuvres recevront de la cabale entretenue par les Sociétaires mécontents. Mais après les deux, trois, ou cinq, échecs inévitables, un succès viendra, parce que véritablement il n’y a point de raison pour qu’il ne vienne pas. Et alors le succès d’une pièce à grandes idées éduquera, de façon noble et utile pour la race, la génération qui 1’ applaudira. Plutôt que d’habituer les âmes bourgeoises à discuter éternellement sur le cas adultérin de Francillon, on l’accoutumera doucement à débattre des intérêts moins absurdes et moins ignobles. Car ceux de Francillon accaparent une toute petite partie de nos existences, et n’y dominent que peu d’heures: absolument, comme la mangeaille, l’ivresse, ou la colique. L’étranger finira par connaître une France vraie, une France avec de l’intelligence, du savoir, et des préoccupations supérieures à celles de se trousser, sans omettre d’ailleurs celle-là même.

C’est un devoir national qu’il faut remplir, et un devoir urgent. Ceux qui ne voyagent pas s’imaginent à peine comment on nous traite, passé la frontière, grâce au personnel de la Comédie-Française, et aux indulgences de la critique pour toutes les sales rengaines de la scène.

Nous ne sommes pas une race morale. Soit. Point d’hypocrisie. Présentons-nous tels. Mais nous sommes une race intelligente. N’oublions jamais de pallier nos vices par leurs accointances avec notre mentalité, supérieure entre toutes.

La peur du Four Sublime est, au reste, absurde chez les directeurs. Car, parmi les vaudevilles, idiots et toutes les autres cochonneries qu’ils mettent à l’affiche, une bonne

moitié n’obtient aucun succès d’argent. Dès lors, échec pour échec, autant courir le risque avec de belles choses.

Nous sommes en 1901. Les dames mûres de la Comédie se croient toujours au temps où elles chantaient: « Ohé!, les petits agneaux! », avec Grammont-Caderousse dans le cabinet du Grand-16. Grâce à Dieu, ces gentilshommes se sont assagis. Ils écrivent des études sociales à la Revue des Deux-Mondes, et au Correspondant. Leurs petites amies devraient bien les imiter en cherchant à s’instruire. Le savoir est la consolation de la maturité. Plus érudites, elles pourront faire comprendre au public ce qu’il ignore. Leur art n’est pas d’amuser seulement, mais d’instruire, d’éduquer, et de spiritualiser la foule incapable de lire, mais capable d’ouïr. Elles gagneront moins d’argent. Peut-être. Mais un professeur agrégé, qui a passé dix-sept années pendant l’enfance, l’adolescence et la jeunesse, pour apprendre et conquérir un diplôme, touche de quatre à cinq mille francs annuels dans le lycée de province où il enseigne les belleslettres ; mais un capitaine du génie, lauréat de Polytechnique, touche la même somme à quarante ans, après avoir risqué plusieurs fois sa vie dans les climats exotiques et sous le teu de l’ennemi; mais Paul Verlaine vécut d’une maigre charité toute sa vie, comme Villiers de l’ Isle-Adam. Je ne pense pas que le génie d’un acteur puisse être comparé à ceux de ces héros; ni que ses services surpassent en valeur ceux rendus par le professeur, 1’ officier, le poète et le littérateur. Ils ne créent rien. Ils sont des intermediaires. Quand un devoir plus sévère les obligerait à voir décroître leurs traitements d Ambassadeurs, le mal ne nous semblerait pas affreux. M. Le Bargy laisse deviner que les gros personnages quitteraient la Comédie, si leur bourse devait s’aplatir. Mon Dieu, on en trouverait d’autres ! Leurs talents sont limités à l’expression du potin. Ils furent toujours hors d’etat de faire comprendre le texte vierge de Shakespeare à un public. Cela suffit pour indiquer combien leur excellence est relative.

Si la logique triomphe de leur Comité, ils se résigneront à l’essai des Fours Sublimes au nom de l’art et de la gloire nationale, tout en jouant le répertoire à succès pour faire fructifier leurs parts ; ou bien ils s’en iront. Mais la France n’entretiendra plus un art officiel destiné à persuader le monde de ceci : — que notre mentalité ne depasse point celle de Francillon, ou de l’Ami des Femmes !

Nous sommes suffisamment déshonorés.

Paul Adam.

La Comédie Française.

La saison dramatique s’ouvrant, avec des fortunes diverses pour les pièces représentées, on s’occupe beaucoup' des théâtres; et, en particulier, de la Comédie-Française. On prétend cependant que les Parisiens, sollicités qu’ils sont par les spectacles des music-halls et des cafés-concerts, déroutés par la crise que le théâtre subit, placé entre des formules anciennes qu’on a démolies, et des formules musicales qui ne sont guère définitives, arrêtés et limités enfin dans leur goût pour le plaisir du théâtre par la cherté des places, n’aiment plus 3" aller autant qu’ils l’aimaient autrefois. Mais tout ce qui touche à la scène est toujours discuté avec passion. La Comédie-Française, en particulier, est mise sur la sellette, parfois sans bienveillance. Dans l’âpreté des critiques qu’on lui adresse, je ne veux voir qu’une marque de l’amour qu’on a pour elle, et comme une ‘ application de l’adage: « qui aime bien, châtie bien. »

La Comédie-Française, en ces derniers temps, n’a pas eu de chance. Elle n’a guère trouvé que dans des reprises — et encore pas toujours — un de ces succès éclatants qui datent, et imposent silence à la critique. Mais la faute est-elle tout à fait sienne? Pendant longtemps la Comédie- Française avait, pour ainsi dire, des fournisseurs attitrés qui avaient l’oreille du public, et dont les œuvres n’étai-

ient pas contestées. Ce furent Scribe, d’abord — monsieur Scribe — puis Augier, Dumas, Pailleron. Les théâtres d’allure plus libre et plus fantaisiste, les scènes « d’avant-garde », n’existaient pas en aussi grand nombre qu’aujourd’hui. Le Théâtre-Libre s’essayait devant un public restreint. Le Palais-Loyal était a Labiche ou à Gfondinet ; le Glymnase et les Variétés à Meilhac et Halévy, à Millaud, à d’autres encore, qui avaient un public, et faisaient leur œuvre parralèlement à la Comédie, mais sans concurrence directe avec le genre bien défini et bien assis qu’on y exploitait. La Comedie aujourd’hui se trouve dans une situation beaucoup plus difficile. Elle n’a pas de « fournisseurs » indiscutés. Elle est tenue, à la fois, de suivre un mouvement qui reste indécis, et de garder une tradition. C’est une question de mesure, très delicate, et une question de bonheur aussi. Il me paraît juste d’en tenir compte.

Mais la Comédie a fait des fautes : une surtout, dont la gravité tient surtout au peu d’ importance foncière de l’objet qui l’a déterminée. Je veux parler de l’affaire de Chérubin. Etait-ce une faute de recevoir ces trois actes ? Pas du tout. L’auteur avait apporté une « variation » sur le personnage classique et délicieux de Beaumarchais. Ces trois actes n’étaient ni sans mouvement, ni sans quelque mérite de style. Peut-être, la distribution n’avait-elle pas été très heureuse, confiant le principal rôle en travesti à une artiste qui a plus d’emotion que de légèreté impertinente, et qu’on savait devoir être mère bientôt, ce qui a causé une gêne! Mais il ne fallait pas, surtout à propos d’une pièce qui pouvait être un aimable début d’un jeune homme, crier au chef-d’œuvre, et faire, -comme on dit dans l’argot du boulevard, un « chichi » sans précédents. La réclame préalable et outrancière, sans que je veuille savoir à qui en attribuer l’excès, a fait plus de tort à Chérubin que les défauts mêmes de la pièce. De ces défauts, quelques-uns auraient pu être corrigés, ou atténués, en un tour de main, entre la répétion et la première. On eût joué Chérubin quelques fois. Mlle Leconte y était charmante,

Mlle Sorel fort agréable. Mais, sapristi!, il ne fallait pas parler d’une bluette comme on eût parlé de la première des Burgraves! Il ne fallait pas exalter la pièce pour la « lâcher » ensuite. Chérubin ne soulevait aucune passion, et nul désordre n’était à redouter. Selon l’accueil du public, on l’eût donné les trois fois réglementaires, ou une douzaine de fois, et il n’en eût plus été parlé. Surtout, il n’y eût pas eu une « question Chérubin », qui a fait couler des flots d’encre, et qui n’est même pas résolue, ce qui ne va pas sans un peu de ridicule.

Et, puis, de la question Chérubin est née la question du Roi , ou de V Esclave, car je ne sais pas le nom définitif de l’œuvre de M. Scheffer. Il paraît que l’histoire de Chérubin a été sur le point de recommencer bis in idem. On devait jouer la pièce ces jours-ci. On l’a ajournée. Le bruit a couru qu’on ne la jouerait pas. Puis, comme s’il s’agissait d’ une affaire d’Etat, on nous communique des dépêches solennelles annonçant que la représentation aura lieu. Même l’auteur, à qui on avait retiré son dénouement pour lui en imposer un autre, est rentré en possession de sa scène finale. Allons, tant mieux ! Mais quelle drôle de façon de présenter et de recommander une œuvre au public, que de lui faire savoir que le théâtre qui l’a reçue, et que les comédiens qui la créent, l’ont trouvée assez mauvaise en la répétant pour n’avoir plus voulu la donner!

De ces incertitudes révélées par des indiscrétions, il est résulté tout naturellement une opinion qui, mon amour de la vérité me force à le dire, est fortement entrée dans les esprits. Cette opinion, c’est que le Comité de réception à la Comédie, composé de cinq Sociétaires, est incapable de remplir sa tâche. On le qualifie de pouvoir à la fois absolu et arbitraire, irresponsable et incompétent. Et, comme on n’y va pas de main morte dans notre pays quand il s’agit de démolir les choses, des gens fort échauffés en tirent cette conclusion radicale, qu’il n’y a plus qu’à supprimer la Comédie-Française. Peste!, voilà qui est aller vite en besogne, et c’est bien là l’ordinaire excès où nous porte notre hu-

meur. Je tâche de m’en défendre. A la quatrième page des journaux, et sur les affiches, mon œil est attiré depuis longtemps par une annonce de dentiste qui dit : « N’arrachez pas ! Guérissez !» A y bien réfléchir, cette réclame d’un dentiste est une règle de philosophie admirable et sûre, et qui trouve son application en politique, en administration, et en art même. Détruire la Comédie -Française, est une idée qui m’indigne.

La Comédie a été, est encore dans une large mesure, et doit être, une de ces institutions de luxe dont l’utilité n’est jamais si grande que dans une démocratie. J’ajoute qu’il y a tout à la fois une injustice et une illusion à croire qu’en changeant tel ou tel haut fonctionnaire on porterait remède à tous les inconvénients que l’expérience a signalés, et, en ces derniers temps, avec une certaine acuité qu’on ne peut pas nier. Seulement, il n’est pas impossible de profiter de cette expérience pour améliorer une institution dont la ruine serait désastreuse pour les lettres de notre pays.

Pour l’instant, c’est sur la façon dont opère le Comité que s’exercent les critiques. Ne peut-elle pas être modifiée ? La composition même de ce Comité ne peut-elle pas être fortifiée ? Les critiques radicaux disent volontiers que les comédiens qui le composent (je ne veux pas savoir qui ils sont, toute question de personne devant être écartée) sont incompétents pour apprécier une œuvre, et le sont de façon absolue. Je ne suis pas de cet avis. J’estime qu’on ne joue pas la comédie vingt ans, qu’on n’arrive pas au sociétariat sans avoir, sur les choses du théâtre, une grande compétence. Seulement, pour les comédiens, cette compétence, si réelle qu’elle soit, reste relative. Comme juge, le comédien est gêné par la préoccupation professionnelle du rôle à jouer, ou à faire jouer par un camarade. Il peut être victime, surtout dans l’emballement d’une lecture bien faite (on devrait recevoir ou refuser les pièces seulement huit jours après cette lecture), de l’intérêt qu’il trouve a un rôle, même dans une œuvre d’ensemble incertain. Puis, pour la Comédie- Française particulièrement, les juges du Comité étant par-

ticipants à l’exploitation financière du théâtre, ils peuvent se préoccuper trop de savoir si une pièce « fera », ou ne « fera pas », d’argent.

Le rôle de la Comédie est plus haut que celui 'qui consisterait à trop suivre le caprice du public. Je voudrais donc, ne fût-ce qu’à l’état d’essai, qu’on augmentât le nombre des membres du Comité, de telle façon que la préoccupation de la distribution des rôles s’affaibilît en se portant sur plus de personnes. On y ferait entrer les femmes. Elles sont, dans le public, les distributrices les plus actives du succès, ou de l’insuccès : leur sentiment est de prix dans le choix des œuvres. Enfin, je crois qu’il serait utile d’adjoindre au Comité, fût-ce à titre consultatif, trois ou quatre lettrés, jugeant les œuvres avec un critérium un peu différent de celui des comédiens, et d’augmenter l’importance du rôle de l’Administrateur — qui, lui, est responsable — dans la réception des pièces. Ceci fait, on se tromperait probablement encore, car on se trompera toujours. Mais il semble que plus de garanties seraient données aux auteurs et au' public, et que les décisions prises, et sur qui on ne reviendrait jamais, prêteraient à moins de critiques.

Henry Fouquier.

Gfustavo Larroumet — nel Temps — non è d’ avviso che la piccola rivoluzione avvenuta in via Richelieu fosse « indispensabile » : al contrario, egli è fermamente convinto che, lungi dal toccare al decreto di Mosca , sia più che necessario applicarlo integralmente « con fermezza, e con tatto ».

Per quello, poi, che risguarda il « Comitato di lettura », ecco ciò eh’ egli dice :

« Je suis peu touché d’un argument dont les auteurs font grand bruit,

Il est humiliant — disent-ils — pour l’éminente dignité des lettres, d’être soumise au jugement d’une assemblée de comédiens.

Mais ces comédiens sont chez eux, et nous avons assez de théâtre pour que les auteurs, trop fiers pour solliciter de simples interprètes, soient obligés de subir cette humiliation intolérable. Puis, ces interprètes sont, en majorité, éminents, ou distingués, dans leur art. Après l’indignité légale des comédiens, abolie par la loi et les mœurs, allonsnous avoir leur indignité littéraire décrétée par des auteurs dont beaucoup ne les valent pas ?

Enfin, l’homme de lettres qui présente sa pièce dans n importe quel théâtre, accepte d’avance le jugement du directeur. Je préférerais pour ma part affronter celui d’une assemblee d’acteurs, dont plusieurs sont des lettrés, que celui d’un acteur unique, devenu directeur, comme nous en avons quatre ou cinq, soit même d’un bookmaker, ou d’un marchand de billets, qui s’est improvisé arbitre de l’art dramatique, par la seule vertu de «son argent, parfais imaginaire. » J)

J Dal Figaro :

« Rencontré Henry Houssaye dans les couloirs de la Comédie- Française. Nous causons de la suppression du Comité de lecture.

— Qu'en eût pensé votre père, Arsène Houssaye, quand il dirigeait cette maison ?

- Mon pére? Il estimait que la Comédie-Française est une machine délicate dont il faut manier les rouages avec prudence.

» Quant au Comité de lecture, nous en parlions un jour, et je me rappelle qu’il me dit:

» — Le Comité de lecture? Oui, bien souvent, il me gêne; mais il me couvre ! »

Si donc on le lui eût supprimé, Arsène Houssaye, qui savait si bien le répertoire, eût pu dire corne le Bourguignon de Marivaux:

•— Aïe!, vous m’ôtez ma couverture!»

Dopo tante polemiche, e tanto spargimento d’inchiostro, Jules Claretie non poteva onestamente tacere.

Difesa — in una bella e coraggiosa lettera pubblicata dal Temps — l’opera sua di amministratore , e risposto vittoriosamente a molti assalti inverecondi e ingiusti, fec’ egli ai redattori del Gaulois , e dell’ Echo de Paris , le seguenti dichiarazioni, che provano luminosamente come il ministro Leygues abbia avuto mille volte ragione di far come fece:

« Jusqu’à ce jour, l’Administrateur n’avait qu’un seul droit: commander des à-propos , à la condition qu’ils n’eussent que deux personnages.

Encore une fois, il ne s’agit pas de la personnalité des artistes éminents qui composèrent le Comité de lecture : il s’agissait de créer une responsabilité, et aussi d’atfranchir les littérateurs de la douloureuse épreuve d’une anxieuse attente. Du reste, à tout prendre, au lieu d’un bouc émissaire qui était le Comité, il y en aura désormais un autre, qui sera l’Administrateur. Il y aura toujours des auteurs pour réclamer, non pas le comité ou l’administrateur qui juge , mais le comité ou l’administrateur qui reçoit. Du moins, ce jour-là, sera-t-il absolument responsable de ses arrêts ; et, s’il se trompe trop lourdement, il portera le poids de son verdict.

Ce poids est lourd. Avant de l’accepter, j’avais proposé d’autres réformes nécessaires, et qui ont pour but de donner plus de vie au sociétariat. Ces réformes, le Comité d’administration — indépendant du Comité de lecture — les avait trouvées utiles. Puisque le décret de Moscou, devant lequel on s’arrêtait, a été modifié, il n’y a plus à reculer devant les objections inspirées par les intéressés; et tout ce qu’il y a d’inapplicable, ou en fait d’inappliqué, dans le décret, doit être remplacé, ou supprimé.

Je sais que je risque à ces réformes toutes les attaques, toutes les trahisons, toutes les perfidies. Je les ai rencontrées — et bravées — quand je faisais preuve de cette bienveillance qu’on a prise pour de la douceur voulue, et d’une politesse qui, pour les malotrus, doit passer pour de la faiblesse. Peu m’importe ! Je ferai de mon mieux pour cette institution, qui n’est pas même ébranlée, et que déjà on dit détruite. »

Alessandro Hepp, nel Figaro , commentando le parole del Claretie, giustamente osserva:

« Il eût été trop sublime que l’éminent Administrateur de la Comédie ne s’en prît pas à quelqu’un, pour se détendre un peu les nerfs. C’est aux journalistes qu’il donne la préférence. Mais, dans cette escarmouche même, M. Jules Claretie trouve moyen de se révelér encore confrère excellent ; et, en réalité, de la presse, nul n’a dit avec originalité autant de bien, en ayant l’air d’en dire sincèrement un mai affreux.

C’est ainsi qu’à M. Henry Lapauze il écrivait hier que toutes ces campagnes récentes forcent à rester à son poste celui qui pouvait aspirer à sa liberté. Cela veut signifier tout court que, sans ces enquêtes — que précisément il déplore - — sans cette même rosserie contemporaine dont il s’afflige, il aurait depuis longtemps fait place nette : loin de nuire à sa situation, il ressort de son propre témoignage qu’elles l’ont au contraire consolidée, et que les attaques l’ont attaché à sa grandeur plus que ne l’eussent fait les éloges les plus imprévus. Plus on vous crie qu’il faut prendre la canne et le chapeau, plus on a le devoir de se visser ; plus on vous démolit, plus on devient fort: l’éreintement, c’est Je conservatoire des positions. Et il appartenait en effet à un journaliste, digne du sein qui l’a nourri, de faire éclater une vérité qui vient compenser si heureusement tout ce qu’à ce quatrième état le vulgaire reproche d’excès, de maléfices, et de ruines.

Ce qu’il y a de plus curieux, c’est que ce point de vue, né d’un peu de Dépit amoreux , est le vrai. Vain, morne, sans intérêt est le lustre que nul n’envie. Sans consistance, une gloire qui va toute seule. Il faut réhabiliter les entreprises de démolition : c’est d’elles que vous viennent l’amour et le respect de ce qu’on a pu bâtir. Ce qui se fait contre vous, vous rend autrement vaillant et fidèle : c’est l’agression qui fortifie, et pour vous faire tenir à votre jardin, les pierres qu’on y jette valent plus que des fleurs. »

Quanto a me, felice che 1’ illustre Uomo sia riuscito del tutto vittorioso da questa nuova e ardua prova, m’ è dolce ringraziarlo - in queste pagine sincere — di tutte- le indimenticabili cortesie che gli piacque usarmi, e delle affettuose testimonianze di fraternità d’ arte che mi diede, onorandomi.

'<t« ìfì

Il secondo teatro di Stato — sempre per la prosa — è 1’ Odèon.

Costruito dietro i piani degli architetti Wailly e Peyre, fu inaugurato il ,9 aprile del 1782. Uopo due incendj, rimasti famosi ; e dopo aver subito fortuna diversa, e sotto varie direzioni, passò nelle mani di Paolo Ginisty, il quale — com’è noto — ebbe a socio, per pochi mesi, Andrea Antoine.

Il Ginisty — spirito fine colto, letterato e giornalista valoroso — se non ha saputo ridar al vecchio e classico teatro tutto lo splendore di una volta, è par sempre riuscito a infondergli vita assai più rigogliosa. *)

b Della « troupe » odeoniana fan parte attori eccellenti, come A. Lambert padre, Cornaglia, Rameau, Coste, Darras, Siblot; Aimée Tessandier, Milzy-Dalti, Sylvie, Emma Bonnet, Valentine Page, ecc.

L’ opera sua — egli è vero — non va esente da molte critiche ; ma, Dio buono !, qual umana impresa si avvicina alla perfezione?

Non manca, in fatti, chi rimprovera al Ginisty di trascurar troppo il « repertorio classico » ; d’ accogliere — con deplorevole frequenza — la « pochade », che avrebbe dovuto, e dovrebbe, esulare da una « scena sovvenzionata » ; di non aprire con sufficiente larghezza le porte del suo teatro ai giovani scrittori ; e di non esser troppo amico della « poesia », e dei « poeti ».

Certo, non tutte queste accuse son fuor di proposito ; ma non va dimenticato che se la Repubblica sovvenziona annualmente 1’ Odèon , il cahier des charges è anche molto pesante; che gl’ incassi sono ben lontani dall’ esser pingui, e le spese non lievi ; ond’ è giuocoforza — pur mirando all’ arte — tener d’ occhio alla cassetta.

Andrea Antoine — il fondatore del « teatro-libero » — da qualche tempo a questa parte, aspira a raccogliere la successione di Paolo Ginisty; e si dichiara pronto di rinunziare al « sussidio annuo » dello Stato, che è di 100.000 franchi.

A parer suo, tutto va male nel vecchio Odèon : il repertorio classico è malmenato in vergognoso modo ; e il repertorio moderno, non di rado, fa pietà... Occorre, dunque, sangue giovane, e forze nuove.

Se, un giorno, 1’ Antoine riuscirà, come non è difficile, a impadronirsi del Teatro della rive gauche — che fu così caro alla gloria del Beaumarchais, del Chenier, della Sand, del Feuillet, e di tanti e tanti illustri — vedremo se alle belle promesse terran dietro i fatti !

Dopo 1’ Odèon , meritano di esser segnalati, in prima linea, il Vaudeville l), e il teatro Antoine 2), dove la « commedia moderna » — vuoi psicologica, vuoi di carattere, vuoi intima, vuoi realista — trova la sua più alta espressione.

Vengono, subito dopo, la Renaissance , 3) il Gymnase, 4)

!) Il Vaudeville — diretto dal Porel, marito di Gabriella Réjane

— vanta attori eccellenti, come il Tarride, il Dubosc, il Léraud, il Grand, Baron-figlio, Numa; Susanna Desprès, Marta Régnier, la Grassot, la Lender, la Thommasin, Susanna Avril.

2) Il « teatro Antoine » — vera pepiniera di autori e di attori

— non ha certo bisogno delle mie lodi. F ho già avuto occasione di parlarne, più d’una volta, nel corso di questo mio studio, e di dir quale e quanta parte abbia avuto, e abbia, nel movimento drammatico della Francia contemporanea. Tra gli attori, che fanno corona all' Antoine, vanno segnalati il Matrat, il Signoret, lo Chelles, il Varzas; e le signore Colas, Lyon, Miller, Ellen Andrée, Rolly, Méry, Van Doren, Mei lot, e Grun. bacii.

:s) Diretto, in oggi, da Luciano Guitry, stimato — a buon diritto — come uno dei più ini eleganti moderni attori francesi, e che non ha uguali nelle cosi dette « parti alla Guitry » ; vale a dire nei mariti, e negli amanti , delle commedie del Porto-Riche, del Capus, dell’ Hervieu. L’ incomparabile Cranquebille , e Monsieur Bergeret di Anatole France.

«Prima-donna» della Renaissance è, in oggi, Marta Brandès, la valorosa transfuga della «Comédie-Française»; e a lei fanno degna corona la Cerny, Maria Samary, Jane Heller, e Giulietta Parcourt.

4) Lo dirige, in oggi, A. Franch. — Fu fabbricato nel 1 820, e destinato, in sulle prime, a « teatro sperimentale » per gli allievi del Conservatorio di Parigi. Nel 1824, in grazia alla protezione della Duchessa di Berry, diventò il « théâtre de Madame », titolo che conservò sino al ìòSU. — La rivoluzione gli restituì il titolo primitivo, che conserva tuttodì.

Rappresenta, con fortuna, le commedie novissime dei Donnay, dei Wolff, degli Hermant, dei Bernstein, dei Coolus, dei Guinon, e via dicendo. — Vanta una «tioupe» delle più omogenee, nella quale brillano gli Huguenet, i Dumény, i Calmette, i Colombey ; le Judic, le Simone Le Bargy, le Mégard, ecc.

e il « teatro Sarah-Bemhardt » *) : i due primi destinati anch’ essi alla commedia e al dramma moderno, e il secondo a quello che costituisce il glorioso repertorio di Sarah- Bernhardt: — Fedra , Tosca, Signora dalle Camelie, Moglie di Claudio, Aiglon , Magda, Samaritana, Strega , Varennes, e via dicendo.

In terza linea, van mentovati la Porte-St. -Martin, V Ambigu, e il Châtelet ; il primo, destinato al dramma di cappa e spada , al dramma eroico, 2) al dramma storico ; il secondo, al melodramma, 3) e il terzo alle feéries, ai Michel Strogoff, alle Pillole del Diavolo, alle Polveri di Perlinpinpin, alle Avventure del capitano Concoran , e così appresso. 4)

Il Palais-Royal, le Nouveautés , V Athénée, le Folies- Dramatiques, il Cluny, e il Déjazet 5) non rappresentano che i * vaudevilles », le « pochades », le « bizzarrie-comiche », in tre, e in quattro atti; e sono quasi esclusiva proprietà dei Feydeau, dei Mars, dei Bilhaud, degli Hennequin, dei Kéroul, dei Yalabrègue, dei Desvallières, dei Grenet-Dancourt,

q L’antica «Opéra-Comique». — Lo stabile appartiene alla Città di Parigi , che l’ha dato volentieri in affitto alla grande Tragédienne , con l’obbligo di farne un « teatro nazionale ».

2) Vuoisi ricordare che, alla Porte-St.- Martin, sotto la gloriosa direzione di Coquelin-aìné, fu rappresentato, per 600 sere consecutive, il Cyrano de Bergerac del Rostand.

,!) Non solo il melodramma d’PJnneriano, ma anche il melodramma decourcelliano , e di tutti i padri dei « feuilletons » del Petit- Journal, e del Petit-P 'arisi en.

4 ) Il Teatro del Châtelet risale al 1780: fu fondato da Antonio Franconi, e dal cavallerizzo Astley. — Ebbe gran voga sopra tutto durante la rivoluzione del 1830, e il regno di Luigi- Filippo.

5) Tanto, il Palais- Boy al , quanto le Nouveautés , vantano eccellenti attori del genere. — Basterà ricordare il Germain, il Noblet, il Galipaux, il Raymond, il Torin, V Henry, il Frances.

dei Grand illot, dei Barré, e di tutta la numerosa e balda schiera dei « pochadisti », e « vaudevillisti » francesi, i quali possiedono intiero il segreto di far ridere sino alle lacrime , con le più abraca dabran ti avventure comiche.

I teatri, poi, dei boulevards esteriori — come i Bouffes-du- Nord, Montmartre , Batignolles, Belleville, Montrouge, Ternes — si stan paghi, per lo più, a riprendere i grandi successi dell’ Ambigu , della Porte- St.- Martin, del Cluny, del Gymnase, del Palais Boy al; e a rimetter in onore il vecchio repertorio di Alessandro Dumas padre, del D’ Ennery, del Sue, del Verne: vantano una clientela del tutto speciale, che si compone dei bottegaj , delle sartine, degl’ impiegati nei magazzini di mode, degli operaj che abitano nel quartiere. Le produzioni — quasi sempre spettacolose — vi son messe in iscena con cura sufficiente; e, se anche recitate da attori mediocri, ottengono l’ applauso clamoroso.

I teatri, così detti « à côté » — come il Grand Guignol, i Capucines, i Mathurins 1 ) — piccole sale elegantissime, vere bomboniere — frequentati dalla aristocrazia, dagl’ in-

*) A questi van aggiunti la Bodinière, i Funambules, il Théâtre des arts , il Théâtre au jardin , il Théâtre moderne , il « Joli théâtre Grévin », e altri ancora.

A ragione scrive il Figaro:

« Quoi qu’on en dise, la vogue des «théâtres à côté» ne parait pas devoir diminuer, bien au contraire ! Apres Montmartre, où vont s’ouvrir cet hiver deux ou trois nouvelles « boites » qui achèvent en ce moment les dernières installations, Paris à son tour comptera d’ici peu deux

tellettuali, dagli snobs, dai forestieri, dagli asssidui del teatro di prosa, si dedicano di preferenza agli « spettacoli misti », e offrono alla lor ricca clientela — le poltrone e i palchi costando molto — delle commediole in uno, o due atti, spesso di un’audacia e licenza estrema; quali, certo, in nessun teatro regolare sarebbero gustate e accette. Recano, spesso, la firma di una Marni, di un Donnay, di un Métenier, di un Courteline, di un Tristan-Bernard, di un Gyp, di un Descaves, di un Mirbeau, di un Jean Lorrain, di un Pietro Yeber, di un Andrea de Lorde; e, più che commedie nel senso esatto della parola, sono delle scene a due , dei « dialoghi », delle « impressioni veriste », delle « satire » mordaci e taglienti. Fuori di Parigi, però, non avrebbero fortuna, e sembrerebbero scandalosamente immorali. Il Grand-Guignol — che Anastasia *) fulmina, spesso e volentieri, di tutti i suoi strali — - s’è fatta una vera specialità del genere ; e non indietreggia dinanzi a nessuna verità, per crudele e stravagante che sia, purché posta sulla scena con intendimenti d’arte. ?)

petits théâtres qui, bien que d’un genre différent, n'en offriront pas moins l’un et l’autre au publie des spectacles particulièrement intéressants.

Il nous est interdit, quant à présent, de donner de plus amples renseignements, d’autant que les directions n’ont pas encore arrêté leur programme d'ouverture. Mais nous pouvons dire sans plus attendre que les deux nouvelles salles sont de véritables merveilles artistiques, et qu’elles constitueront ellis seules une véritable première attraction pour les futurs spectateurs.

Dans quelques jours, nous reparlerons en détail de ces nouvelles exploitations parisiennes et montmartroises, dont le nombre d’ici là pourrait bien s’augmenter ! »

b I Francesi, com’è noto, chiamano cosi la Censura.

2) C’est samedi prochain que le théâtre du Grand Guignol, si heureusement dirigé par notre confrère Max Maurey, fera sa réouverture. Ce théâtre d'avantgarde , d'une tenue toujours si littéraire, où l’on a applaudi, à côté d’œuvres de jeunes, celles d’auteurs illustres, nous réserve, cette année, une saison exceptionnellement brillante. A la

Ultimamente, nn attor di valore — che appartenne al « Teatro Antoine » — Enrico Beaulieu, fondò, nell’exteatro-Maguera , nn « teatro del popolo » ; e un altro attore

— dei piu promettenti e dei più ingegnosi — Armando Bour, dopo aver fatto conoscere « alla ignoranza francese » — nella piccola, ma elegante, sala della Bodinière — le più applaudite commedie italiane e tedesche, auspice Catullo Mendès — creò un teatro poetico , cui diede il gran nome dell’ Hugo.

Vanno anche ricordati il teatro dell’ Oeuvre , e gli Escholiers : il primo — fondato e diretto dal Lugné-Poe — ebbe, e ha, il gran merito d’ aver reso popolare, in Francia, 1’ opera dell’Ibsen, e del Bjoernson: il secondo, di servir di nobile palestra ai giovani scrittori, che si affacciano, per la prima volta, sulla scena del loro paese.

Del così detto teatro realista — fondato e diretto dal Chirac — non dirò parola, perchè le persone pulite non amano occuparsi delle persone e delle cose sporche.

Anche in Francia vige la istituzione della Censura

— che, ultimamente, per aver vietata la rappresentazione di Decadence di Alberto Guinon; di Ces messieurs dell’Ancey ;

troupe de l'uri passé, d'un ensemble si parfait, sont venus s’adjoindre des altistes nouveaux, tels que: M. Arquillière, le distingué comédien obligeamment prêté par le théâtre du Gymnase • Mmes Lueç Colas, Fleury, Marsan, etc, » (dal Figaro ).

— uà —

di Mais quelqu’un troubla la fête del Marsolleau — - sollevò le più acerbe polemiche, e occupò di sè financo varie sedute della Camera dei deputati. Slrenuamente difesa da alcuni; vigorosamente combattuta da altri, ogni anno, periodicamente, scatena ire e tempeste. Ma sulla opportunità di abolirla, i pareri sono diversi. Dai più, si teme — e non senza ragione — l’imperversar della pornografia sulla scena francese, e una licenza infinita. I censori non sanno oramai più quali pesci pigliare, e ricorrono volentieri al Ministro della Pubblica Istruzione, il quale giudica in appello, e difende in Parlamento il suo veto. Dalla tribuna, tutti si mostrano paladini della maggior libertà, e alzano la voce contro il danno che deriva dal porre un freno all’arte; ma le parole non tengon dietro ai fatti. Anastasia , in tanto, fa « libito in sua legge >. Proibisce una commedia perchè troppo scollacciata, e consente ai « canzonieri » dei café-chantants d’oltrepassar tutti i limiti del buon costume. Vieta — sotto il pretesto politico e religioso — delle commedie come Decadence , e permette si rappresenti L’ homme à V oreille coupée! v). Dà il proprio « veto » a Ces messieurs di Giorgio Ancey, e lascia passar trionfalmente il Vieux marcheur dell’ academico Lavedan.

Agli autori proibiti resta però sempre un’ ultima consolazione: — quella di far leggere al Palais Bourbon, da un compiacente deputato, le loro commedie; 2) o di farle recitare — a « huis-clos » — dinanzi a un pubblico di amici e di giornalisti.

l) Questa commedia di Francis de Oroisset, recitata all’ Athó.née , produsse un vero scandalo; non già per l'audacia, sì bene per la sconcezza delle situazioni e del dialogo. 1 solo titolo, del resto, dice abbastanza !

<:) Più d’ un Onorevole , in pieno Parlamento , lesse, talvolta, ai suoi colleghi gli atti-unici proibiti al « Grand-Guignol »; e promosse dei meetings , all’aperto, per protestare, con la maggior violenza, contro Anastasia. E diede anche lettura di versi pornografici, ch’eran usciti dalla Musa burocratica di qualche Censore, destando la più irrefrenata ilarità,.

La querela, del resto, non data certo da oggi.

« Les théâtres rouvrent » — scrive Emilio Berr nel Figaro — « et bientôt, sur les bureaux de la rue de Valois, les manuscrits vont s’entasser; et de nouveau nous entendrons les hommes cl’ esprit se répandre en invectives contre la bêtise des censeurs.

Ne nous plaignons pas trop de nos censeurs: il est tout de même plus facile de s’entendre avec eux qu’avec ceux de l’Empire. La preuve nous en est fournie par M. Ernest Blum, en son « Journal d’un vaudevilliste », que publie le Gaulois.

Il y a de cela un peu plus de quarante ans. Dumas venait de donner au G-ymnase le Fils naturel , et les censeurs n’avaient accepté le titre de la pièce qu’en regimbant. « Il peut se faire qu’il y ait dans la vie des fils naturels — avait déclaré le ministre Walewski — mais il est bien inutile de le reconnaître sur une affiche. »

Nouvelle résistance quand M. Ernest Blum, et ses collaborateurs, apportèrent aux censeurs une parodie de la pièce de Dumas, le Fils surnaturel.

— Nous avons interdit votre titre — nous dirent sévèrement les censeurs — parce qu’il plaisante une chose qu’on ne doit pas plaisanter!

Nous essayâmes de discuter, mais ce fut en vain. L’un de nous dit:

— Puisque Fils surnaturel vous paraît indécent, voulezvous que nous appelions notre pièce, par opposition à celle du G-ymnase, le Fils légitime ? Cela n’a rien d’immoral, au moins !

— Oui, mais cela fera encore allusion au Fils naturel de M. Dumas fils, et nous ne voulons aucune allusion !

— En outre — ajouta un censeur — légitime est un mot qui rappelle la légitimité, et vous savez qu’il est défendu de parler politique au théâtre,

On finit par se mettre d’accord. Un titre nouveau est proposé et accepté. Mais les auteurs ne sont pas au bout de leurs peines.

« Comme cette « œuvre » ne devait pas avoir de chance, le manuscrit nous revint du Ministère avec plusieurs coupures, dont une entre autres est restée célèbre.

Elle commença par nous plonger dans un étonnement aussi profond que l’interdiction du titre : le Fils surnaturel.

A un endroit de la pièce, le chef des saltimbanques débitait un boniment au public, et disait à son pitre:

— Faites éloigner cette foule d’imbéciles!

« Foule d’imbéciles » était coupé, et même coupé fiévreusement, car le crayon bleu soulignait la phrase trois fois. Nous nous perdions en conjectures.

— Qu’est-ce que les fonctionaires du comte Walewski peuvent trouver là-dedans d’immoral, de politique, ou d’attentatoire à l’ordre public ?

Nous cherchâmes, mais malgré notre haute intelligence à tous les trois — que dis-je, à tous les quatre : il ne faut j amais oublier les directeurs ! — nous ne parvînmes pas à deviner le mot de l’énigme.

Nous eûmes l’explication en retournant, tous ensemble, au Ministère :

— C’est bien simple — nous dirent les censeurs : — foule d’imbéciles peut s’entendre: « Fould imbécile! » Et comme M. Fould est ministre des finances, cela devient une injure à un membre du gouvernement. »

Jamais les collaborateurs de M. Leygues n’oseront aller j usque-là ! »

Nel Journal , del 15 di settembre, si legge :

« La censure encore menacée. »

Dans sa dernière séance, la Commission du budget a de nouveau décidé de proposer la suppression des fonctions d’inspecteurs des théâtres ; ce qui équivaudrait à l’ abolition de la. censure.

Cette fois, après tant d’assauts impunément subis, dame Anastasie n’a qu’à bien se tenir ! »

Il semplice annunzio del veto manifestato dalla Commissione finanziaria bastò a dar la stura alle solite polemiche: solite, perchè si ripetono ogni anno.

Alessandro Hepp, nel Figaro, così parla della « vieille dame » :

« La vieille dame ».

La Commission du budget vient de couper quelque chose à la Censure. Ni plus, ni moins, que les vivres. Et telle qu’elle opérait dans la pot-bouille administrative, avec ses marchandages, ses incohérences, ses alternatives de serviles rigueurs et de scandaleuses indulgences, cette institution ne méritait pas un sort meilleur. Mais je ne doute pas qu’il advienne d’elle, au premier matin, ce qui est advenu déjà de beaucoup d’autres, bruyamment sapées, et qu’à son sujet aussi le grand progrès dont on se pique consiste à simplement relever ce qu’on avait démoli.

Certes, mieux vaut une suppression franche que la comédie jouée dans les combles de la rue de Valois; mais d’une censure qui véritablement serait de préservation morale, sociale, française, le rôle ne saurait être perdu. Si, sur bien des points l’école de la liberté est faite, si dans l’abus même le bon sens et le goût semblent finir par se ressaisir jusqu’à faire justice, si une réaction de charme, de ten-

dresse, de santé, de vérité, se dessine, et qui ce soir précisément conduit le délicieux auteur du Dialogue des courtisanes à nous montrer au Gymnase les vertus d’une pauvre servante — dans mille détails de l'amusement, et même de l’éducation prétendue des foules, s’impose un effort d’assainissement, de sauvegarde.

Au moment où l’on montait Don Juan a l’Opéra, l’Empereur demandait à Fouché son sentiment sur cette pièce, au point de vue de l’esprit public. Qu’ était cela ? : ce nom exotique ne cachait-il pas quelque piège? Il y a place pour la besogne la plus salutaire, entre cette prudence, qui fait sourire, et le désintéressement écœurant d’aujourd’hui.

Alexandre Hepp.

E Enrico des Houx :

« Plus de censure! »

« La suppression de la censure, proposée par la Commission du budget en vacances, a déjà suscité nombre de chroniques.

De tout temps, la censure des pièces de théâtre, et chansons de music-halls, a excité la verve des Français, nés malins. Les fonctionnaires des beaux-arts, préposés au délicat service de couper les ailes du « génie », ont toujours été accusés de laisser passer les baleines, et d’arrêter les sardines. C’est entendu.

Les ciseaux d’Anastasie font partie du garde-meuble des clichés, comme ceux des trois vieilles Parques.

Le grand grief contre les censeurs, c’est leur inutilité. Les mœurs sont plus puissantes qu’eux. Tout est devenu permis par l’usage.

En effet, les livres, qui ne sont pas soumis au contrôle de la censure, ont accoutumé le public à de singulières audaces.

Encore peut-on objecter que pour lire un de ces livres dont les éditions sont proportionnelles au nombre des obscénités qu’ ils contiennent, il faut avoir envie de les acheter, et se rendre chez le libraire pour se les procurer. Tandis que les vaudevilles, les pièces politiques, ou le répertoire des cafés, s’imposent à des auditeurs non prévenus.

Est-ce bien vrai? Quand on se rend en certains lieux, on sait bien ce qui vous y attend.

Et puis les dessins, les caricatures ! Là pas de censure préventive. Et pourtant !...

Il faut attendre, pour préserver les yeux des passants de ces spectacles trop suggestifs, que la Ligue de M. Bérenger ait averti le Parquet ; ou, si la politique se mêle au décolletage, que l’ambassadeur du Souverain offensé ait adressé une dénonciation au quai d’Orsay.

En attendant, ces gravures font prime; et, quand on les saisit, il y en a encore, et qui se vendent au poids de l’or.

Ainsi, tout récemment, nous avons regretté qu’il n’eût pas été possible d’avertir, au préalable, certains artistes de grand talent qu’ il était malséant d’exposer à la risée publique, en des postures indécentes, une vieille reine, ou un roi, qui n’a jamais pu être l’ennemi de la France parce qu’il la connaît bien, parce qu’il a longtemps vécu de notre vie, et qu’il a gagné droit de cité à Paris.

La protestation des gens de goût ne suffit pas pour empêcher ces exhibitions.

La conclusion est que la censure pèche par insuffisance, et non par excès. Ce serait un crédit à augmenter, plutôt qu’à supprimer. »

Il Matin del 1° ottobre pubblica V intervista ch’ebbe un suo redattore con uno dei quattro censori ufficiali :

« La supprimera-t-on? »

Contre la censure - Rancune de chansonnier — Plaidoyer d’un censeur — Et les bonnes mœurs?

Voici qu’ « Anastasie » est encore menacée dans sa tranquillité, et qu’il est de nouveau question de l’empêcher de brandir ses grands ciseaux.

A la demande expresse d’un de ses membres, M. Couyba, la Commission du budget vient en effet d’inscrire, parmi les réformes qu’elle compte proposer à la Chambre des députés, la suppression de la censure.

A vrai dire, nous sommes encore loin, sans doute, du moment où cette mesure sera appliquée ; car, ainsi que l’a déclaré M. Mesureur, cette décision a été prise dans une séance où ne siégeaient que quinze membres, qui n’ont eu d'autre souci que de satisfaire le désir d’un de leurs collègues. Mais il faut en convenir, M. Couyba, dans" l’espèce, tout comme M. Josse, est orfèvre; et tout le monde se souvient encore du temps où, sous le nom de Maurice Boukay, il chansonnait à Montmartre.

Avait-il donc à vider une vieille querelle avec Anastasie ; ou bien est-ce pour avoir eu l’occasion de la voir fonctionner de tout près qu’il en a compris l’inutilité ?

Nous avons pensé qu’il serait bon de connaître, à ce sujet, l’avis des principaux intéressés, et nous nous sommes rendu à la Direction des beaux-arts, où nous avons pu rencontrer un des quatre censeurs — car il n’y en a que quatre — qui a très aimablement répondu à nos questions.

— Nous ne sommes pas encore très émus — nous a-t-il déclaré — car rien de définitif n’est fait. Il y a si longtemps qu’on nous menace ! Chaque année, la Commission du budget veut notre mort ; et, devant les observations présentées par le Ministre de l’Instruction Publique, elle consent à reconnaître notre utilité.

— Coûtez- vous donc bien cher à l’Etat?

— De seize à dix-sept mille francs par an, environ : vous le voyez, ce n’est pas cela qui peut influencer beaucoup l’état des finances du pays : seulement, nous sommes forcés de faire beaucoup de mécontents : on sait qu’on ne nous aime guère, et c’est pour cela que l’on s’attaque de préférence à nous.

Notre situation n’est pourtant pas une sinécure. Nous sommes quatre pour faire une besogne considérable, et qui demanderait un personnel bien plus nombreux. Un de nos collègues est spécialement chargé des cafés-concerts, et nous restons à trois pour l’examen de toutes les pièces qui se jouent. A certains moments, comme maintenant par exemple, où a lieu la réouverture de tous les théâtres, nous sommes véritablement surmenés. Il nous faut assister à des répétitions préliminaires, longues et fatigantes, qui ne se terminent souvent qu’à une ou deux heures de matin, et cela n’exclut pas la lecture des manuscrits qui s’entassent quotidiennement sur notre bureau.

Vaine tentative.

— Croyez-vous qu’il soit possible de supprimer la censure ?

— Dame, on a déjà essayé bien des fois: toujours on a été obligé de la rétablir. En 1830, en 1848, en 1870, on a voulu affranchir les écrivains de tout contrôle: il a fallu bien vite y renoncer, et l’on a dû instituer des commissions des théâtres qui délivraient les permis de représentation. On avait donc changé le nom, mais pas la chose.

Ne fût-ce qu’au point de vue des bonnes moeurs, il est indispensable que les chansons de café-concert, les revues, et autres écrits du même genre, soient censurés.

En est-il de même au point de vue politique? Je l’ignore, et cela peut se discuter ; mais il me semble que souvent les gens paisibles, qui vont au spectacle pour se distraire et non pour batailler, ont dû nous savoir gré de

n’avoir point laissé représenter des pièces qui auraient fait d’un théâtre une salle de réunion publique, ou un centre de pugilats.

De fait, on peut discuter à l’infini sur l’utilité de la censure: la Chambre va sans doute être appelée à en juger en dernier ressort: nous verrons ce qu’elle décidera. »

A elevare il dibattito, s’ è gettato nella mischia Enrico Fouquier, nel Journal.

« La censuro et les lettres ».

Voici que, par un vote de la Commission du budget, rendu sur la proposition d’un chansonnier qui est devenu député, la question de la Censure est remise à l’ordre du jour. La Commission, en effet, a simplement proposé la suppression de la Censure par la suppression du traitement des censeurs. Je crois que ce petit incident s’est déjà produit deux ou trois fois, sans résultat, la Chambre, sur la demande du Ministre des Beaux-Arts, rétablissant le crédit. Je pense qu’il en sera de même cette fois-ci. De même qu’il y a eu, au théâtre, le Mariage blanc , le parlementarisme s’amuse, parfois, à des réformes « en blanc ». La séparation de .l’ Eglise et de l’Etat, la suppression de l’ambassade du Vatican, et celle de la Censure, font partie de ces exercices parlementaires. Ce sont là des jeux, mais qui ne sont pas sans péril. Contre ce péril, qui peut naître d’une surprise de scrutin, je voudrais mettre en garde les députés et l’opinion, en parlant de cette question de la Censure, non pas au point de vue politique, mais à celui des intérêts de l’industrie et de l’art dramatique, qui me touchent fort.

Les mots mènent le monde, et les trois quarts des gens ne pensent et ne raisonnent que par eux. La Censure est, avant tout, victime du vocable qui la désigne ; et qui, historiquement, s’est fait une mauvaise réputation, très justifiée d’ailleurs. Aussi, quand notre pays, à la fois révolu-

tionnaire et routinier, a jeté bas un gouvernement, il s’empresse d’inscrire dans la charte nouvelle qu’il se donne que la Censure est abolie, et ne saurait être rétablie — ce qui n’empêche pas que, six mois après la Révolution, elle fonctionne de nouveau. Tout ce qu’on a gagné, c’est de lui mettre un faux nez, et de l’appeler, comme depuis le 4 Septembre, par exemple, la Commission d’examen , ce qui est bien puéril. Pour attaquer ou défendre la Censure, il est plus digne de lui laisser son vrai nom, qui nous vient de Rome.

Ce nom, je l’ai déjà dit, est fâcheux. Pendant des siècles, soit qu’elle fût la censure royale, soit qu’elle fût la Congrégation de Y Index, à qui obéissait le pouvoir civil, la Censure en France eut la prétention d’émettre certaines idées en matière de politique, de religion, de philosophie, de sciènce même. L’Etat s’arrogeait le droit de penser pour les cito}^ens, et de vouloir qu’il pensent selon sa doctrine. C’était une abominable tyrannie. Il est à peine utile de rappeler que les plus grands esprits du dix-septième siècle, tels que Bayle, ou Richard Simon, durent chercher un asile en Hollande pour pouvoir écrire librement. Les philosophes, ou les chansonniers du dixhuitième siècle, eurent de même maille à partir à tout propos avec la Censure, qui faisait ratifier et sanctionner ses proscriptions par des arrêts du Châtelet. Après la Révolution, Napoléon s’empressa de rétablir la Censure au profit de son despotisme. Elle s’exerça, de façon préventive, jusque sur les nouvelles que donnent, sans commentaire, les journaux. Ce fut l’époque où un homme d’esprit . pouvait dire : « J’ai reçu en contrebande les journaux de Londres: je sais maintenant ce qui s’est passé à Paris ! » La Restauration, moins durement pourtant, conserva la Censure pour son usage. De plaisantes aventures se produisirent. Telle pièce, interdite sous Napoléon, parce qu’on y pouvait découvrir une allusion au duc d’Enghien, fut défendue sous Louis XVII, la Censure ayant découvert qu’elle lorgnait le duc de Reischtag! Peu à peu, cependant, la liberté d’écrire gagnait du terrain. Sous Na-

poléon III, à condition de dire les choses d’une certaine façon, on pouvait se faire entendre. La contrainte même, encore imposée aux écrivains, affinait leur esprit et leur style. Littérairement, ils y gagnaient. Dans le silence, on entend mieux qui parle à demi-voix ; et les articles pleins d’allusions et de sous-entendus des Weiss et des Paradol faisaient plus d’effet sur le public que les injures qui sont devenues, hélas!, la forme presque générale de la polémique. La Censure se faisait déjà moins redoutable que ridicule parfois : par exemple, quand elle inscrivait en marge d’un manuscrit pour Y Odèon, cet axiome mémorable: « Dans un théâtre subventionné, les femmes du monde ne tutoient pas leurs amants. » Nous étions déjà loin des suppressions de livres, brûlés par le bourreau, et des écrivains jetés à la Bastille, ou contraints à l’exil !

J’ai rappelé ce passé pour expliquer la haine que soulève parfois encore le seul nom de la Censure. Mais cette haine, et les indignations de commande qui agitent certains hommes à ce mot prononcé, ne sont justes que si elles restent rétrospectives. L’essentiel pour la liberté de penser, c’est que l’écrivain puisse critiquer telle doctrine qu’il lui plaît d’attaquer, et proposer telle autre qui lui convient mieux. Il y aurait una mauvaise foi trop évidente à nier que nous ne jouissions aujourd’hui de cette pleine liberté. On peut impunément exposer toutes les doctrines religieuses, philosophiques, ou politiques. S’il y a des catéchismes catholiques, il y a des catéchismes athées et collectivistes. Il n’existe plus de doctrine de l’Etat, en rien ; et la Censure n’a pas plus à imposer une doctrine de ce genre, qu’ à empêcher l’exposition d’une doctrine opposée. Elle n’a ni à diriger l’esprit public, ni à entraver ses évolutions. Elle est devenue une simple magistrature de police, dont le rôle consiste à avertir les directeurs de théâtres et de spectacles divers - — car c’est là surtout qu’elle agit — de ce qui, dans les pièces qu’ils jouent, et les chansons, ou exhibitions, qu’ils offrent au public, tomberait sous le coup de la loi. Et, dans ce rôle arbitral et transactionnel, je voudrais éta-

blir qu’avec beaucoup de modération, elle est utile aux directeurs de spctacles et aux écrivains eux-mêmes.

Une des sources les plus ordinaires des erreurs de l’esprit humain, c’est de croire à l’absolu, et à l’application des formules absolues de la mathématique aux questions de politique, de sociologie, et de morale. Ce qui est simple n’est pas, par cela même, parfait. Car s’il en était ainsi, l'organisme d’un ver, qui est un tube, serait supérieur à celui de l’homme qui est un tube aussi, mais vraiment plus compliqué. Emile de Girardin, qui a beaucoup vécu sur ce paradoxe du mérite de l’absolu, voulait pour le livre, pour le théâtre, pour l’image, une liberté absolue.

«. Donnez-la — disait-il : — vous verrez bien, après, ce qui arrivera! » Ce qui arriverait, je vais le dire, parlant non pas en théoricien, mais en observateur des faits pratiques, et en simple homme de lettres qui se préoccupe avant tout de l’intérêt de ses confrères. Tout d’abord, la censure ayant disparu, vous n’empêcherez pas qu’un auteur dramatique, ou un chansonnier, insulte publiquement un Souverain étranger — fût-ce le Tsar. Là-dessus, plainte de l’Ambassadeur, qui parle de se retirer si on ne coupe pas court au scandale. On ne peut pas admettre, cependant, que l’alliance avec la Russie — je prends un fait tangible — soit rompue pour permettre à un auteur dramatique d’encourager 1er nihilistes à bombarder le Tsar ? Il faudra poursuivre l’écrivain. Il en ira pour lui de quelques années de prison. L’intervention de la Censure me paraît une transaction préférable. Ce que l’on ferait pour les pays étrangers, on le ferait pour la France, • pour ses gouvernants, et même pour de simples particuliers. Ceux-ci feront des procès en diffamation, qui ruineront les directeurs de théâtre. Que si, personne n’étant désigné, la pièce de théâtre est un appel à la guerre civile, une invitation au meurtre — vous ne pouvez douter que le cas ne se présente — on se battra dans la salle, on cassera les banquettes ; et, en vertu du devoir et du droit qu’il a de maintenir le bon ordre, le Préfet de police fermera la salle, ce qui pourra bien ruiner le directeur. D’ail-

leurs, après deux ou trois aventures de ce genre, les directeurs, qui sont des commerçants, censureront les pièces avec plus de sévérité que le ne ferait le gouvernement luimême. La chose s’est ainsi passée sous l’Empire, quand les imprimeurs ont été déclarés responsables des articles imprimés par eux. Nous en avons eu, au Courrier du Dimanche , un — très brave homme, d’ailleurs, mais peu enclin au martyre — qui avait tellement peur d’aller en prison que, pour le déterminer à imprimer un article de Paradol, j’ai fait cette chose peu ordinaire d’aller chercher au Ministère de l’intérieur un visa pour notre imprimeur !

Enfin, il y a la grosse question de la licence pornographique. Quelle que soit la notion philosophique qu’on ait de la pudeur dans les mots et dans le geste, c’est un fait d’observation qu’il y a une décence moyenne qui est dans nos mœurs, et que les lois sont chargées de maintenir. Vous ne doutez pas, n’est-ce pas?, que sans la Censure, les limites de cette décence seraient vite dépassées. Pour s’en convaincre, il suffit de savoir quelles ordures on apporte à viser ! M. de Chirac n’aurait plus à vous montrer une femme qu’on retrousse, car on les ferait voir sans jupons, ni chemise. Certes, il y aurait des révoltes du public, auquel cas désordre et fermeture des salles. Ou bien encore des plaintes du parquet, ou des particuliers (comme en Angleterre), et des poursuites pour attentat aux mœurs et outrage à la pudeur. Coût: la prison, la perte des droits civiques, etc. Et ne croyez pas à l’acquittement. Voyez ce qui est arrivé à M. Pichepin pour un livre très littéraire, de forme rare, fait pour un public restreint. La Censure reste donc ce qu’il y a de plus raisonnable, de plus sûr, et de plus commode. La seule question, c’est qu’il n’y ait pas, chez elle, d’abus; et il y en a... Mais, quand on entend certaines œuvres, on doit reconnaître que c’est du côté de la complaisance que ses balances penchent trop.

Henry Fouquier.

Mi resta, ora, a dir — con brevità — dell’indirizzo e del progresso dell’ arte drammatica in Francia .

Alcuni mesi or sono, la Comédie rappresentava il Figlio naturale di Alessandro Dumas figlio; una delle commedie più lungamente accarezzate, e maggiormente amate, dall’autore del Demi-monde.

Ho sotto gli occhi 1’ « articolo-critico » del Journal : la firma mi è sconosciuta, ma chi sostituisce — nei mesi estivi — il Mendès, sa di dividere pienamente le idee del maestro.

Ecco le sue parole :

« A chaque reprise d’Alexandre Dumas fils, et à mesure que le public — se dégageant des idées traditionnelles si longtemps propagées par une critique attendrie aux souvenirs de sa jeunesse — apprend à écouter l’œuvre, et non pas ce qu’on en a dit, ou ce qu’il a cru jadis, on voit l’applaudissement d’antan hésiter, l’admiration faiblir et s’effacer.

« Le Fils naturel n’échappe pas à cette grande loi d’abandon qui s’empare de tout ce théâtre; et hier le public de la Comédie-Française, s’il a remercié de temps en temps les acteurs, et a ri de temps en temps à quelque mot, est resté assez froid, étonné parfois de ne plus admirer,- tel un tyran sur la figure duquel commence à se manifester l’invincible et grandissante défaveur.

« Tout ce que disent ces personnages autour de la mère, et du fils naturel abandonnés, tout ce que ce fils dit lui-même lorsqu’ il est assez grand pour parler ; tout, depuis le mélodrame de l’abandon jusqu'à la scène de l’arrogante Marquise, refusant, avec une horreur scandalisée, la main de sa petite-fille au bâtard, et jusqu’à la comédie du père qui s’éloigne cruellement tant que l’enfant n’est rien, et qui revient à lui lorsqu’il le trouve bon

à prendre, mais se heurte à un refus de l’enfant de le reconnaître à son tour, tout cela n’a point suscité d’enthousiasme; et les spectateurs d’aujourd’ hui — cela est un fait — ne veulent plus fraterniser avec les spectateurs d’autrefois.

« Il serait inutilement irrespectueux de se réjouir au drame de ce théâtre qui meurt. Mais il faut dire que si cela est triste, cela est juste. Le talent de Dumas manqua de la vertu qui fait durer: la simplicité. La simplicité par quoi l’on pénètre dans le cœur humain, et par quoi on en parle pieusement. Il a passé à côté des tragédies nues de l’âme, il dédaigna les ténèbres qui respirent et qui saignent : sans doute, l’éblouissant écrivain trouva qu’il y avait là quelque chose de trop orageux, de trop confus, et de trop nocturne. Il préféra sacrifier des idées courantes et contre-courantes, des vérités mondaines on législatives, tout ce qui évolue, chatoie, change, et flotte à la surface de l’humanité.

« Ce qu'il aimait, c’est ce qui brille : la phrase sentencieuse et spirituelle que ces personnages fabriquent dans la petite horlogerie de leur cervelle, au lieu de s’interroger, de répondre, et de vivre pleinement. Et aussi la « thèse », plus ou moins paradoxale, mais en tous cas toujours militante et belliqueuse, qui est pour lui l’occasion de faire scintiller les brillantes périodes, les traits des tirades, et les ripostes savantes des personnages qui parlent l’un en face de l’autre.

« La nature l’avait merveilleusement doué pour ce jeu: il en usa et en abusa, des mots, des phrases, des ripostes et des tirades, et ce fut la maladie dont meurent ses pièces : les mots !

« Les mots sont ce qui étouffe le plus sûrement les œuvres littéraires ; car les mots effacent l’idée, et effacent le coeur : les mots et la vérité vraie sont l’un contre les autres : il faut que les belles œuvres, comme les vraies pièces, parlent juste assez pour vivre.

« Et si l’on a cette pudeur de s’exprimer, n’importe quel sujet qu’on traitera sera écouté dévotement, et entendu précieusement; n’importe quelle menue et simple histoire

aura toute la beauté : que ce soit l’aventure du rougissant aveu qui met sur le visage de la fillette quelque chose de plus magnifique encore que son sourire ; que ce soit l’aventure encore plus simple de deux êtres qui après s’être aimés ne s’aiment plus, et qui, rivés l’un à l’autre, ferment les yeux ensemble, et essayent de se souvenir l’un de l’autre.

« Dumas, qui comprit tout, ne comprit pas cela ; ou peutêtre l’entrevit il, et ne sut-il résister à la mauvaise passion qui le poussa vers les prestiges palpables des mots spirituels, et les éphémères réalités des mœurs et de la législation : le guignol des thèses. Il en est puni par l’air suranné que revêtent ses productions: « l’esprit » est une mode, et par conséquent se démode : de même ce tour artificiel et brillant qu’il donne au développement de son sujet. Tout cela forme un réseau doré qui cloue l’œuvre à l’époque où elle a été écrite, et ne lui permettra pas de franchir quelques jours d’avenir. Ce n’est pas, d’ailleurs, la peinture de l’époque contemporaine : ce n’en est . que la devanture, et les personnages son flétris et vides comme les vêtements qui sont dans les devantures.

Intérim. »

La critica del discepolo di Catullo Mendès sopra tutta l’opera di Alessandro Dumas figlio è severa, ma giusta.

Con i tempi mutati — eppur si direbbe che il poeta di Margherita Gautier l) è morto appena ieri ! — anche il teatro di prosa si è rinnovato, ed è andato soggetto a quella evoluzione naturale eh’ è nell’ordine delle cose.

b « Ali!, la belle soirée de gala, en 1884, à la Porte-Saint- Martin; et comme Sarah était émue après son succès du dernier ac<e, où elle fut sublime, à la scène de la mort!... En sortant de scène, la grande comédienne, étouffée par la joie, s'évanouit. On la croyait déjà très malade: elle crachait le sang. On la pensait poitrinaire, et l’on disait: « Qui sait si cette belle actrice — si maigre, alors! — ne mourra pas comme l'héroïne qu’elle a personnifiée avec tant de talent ? »

E già — rispetto all’ arte — sono lontani i tempi nei quali lo Scribe, il Labiche, l’Augier, il Dumas, 1’ Halévy, il Meilhac, il Sardou, parlavano dalla scena di Francia, commovendo persuadendo divertendo.

Di tutto il lor bagaglio letterario-drammatico, che pur parve fondato sul granito, assai poco, oggi, rimane: chi ben guardi, quasi nulla.

E, se le commedie sociali dell’ Augier, che pur fu un maestro nel vero e alto senso della parola; quelle filosofiche del Dumas figlio, e quelle così argute, così spontanee, così parigine del Meilhac e dell’ Halévy — i due fratelli-siamesi del teatro francese in questi ultimi quarant’ anni — sono già passate nel numero delle cose morte, che dire di tutto il « macchinario scenico », di tutte le « combinazioni di carta-pesta », onde il buon volere di Vittoriano Sardou riempì, per tanti anni, il mondo intiero ?

Che cosa resta oggi mai delle Dore , delle Fedore , delle Teodore, delle Gismonde , degli Spiritismi , delle Marcelle , delle Pamele mercantesse di mode , delle Fernande , e dei Coccodrilli ?

Quanta parte dell’ opera di lui si è salvata, e si salva, dal naufragio ?

Forse, Rabagas ?... Forse, Zampe di mosca?... Forse, 1 Borghesi di Pontarcy ?... Forse, Divorçons ?

« Depuis cette soirée triomphale, Sarah a créé bien des rôles. Elle fut la Dora , la Théodora , et la Tosca de Sardou; Y Hamlet de Moreau, et V Aiglon de Rostand. Sarah, qui a fait cette tournée d’Amérique comme on fait une promenade aux alentours de Paris, à cinquantesept ans, est encore belle à voir sous son costume blanc d'Aiglon, où nous allons la retrouver le 15 octobre, à côté de Coquelin dans le rôle de Flambeau, où il est étonnant.

«Alors, c’est fini!... Sarah abandonne la Dame aux Camélias! Elle passe la main, ne voulant plus jouer que des travestis; et, avant-hier soir, elle faisait encore travailler la jeune artiste à qui elle a cédé ce rôle, et qui déclarait, les larmes dans les yeux, en écoutant sa directrice :

— Non... je ne pourrai jamais dire comme ça!

A, Lemonnier. »

Se le macchinose commedie del Sardon si recitano ancora sulle scene forestiere ; in Francia, e, sopra tutto, a Parigi, passano per definitivamente morte.

Tosca sopravvive ancora per 1’ arte somma della Bernhardt; e Patrie fu galvanizzata dallo zelo e dall’ardore degli attori della Casa di Molière ; ma sì 1’ una e sì l’altra sono gli ultimi barlumi di una luce, che non dà più nessun guizzo.

I critici della « giovane scuola » — dimenticando l’omaggio e il rispetto che sono pur dovuti al vecchio e indefesso lavoratore della scena di prosa francese — in occasione della « reprise » di Patrie, si sono scagliati ferocemente contro tutta l’opera del « gran Mago » ; e Francisque Sarcey non era più là a difenderlo !

Nemmeno il povero e grande Enrico Becque — se ancora di tra il numero dei vivi — avrebbe 'osato spezzar una nuova lancia in difesa del suo vecchio amico, con quella stessa penna che s’era pure scagliata contro l’autore àAV Ami des femmes! *)

i) Sul proposito dell’opera drammatica di Vittoriano Saedou, tolgo dal Mattino di Napoli :

« Tribunale letterario. »

« Il Bauer — un libero, coraggioso, e assai poco accademico, critico teatrale — ha scritto, nella Neue Freie Presse, un vigoroso articolo sulle due più opposte tendenze del dramma moderno, prendendo occasione da un’intervista in cui Vittoriano Sardou ha detto molte balordaggini, che non sono neppur amene, saporite, superficialmente spiritose, sul- T Ibsen e sul Bjornson; e in cui ha avuto qualche pietà per Sofocle, per Shakespeare, per Racine e per Molière, massacrando tutti gli autori contemporanei, eccetto il commediografo di Dora, ovvero le spie. Il Bauer nota, con giusto acume, che Alan Dale, sulle cui cartelle d’intervistatore americano il Sardou ha lasciato cadere le sue confidenze tragiche drammatiche e comiche, poteva interrogare 1’ autore di Patrie sur un argomento a lui più famigliare che non fosse quello della letteratura moderna. Il Bauer solleva il piccolo pettegolezzo sardouiano alla superiorità di un dibattito di ordine più generale, e piu vasto. Dopo aver udito il deliquente, cioè il Sardou, e aver riassunta l’intervista contro Enrico Ibsen, il Bauer lo trascina davanti a un fantastico tribunale letterario, e lo fa difendere e accusare da non meno

Il Meilhac — morto da poco — fu sepolto con tutti gli onori ; ma le commedie di lui avevano preceduto nella tomba il lor autore. Senza 1’ arte incomparabile di Gabriella Réj ane, anche Ma Cousine sarebbe già caduta in dimenticanza.

Di Ottavio Feuillet, di Georges Sand, di Ernesto Legouvé, di Enrico Bornier, del Favart, di Madame de Genlis, di Casimiro Delavigne, del Ponsard, del Regnarci, del Dan-

fantast.ici avvocati e procuratovi artistici, o teatrali che siano. Dal- 1’ accusa e dalla difesa scaturiscono limpidamente le due tendenze, le due opinioni inconciliabili con cui saranno sempre o condannati, o esaltati, i lavori di teatro. Questo tribunale immaginario dà però giudizj concreti e reali.

Siamo, dunque, in tribunale.

Ha la parola 1’ Accusatore.

Egli dice: «Dobbiamo giudicare un’azione che è frutto dei peggiori motivi, che nasce dall’invidia, dalla gelosia, dalla vanità offesa. L’accusato è ambizioso, e non si contenta affatto della sua non piccola gloria di essere il più dotato uomo di teatro di un popolo fornito copiosamente del senso della teatralità. No, con lunghe e tese manb egli cerca di cogliere gli allori del Poeta, e perchè vede crescere i lauri in una scintillante e per lui irragiungibile altezza, comincia a oltraggiare e ad assalire i più sinceri, e i più forti. Una tale assenza di modestia deve venir punita. Invece di pensare alla scène à faire, d’ ideare raffinati intrighi, e di scrivere parti per attrici mondane, dai corpi più o meno formosi, 1’ accusato discorre di letteratura. Ma che ha egli mai di comune con la letteratura ?

Egli non ha avuto un’ idea artistica, non ha mai collocato un uomo sull’ impiantito ligneo, e non ha mai espressa una più profonda significazione della vita. Ha composto buoni lavori teatrali, e nulla più: ha suscitato e soddisfatto la curiosità: ecco tutto! Di azione ne ha molta: divorzj, duelli, condanne, e tutto ciò che ha origine nel tumulto e nella violenza. Ma, se guardiamo più addentro, scopriamo destre abilità di giocoliere; non arti, non l’arte. Le grandi azioni dell’anima, le sue malattie e guarigioni, che l’ Ibsen ci rivela, non può vedere questo poveruomo, che giuoca così pomposamente con i suoi frusti spiccioli. Non è egli forse sìmile a un accattone, che è in possesso di una borsa ripiena di monete di bronzo, e che crede povero colui che dispone di alcuni pezzi d’oro? Egli capisce che il rumore può esser decisivo per una plebe teatrale, ma non per 1’ arte. Condannate col vostro responso la sempre uguale perfidia dei piccoli

court, del Marivaux, del Allainval, del De Brueyes, di Alfredo De Vigny, del Lebrun, del Soumet, di tanti e tanti altri, che cosa sopravvive? Assai poco. Dello stesso Scribe, dello stesso Labiche — che pur servirono di miniera a quanti venner di poi — quante commedie si recitano ancora? Tre, o quattro ; e sono esumazioni gustate solamente da pochi.

contro i grandi vivi e i grandi morti, mercè la quale il vivo ha sempre torto. 0 devo io forse difendere colui che ha creato nel Nemico del popolo la tragedia della' verità; in H^dda Gabbler quella dell’impotenza; colui che, con Nora , è penetrato cosi audacemente nella casa di bambole della società, spezzando i suoi fantocci preferiti, o l’uorno che ha osato dimostrare la bancarotta d’ ogni esaltazione, anche della sua, nell’ Anitra selvatica ?

Il Sardou non sarebbe il Sardou, se egli potesse comprendere una sola delle idee che T Ibsen ha impersonato artisticamente in grandiose figure umane. Rispetto, almeno, egli avrebbe dovuto avere del l’ infinitamente più grande di lui, e perciò la sua ingiuria esige un castigo. »

Segue, ora, la risposta del difensore:

«Voi dovete tener in gran conto per l’ accusato il fatto eh’ egli ha il coraggio dei suoi difetti. Con la stessa leggerezza con cui tenta d'abbattere i grandi, costruisce atti e dialoghi, snoda intrecci. Egli vive in quello strano e intricato mondo di teatro, che a lui sembra essere non un’istituzione morale, non una riproduzione artistica dell’umanità e dei suoi destini, ma una baracca di spettacoli.

Egli ha ragione, perchè sa che la folla — e il teatro è l’arte della folla — non iscorge che le esteriorità: disprezza l’ Ibsen, che si sforza d'agire con le potenze intrinseche. Il Sardou è un conoscitore del teatro: intuisce tutte le debolezze, le viltà, le deficenze, e i vizj degli uomini, e li solletica; svolge ed esperimenta con le mille astuzie del mestiere. Può il conoscitore di ciò che s’impara, capire ciò che non è possibile apprendere ?

Quale ponte mai sarebbe in grado di condurre il maestro del mestiere dal maestro dell’ arte?

Il Sardou non ha mai torturato la folla con problemi e con idee, ma s’è industriato invece sempre a divertirla; e il pubblico gli è corso dietro come un cane al suo padrone, perchè sapeva che sarebbe stato nutrito secondo il proprio gusto. Non deve dunque sembrare a questo agile uomo un pazzo colui che ha indagato i più intimi misteri dell’ esistenza umana ?

Il Pailleron sopravvive col Mondo della noja : Balzac, col Mercadet : Alfredo de Musset, col Lorenzaccio , e qualche proverbio : Beaumarchais col Figaro : Mürger con la Boheme .

Una intiera letteratura drammatica che — per lo spazio ininterrotto di cinquanta e più anni tenne il campo con onore — riposa oggi al Père Lachaise.

I morti — ahimè ! — vanno presto.

Certo, il genio di Victor Hugo domina, e dominerà, sulla classica scena di Francia, fino alla consumazione dei secoli : Ruy-Blas , Hernani , i Miserabili , non morranno, finche il sole non muore!

Certo, Racine, Corneille, Voltaire, Molière dureranno finché dura la scena francese : Molière, sopra tutto, che incarna in sè solo il « genio comico » del popolo.

Ma questi grandi vanno studiati, e considerati, nel tempo che fu il loro.

Bimangono, e rimarranno, per la eterna virtù dell’arte, come maestri di bellezza; proprio come Guglielmo Shakespeare, e Carlo Goldoni.

Il pubblico chiede — sulla scena — tirate, dialettici graziosi, liete chiuse, e qualche sorpresa finale: non creature. Si, precisamente al disprezzo di Sardou per l’ Ibsen, voi siete debitori delle opere dell’autore, che vi ha certo dilettato festevolmente nelle ore vuote.

11 mio cliente è orgoglioso della consapevolezza che lui, e i suoi successori, seguirà sempre la docile folla; mentre dietro Ibsen, e i suoi, tolti i proseliti e i servi della moda, non vi saranno che due o tre persone. Egli è superbo di essere il poeta della compatta maggioranza, e vilipende uno scrittore drammatico che stima essere l’uomo più forte colui che vive in solitudine. Il Sardou non è stato mai solo: la opinione popolare gli ha dato sempre ragione. »

Ascoltata l’accusa e la difesa, il Tribunale si è ritirato; ma, come assicura il Bauer, non ha divulgato ancora il suo verdetto.

Non so se il Bauer, seduto sul banco dei giurati di quel tribunale costruito dalla sua fantasia, abbia votato in favore dell’ accusatore o del difensore : forse, avrebbe potuto farlo indifferentemente per 1 uno o l’ altro, perchè mi sembra che la difesa sia ancora più acre e più acerba dell’accusa; e la condanna logica e inevitabile sgorghi così dall’ una, come dall’altra.

Alla tragedia , che i Francesi rinnovarono dai Greci; al dramma romantico dell’Ugo; alla commedia moi ier esca g alle concezioni filosofico-sociali del Dumas figlio ; al teatro dell’ Augier, s’è andata, oggi, sostituendo la commedia psicologica — vero studio delle anime — ; la commedia d’ idee; la commedia filoso fico-scientifica ; la commedia sociale; la commedia verista; la commedia della borghesia.

Nelle nuove forme — cònsone ai tempi novissimi — l’arte dello scriver per la scena si è a mano a mano spogliata di tutto il vecchio e frusto ciarpame; di tutte le grottesche combinazioni sceniche, che mandavano in visibilio i nostri padri, e i nostri nonni. Una più fedele e esatta riproduzione del vero ;. un’ osservazione diretta; un ardor di combattività contro tutti i mali, i danni, le ingiustizie sociali ; un vivo desiderio di metter a nudo l’ anima umana, e scrutarne le piaghe, produssero un « teatro nuovo ».

Di questo « nuovo teatro », i più degni rappresentanti in Francia — nell’ ora che volge — sono : — Enrico Brieux, Paolo Hervieu, Francesco De Curel, Luciano Descaves, Octavio Mirbeau, per il « teatro sociale » : Francesco De Curel, per il « teatro d’idee » : Enrico Lavedan, per il « teatro ironico » : Maurizio Donnay, per il « teatro psicologico » : Giorgio de Porto-Riche, per il « teatro affettivo » : Alfredo Capus, Marcel Prévost, per il « teatro borghese » : Giorgio Courteline, Tristan-Bernard, Michele Provins, Jules Renard, Pietro Veber, Franc-Nohain, per il teatro « gajo ». *)

i) A questi egregj vanno aggiunti : — Edmondo Rostand, Jean e Jacques Richepin, Francesco Coppée, Catulle Mendès, Augusto Dorchain, Emilio Bérgerat, per il dramma storico, eroico, e in versi; Pietro Wolff, Janvier de la Motte, A. Devore, Maurice Vaucaire, Jacques Normand, Anatole France, Gustavo Rivet, André Theuriet, Georges Loiseau, Giorgio Mitchell, Jeanne Marni, André de Lorde, Fernando Vandérem, Romain Coolus, Alberto Guinon, Giorgio Ancey, Emilio

Tutti questi egregj derivano da Enrico Becque, morto troppo presto ; ma che, con La Parigina e i Corvi , fu chiamato, a buon diritto, caposcuola.

Quando parlo di « rinnovamento », di « evoluzione », non intendo già dire che le vecchie forme , e formale, del teatro si siano andate interamente mutando e trasformando, : la finzione scenica — checche si voglia, e faccia — - poco su poco giù, resterà sempre quella che fu ab antico : il sipario cadrà alla fine di ogni atto: i personaggi parleranno sempre rivolti al pubblico : l’ azione immaginata, e riprodotta, non durerà mai più di due o tre ore: le pareti saranno di cartacolorata: gli attori continueranno a impaperarsi , e a mendicar la parola dal suggeritore. Intendo, bensì, parlare della « evoluzione » nel pensiero degli scrittori, e della forma da essi adoperata per tradurlo in azione : della maggior verità possibile e compatibile con le esigenze della scena: dello sforzo sempre -maggiore di accostarsi alla vita: dello studio dell’anima umana, e dell 'anima della folla: dell’ agitarsi del pensiero -- vuoi filosofico, vuoi scientifico — verso nuovi ideali di bellezza e di vita.

Far parlare e agire « degli uomini » : ripudiar i « fantocci scenici di un tempo » : servirsi della maggiore semplicità e naturalezza per commuovere e interessar gli spettatori : mettere a nudo i grandi problemi — vuoi psichici, vuoi scientifici, vuoi sociali — che agitano tutte le menti moderne : esser, sul teatro, osservatori e riproduttori fedeli di uomini e di cose , ecco la mèta, certo non ingloriosa, cui tendono tanti ingegni eletti : ecco che cosa — io, almeno — intendo per un « teatro nuovo ».

In Francia — come, del resto, in Italia — è palese lo sforzo verso così fatto teatro ; e sono evidenti i segni di un salutare rinnovamento.

Fabre, Jean Jullien, Kmilio Moreau, Edmondo Sée, Henry Bataille’ Maurice Denier, Pietro e Claudio Berton, Gustavo Guiches, G. A. de Caillavet, Roberto de Fiers, Hugues Leroux, Louis Artus, Claude Roland, Eugène Gugenheim, Georges de Faure, Auguste Germain, Jean Gascogne, Jean Jullien, ecc.

Certo, l’opera' degli scrittori dame pocanzi citati è ancora — sotto più d’un rispetto — manchevole: certo, nessuno di essi ha saputo ancora produrre la commedia, o il dramma, che segnano una data : certo, tra le innumerevoli produzioni drammatiche che, ogni anno, si rappresentano a Parigi, x) una, o due, appena, hanno la virtù di vivere oltre sei mesi: certo, pochi ancora hanno dinanzi agli occhi la vera visione di quel che dovrebbe essere la grande commedia dei nostri giorni.

Grli autori francesi — anche quelli che sono collocati molto alto — si fermano troppo a studiare osservare riprodurre la vita parigina — eh’ è solo una parte, e piccola, della vita degli uomini e delle nazioni : — indugiano di soverchio nei particolari: sfoggiano troppi « motti di spirito » : s’ accaniscono di continuo contro l’ eterno adulterio, l’ eterno divorzio , l’ eterno dramma della borghesia , perdendo di mira la gran visione del dramma, o della commedia, che si recitano, ogni giorno, sopra la scena del mondo. Ma la semenza già dataè lì a provare che la mèsse avvenire sara feconda.

Ciò che non accenna ancora a progredir in Francia, è il « teatro per il popolo ».

Mentre in alcuni villaggi della Svizzera — in piena luce, in piena aria, avendo per isfondo l’ampio azzurro dei

i) H Figaro ha chiesto agli autori drammatici di Francia a quali lavori ora attendano, il titolo delle nuove commedie in preparazione, il numero degli atti, ecc.

Sulle risposte inviate fu compilata questa curiosa statistica, perchè tutte le commedie sul telajo siano rappresentate nella stagione prossima, occorrerebbe ci fossero a Parigi 7.6/4 teatri; e di ogni lavoro non si potrebbero dare che sette rappresentazioni.

Si smaltirebbe così lo stock di quest’anno; ma rimarrebbero giacenti e intatti gli stocks dei lavori prodotti negli anni precedenti, che attendono il loro turno per giungere alla ribalta!...

prati, la rude natura, gli alberi maestosi, il popolo è invitato ad assistere a delle rappresentazioni date in suo onore; mentre Adolfo Eibaux scrive dei drammi popolari che toglie dalla leggenda, dalla storia eroica, dai casi del viver presente; a Parigi — e però in tutta la Francia — i melodrammi del D’Ennery, i Roger la honte di Jules Mary, i Papà la Virtù di Pietro Decourcelle, le Venditrici di fiori di Xaviei de Montepm, le Closerie des Genêts di Federico Soulié, tutti lavori che muovono a sdegno e a pietà; farraginosamente costruiti, scritti in un dialogo che poteva piacere ai nostri nonni, ma che oggi non è più sopportabile ; poveri d’ idee, ricchi di anacronismi ; buoni tutt’ al piu per un teatro da burattini, son recitati di continuo all’ Ambigu, alla Porte- Si.- Martin, ai Bouffes-du-Nord, al teatro Château-d’ eau.

Gli scrittori, degni di cotai nome, hanno a vile di scrivere per il popolo; e i mestieranti — che pur sono legione, e s’inspirano ai feuilletons del Petit journal, e del Petit pai isien continuano « a tener lo campo » ; facendo ridere e piangere la folla con metodi eh’ erano in uso, e in favore, trent’ anni or sono.

Invano critici di vaglia — come il Mendès — scendono quotidianamente in lotta — armati di tutto punto — contro la bestialità degli autori, dei direttori, del pubblico; invano, dalla tribuna dei lor giornali, predicano la necessità di nobilitar il genere, e di rivolgersi — con opere di vera bellezza — al cuore e all’ intelletto del popolo, che il bello sa intendere e ammirare; invano, al melodramma d’ enneriano decretano funebri solenni. La letteraria prostituzione continua, e la bestialità regna sempre sovrana sulle corrotte scene popolari.

Eppure — e fu detto ultimamente anche in Italia — qual più nobile compito, per gli scrittori drammatici, del pai lare, dalla scena, direttamente, al popolo, porgendogli utile e fecondo ammaestramento ?

Vero é che gli « spettacoli all’aria aperta » cominciano a diventar di moda nelle provinole meridionali della Francia: i segni di un salutare ravvedimento non sono dunque lontani.

Lo scorso anno, Arles aprì le sue celebri « Arene » a una rappresentazione di Mireille ì che ebbe un successo strepitoso, e ispiro a un’ altra citta di Lmguadoca 1 idea di dare la Carmen in un antico circo , con un intermezzo nel quale si assisteva realmente a un combattimento di tori, di cui nell’ opera del Bizet non si odono che i rumori; ciò che contentava tutti i gusti delle folle meridionali.

Quest’ anno, le rappresentazioni di Béziers sono appena terminate, e già si annunzia che il Guglielmo Teli sarà dato nelle arene romane di Nimes, con artisti di cartello.

Ma non è soltanto in Provenza e in Linguadoca che le

rappresentazioni all’ aperto ottengono successo lieto. In Bretagna, a Morlaix — collegio elettorale del conte di Mun, noto deputato clericale — si ebbe un curioso spettacolo con la rappresentazione di un così detto « mistero », nel quale il protagonista era un Santo del luogo, S. Gwenolé , che il resto della cattolicità probabilmente ignora.

Recentemente, a Monfort-V Amaury, venne fatto un simile tentativo; e, proprio in questi giorni, i giornali della Corrèze e del Limosino sono pieni di particolari sopra una rappresentazione organizzata a Pompadour , un villaggio pittoresco che porta il nome della celebre cortigiana, amica di

Luigi XV.

Questo movimento in favore del teatro estivo, e all’aperto, quale ebbero i greci e i romani, è dovuto ai tentativi fatti da parecchi anni al teatro antico di Orange , dove il Mounet-Sully interpretò Edipo Re, in una magnifica sera indimenticabile, sotto un cielo purissimo costellato di astri.

Anche a Parigi si disegna qualcosa di simile per 1’ anno prossimo. Una Società sta formandosi per edificare, nel parco di Vincennes , un anfiteatro sul modello di quello di Béziers. Alcuni notissimi artisti hanno promesso il loro ajuto, e un gran compositore — invaghito di questa sorta

di spettacoli — sta già lavorando intorno a uno spartito , in vista dell’inaugurazione.

Si era anche pensato alle Arene di Lutezio , situate nel quartier latino alle falde della montagna Santa Genoveffa, che è poi quella altura sulla quale sorge il Pantheon. Ma siccome ne fu dissotterrata finora soltanto una parte, e bisognerebbe procedere a nuovi scavi con costose espropriazioni per compiere l’ edilizio che data dall’epoca romana, il disegno fu abbandonato.

Si preferì adottare la costruzione della scena che risponda alle esigenze di un teatro concepito socondo le forme antiche, e, in pari tempo, alle necessità moderne ; una specie di Teatro d’ Orange perfezionato, lavoro che potrebbe ispirar felicemente un architetto di genio. *)

Ogni giorno, dunque, si fa sempre più manifesto il bisogno di dar al popolo che lavora, che lotta, che soffre, quella parte di bellezza alla quale ha diritto.

La tragedia greca, rinnovata dalla fantasia dei poeti moderni ; il dramma storico, il dramma eroico , incitatore a forti cose ; la commedia della bontà , della virtù , della bellezza morale — recitati nelle aperte arene , tra il cielo e il mare infinito, rifaranno una coscienza popolare ; e segneranno, per il teatro del secolo XX, una nuova data gloriosa.

') Nel Figaro si legge quanto segue:

« Et, pendant que nous sommes tout à Saint-Saëns, annonçons que Parysatis , poème de Mme Jane Dieulafoy, dont l’éminent musicien doit écrire la partition, aura pour cadre, l’année prochaine, les Arènes de Béziers.

M. Castelbon de Beauxhostes, le dévoué organisateur de ces fêtes artistiques, prend date dès aujourd’hui. Yoilà qui nous promet encore d’intéressantes représentations ! »

Dove i Francesi sono maestri, è nell’ arte — pur così difficile — del far ridere. L’ operetta, il vaudeville , la pochade, la bizzarria-comica, hanno toccato, e toccano, in Francia, la più alta espressione.

Ajutati da una lingua che si presta mirabilmente alla parola «a doppio senso», al frizzo mordace; dotati di una fantasia stravagante e leggiadra, blagueurs per eccellenza, ironisti nati, il vaudeville l’ hanno proprio nel sangue.

Il riso — al dire dello Sterne — aggiunge un filo alla trama della vita ; e di ridere, I Francesi sono più d’ogni altro popolo desiderosi. Onde si spiega facilmente il gran successo della « pochade » nei teatri parigini ; e s’intende anche come tanti scrittori si dedichino esclusivamente ad essa, traendone cospicui guadagni.

A volerli nominar tutti, mi ci vorrebbero molte pagine. Mi starò, dunque, contento di ricordar solo i maggiori : — Alessandro Bisson, Giorgio Feydeau, Albino Valabrègue *),

*) Sempre dal Figaro:

« Albin Valabrègue ».

« Fait une entaille à son porte-plume toutes les fois qu’il a un succès. Beaucoup d’entailles depuis 1879, date de la fondation de Valabrègue.

A de l’esprit avant, pendant, et après ses pièces.

— Vous devenez poivre et sel ! — lui dit quelqu’un l’autre jour.

— Il me tarde d’être tout sel : mes pièces seront bien meilleures!

Valabrègue a eu une trouvaille, qu'il serait fâcheux de ne pas ébruiter, pour console}1 les auteurs dramatiques qui ne font pas d’argent. La voici, dialoguée :

Valabrègue. — Votre pièce est ravissante.

Le confrère. — Oui, mais pas un sou!

Valabrègue. — Vivons-nous à une époque de décadence?

Le confrère — Assurément !

Valabrègue. — Eh bien, souvenez-vous qu’à une époque de décadence, seules les œuvres de décadence peuvent faire de l’argent. Moi-même je ne me trouve pas assez décadent. Feydeau me dépasse

Maurizio Hennequin, Maurizio Desvallières, Andrea Sylvane, Maurizio Ordonneau, Paolo Bilhaud, Pietro Veber, Leone Xanrof, Pietro Wolff, Grenet-Dancourt, Roberto de Piers, Maurizio Vaucaire, Antonino Mars, Maurizio Soulié, Victor de Cottens, Paolo Gavault, Alberto Barré, Berr de Turique, Enrico Kéroul, Leone Gandillot, Adriano Vély, G. A. de Caillavet, G. Berr.

Vogliono molti che V arte non abbia nulla che vedere con il vaudeville , con la pochade ; e che all’uno e all’altra devasi dar assolutamente 1’ ostracismo. Pare a me, in vece, che anche il grottesco, e V inverosimile — se costretti nei debiti limiti — entrino negli sconfinati campi della drammatica.

Il male comincia quando Yuso si cambia in abuso; quando la decenza e 1’ onestà cedono il luogo alla volgarità, alla scurrilità; quando gli scrittori — per far ridere a ogni costo — ricorrono a un dialogo pornografico, e si servono di situazioni ignobili; quando il grottesco e V inverosimile rasentano a dirittura la follia; quando il riso non è tenuto in freno ; quando manca ogni lontana verosimiglianza ; e la pagliacciata , V acrobatismo, il funambidesco si dànno vertiginosamente la mano.

Allora, nasce la reazione ; ed è cosa santa.

Anche in Francia, a dir vero, si manifestano certi segni di stanchezza, che ammoniscono gli scrittori comici ad

de cent coudées! C’est un financier du théâtre: je ne suis qu’un petit bourgeois.

Le CONFRÈRE. — Il est évident que Becque n’a jamais fait un sou!

ValabrèGüe. — Et c’est l’auteur le plus acclamé de ce temps!

Et le Confrère s’éloigne consolé, rasséréné, voyant déjà venir à lui les bronzes et les lauriers posthumes.

Du même Yalabrègue sur un album:

« J'aime mieux ma photographie dans une vitrine de mon vivant , que ma statue au Paiais-Royal après ma mort. »

Et ailleurs:

« Dans le royaume des cieux, puisque les derniers seront les premiers, Shakespeare me cirera les chaussures. »

andar più cauti nella scelta degli argomenti, e nel modo di trattarli. Non mancano, poi, critici autorevoli che si scagliano violentemente contro l’incessante imperversare del- V acrobatismo nella pochade', contro il colpevole andazzo di un dialogo sempre men castigato e pulito: contro la assenza di ogni originalità, e il continuo ripetersi delle stesse situazioni , delle stesse scene, degli stessi fatti. ])

i) Catulle Mendès, ne! Journal , spezza una nuova lancia contro 1’ «acrobatismo » a teatro, e si mostra assai lieto che le scene parigine — anche quelle del genere — si orizzontino verso nuovi e più sereni ideali.

È prezzo dell’opera riferir, per disteso, le sue parole:

« Evidemment, tous ces nouveaux théâtres sont les enfants de ce Père Gigogne, le Théâtre-Libre. Et vous me voyez charmé qu'ils s’érigent, en leur nouveauté fringante, sur les sépulcres ruinés de l’Opérette , ma victime. Je suis un assassin sans remords, que dis-je!, plein de satisfaction. Athénée a renonce aux maillots a musique — rien de mieux! La Renaissance ne sait plus qu’elle bafouait naguère les Dieux de splendeur, et les déesses de grâce — c est partait! Les Bouffes- Parisiens eux-mêmes répudient, sur le conseil du Caissier, la farce parodique aux flonflons dé-olants — c’est admirable ! Et il faut ajouter à ces scènes d’autres scènes qui, sans brusquement se détourner de leur genre accoutumé, tâelient, c'est évident, de s’orienter peu à peu vers quelque genre nouveau. Il y a bien là de quoi combler de joie, de quoi même enorgueillir les critiques — j’en suis le moindre — qui combattirent, et combattent, pour l’art enfin dégagé des vils métiers, et pour le triomphe du jeune esprit. Mais notez cela — il ne faudrait pas que, dans les théâtres nouveaux, ou se renouvelant, l’effort vers 1 avenir ne fût que limitation, que le pastiche d’un moment, qui, quoique peu ancien, n’est plus. Oui, certes, le Théâtre-Libre pourra revendiquer une part, une grande part, dans la direction récemment donnée aux jeunes talents, au goût public; mais, par un naturel besoin d'étonner, de choquer même, pour attirer l’attention, il se voua, pas exclusivement, je l’accorde, le plus souvent néanmoins, à l’excès de sa propre destination : il s’exagéra jusqu’à ne pouvoir etre longtemps un exemple; et, aujourd hui, il est manifeste que les auteurs à qui le succès sourit, et de qui la gloire est prochaine — je n’ai pas besoin de les nommer: leurs noms sont sur vos lèvres — sont ceux qui, sans rien renoncer de la liberté apportée par le Théâtre-Libre , se sont dégagés de la mode littéraire, des audaces si vite devenues procédés, où il s’obstina trop longtemps. Les

Albino Valabrègue, e Maurizio Ordonneau — due veterani della pochade e del vaudeville — ebbero, ultimamen-

directeurs des récentes entreprises dramatiques et comiques feront bien de méditer sur ce point. Il n’y a rien de plus démodé que la mode de la veille. Il serait fâcheux, et sans doute désastreux, que les fils du Père Gigogne ressemblassent trop parfaitement à M. Antoine. Le théâtre de M. Antoine, d’ailleurs assez éclectique, ou ayant quelque air de l’être, suffit amplement aux manifestations de l’art qu’il représente : que si des théâtres qui jouent tous les soirs s’attardaient à n’être que les succursales d’un théâtre qui ne jouait qu’une fois par mois — et la rareté des représentations autorisait l’exceptionnalité des pièces — il se pourrait bien que les recettes de trente soirs, additionnées, ne fussent que peu sensiblement supérieures à la recette d’un seul soir; car un public spécial, en s'éparpillant, ne se multiplie pas. Et, comme toujours, il faut demander son avis à M. de la Palisse. « Que penzez-vous de ceci, Monsieur de la Palisse? » Il répond: « J’en pense que le nouveau doit être nouveau ». En vérité, M. de la Palisse est le seul Sage humain. En outre, il faut considérer que si, dans le drame ou la comédie, la représentation de la réalité — ou ce qu’on nomme ainsi — a donné et donnera des chefs-d’œuvre, elle ne suffit pas à combler tout le désir, tout l’espoir de la grande et sensible foule. S’ il y a le fait, il y a l’idée. S’il y a le matériel, il y a le chimérique — heureusement. Il serait déplorable (même dans l’intérêt de MM. les actionnaires) que tant de théâtres se restreignissent à la seule satisfaction d’une seule part du public. Il y a, je vous assure, des gens qui se plaisent aux grandeurs, aux élévations, aux héroïsmes. Demandez à l’Odèon, qui a joué le Chemineau; demandez à la Porte-Saint-Martin, qui a joué Cyrano de Bergerac; demandez au théâtre Sarah-Bernhardt, qui a joué Y Aiglon; demandez à la Comédie-Française, qui a joué Patrie; car Patrie c’est de la ressemblance de beauté, où le public, qui n’a pas assez d’objets de comparaison, peut se décevoir. L’autre soir, Alfred Capus me disait: « Vous verrez, vous verrez, tant de théâtres voués aux pièces de vie réelle produiront une réaction en faveur des pièces de rêve et d’idéal. » C’était joliment dit. Mais — voyez combien j’ai d'équitables complaisances — je ne voudrais pas d’une réaction qui, en servant ce que j’adore, nuirait à ce que j’estime. Je voudrais qu’il y eût, triomphantes et voisines, et s’acceptant l’une l’autre, deux espèces d’art, comme il y a deux espèces d’âmes. Pourquoi, parmi les fils légitimes du Père Gigogne, n’y aurait-il pas quelques bâtards lyriques? Et les bonnes pièces en vers font plus d’argent — o directeur de théâtres! — que les meilleures pièces en prose. Nous reparlerons de cela, un jour de loisir. »

te a esperimentar la severità, pur sì poco usitata!, dei critici. Financo Enrico Fouquier, che trova sempre il modo di lodar tutto e tutti, mostrò apertamente il proprio scontento. ') E i signori A. Fontanes e Adriano Vély — autori di una Bichette, commedia -vaudeville datasi al Palais-Royal — s’ebbero, come dicono a Parigi, proprio una «mauvaise presse » .

!) «Je serai bref sur la pièce de MM. Valabrègue et Ordonneau. Non qu’elle soit simple, car elle est terriblement compliquée; mais comme ses complications sont dépourvues de vraisemblance, même de la vraisemblance relative des vaudevilles , ce serait perdre son temps de chercher à en dire le menu.

... Les auteurs de cette pièce sont des l'outiers du théâtre, qui ont à leur actif plus d’un succès. On leur doit la vérité. Cette vérité, c’est que la folie à jet continu, le défi à la vraisemblance, le sacrifice perpétuel du possible dans l’action à la drôlerie d’un mot, paraissent avoir fait leur temps. On veut bien rire, mais sans que le bon sens y perde tous ses droits. Dans le couloir — où il se fait des feuilletons-parlés sans bienveillance — un homme de théâtre me disait: « Le procédé de cette pièce, c'est celui de Commerson, quand il disait à un ami: — suppose que tu t’appelles Yau de voêle ? Je te rencontre, et je te dis: « Comment vas tuyau de poêle?...» Ce jugement pittoresque est juste. La complusance qu'on nous demande est égale a supposer qu'un oncle paye une étude sans s'assurer qu’elle est achetée, et la revende comme on vend un chien sur le boulevard, sans formalités, sans reçu! Et la Chambre des notaires, qu’en faites-vous?

Je suis convaincu que le public, même dans les théâtres gais, ne veut plus se prêter à ces folies, où les choses et les personnages de la vie réelle obéissent à des fantaisies de féerie, qui, elles, n’ont pas besoin de l’ ombre même de la vérité. A rechercher un peu de vraisemblance, je crois que les auteurs trouveraient une source de comique, qui demanderait plus d’efforts, mais aurait un meilleur succès. De ceci, je trouve la preuve dans l’Etude Tocasson même. Il y a là, au second plan, un type vraiment comique. C’est celui d’un ancien juge de paix, que la « noce » a réduit à être concierge, mais qui n’a pas oublié son droit. Et la scène est charmante où il vient' à l’aide d 'André, qui ne sait comment répondre aux clients de sa prétendue étude. Certes, cette aventure n’est pas journalière d’un concierge ancien magistrat; mais elle est possible, et ceci a suffi pour qu’on en rie de bon coeur. »

« Il est vraiment extraordinaire » — scrive Henry Barbusse nel Journal — « que le vaudeville polisson, si dénué de la moindre miette d’originalité, si mal nourri d’ idées, ou — à vrai dire pas nourri du tout, ne soit pas encore mort. Mais, si étrange et si pénible que cela soit, cette vitalité d’un genre qui n’est pas vivant, cela est, et il nous faut, en attendant que 1 inanition definitive — ce gendarme de l’Art 1 arrête et l’étrangle enfin, il faut nous livrer à la tâcbe difficile, mais vengeresse, d’en raconter encore un!

« . .Voilà, autant que possible, cette pièce, qui vaudrait à peu près les bouffonneries que les vaudevillistes tirent, toujours pareillement piteuses et pauvres, de leurs encriers, si certains détails de langage et de scène de Bichette ne témoignaient d’une vraiment trop matérielle et cynique conception du rire. J’ai employé le mot de polissonnerie, tout à l’heure : je pense qu’il faut être plus grave, et prononcer celui de grossièreté. Ce n’est plus du piment, c’est de l’ail. Et à côté de quelques « mots », qui ont le défaut d’être trop connus, ramassés ça et là, il y a des mots qui eussent gagne à rester inconnus, et à n’ être pas ramassés si bas; gros mots tout nus, indignes d’entrer dans l’amusement d’un public policé, ou allusions simpiternelles aux mêmes chose, allusions que les auteurs multiplient le long de leurs scènes, comme les gamins, vraiment, écrivent toujours le même mot sur les murs!

« Je dois ajouter qu’on a ri quelque peu, mais moins qu’on aurait ri naguère à un pareil spectacle. Serait-ce d’un favorable augure ? »

N è la buon’ anima di Francisque Sarcey è più là per difendere la grande famiglia dei vaudevillisti francesi!

E, adesso, per finire, poche parole sui traduttori italiani delle commedie che il cav. Alfredo Re Riccardi, il conte Luigi Broglio, e altri speculatori, acquistano sul mercato parigino.

A. U. J. — che non ho il bene di conoscere ; ma che, in una lettera pubblicata dal Matin , si dà per critico-drammatico fiorentino — di passaggio per Parigi, ha creduto dover suo alzar la voce contro i traduttori italiani, dipingendoli a dirittura come dei volgari mestieranti , e invocando sur essi nientemeno che i fulmini degli autori.

A questo signore — che dà prova di una grande ignoranza, e di un’ oltracotanza che passa i confini delle cose lecite, perchè, in casa d’ altri, diffama degli onesti e coscienziosi lavoratori — io ho risposto con la lettera che segue, e che il Matin si fece un dovere di pubblicare:

« Cher monsieur Lemonnier,

2 sept., 1901.

Permettez-moi de répondre à la lettre que Mr. A. U. Y. — un de mes compatriotes — vous a écrite, et qui a paru dans le Matin du l.er septembre.

« On n’est jamais trahi que par les siens! » — Cependant, il y a des choses qui blessent, et qui ne peuvent rester sans réponse.

J’ignore de quelle façon les pièces françaises sont traduites en Allemagne et en Hollande; mais je puis assurer, affirmer même, que les traducteurs italiens ont le plus grand respect des oeuvres qui leur sont confiées; et qu’elles ont - - sur notre scène — tous les soins littéraires qu’elles méritent.

Nous ne sommes plus au temps où nos Directeurs de troupes .confiaient les traductions des comédies françaises

aux souffleurs: aujourd’hui, les acquéreurs — alias, les importateurs des œuvres dramatiques — s’adressent, honnêtement, à des littérateurs de premier ordre J) parmi lesquels

il y a des auteurs qui sont joués avec éclat dans leur patrie.

Par exemple, la Douloureuse de M. Donnay a été traduite par Ferdinando Martini, homme de lettres d’un très grand talent, aujourd’hui gouverneur d’Italie en Afrique: Madame Betzy, du regretté Paul Alexis, a été confiée à M. Giacosa, le célébré auteur italien, qui a aussi sa renommée en France: Madame Sans-Gêne , à M. Praga, directeur de la Société des auteurs italiens : le Passé, de M. de Porto-Riche ; L'Avenir d’Ancey; Les trois filles de Monsieur Dupont de M. Bneux; La nouvelle Idole de M. De Curel; Zaza de M. Pierre Berton; La veine de M. Capus; le Partage de M. Guinon, et bien d’autres encore, ont été traduites par Camillo Antona-Tra versi; Les remplaçantes , la Robe rouge, et Y Autre Danger, par Ugo Ojetti, journaliste, homme de lettres, écrivain d’un réel mérite: le Détour, Y Adversaire, par Umberto Ferrigni ( Jorickson ), critique-dramatique de plus estimés et des plus savants.

La critique de M.. A. N. Y est, donc, de touts points injuste; et lorsqu’il dit que, dans mon pays, on a l’habitude de « dénaturer les pièces françaises dans leur caractère, leur , esprit, leur portée et leur signification», je me sens obligé de lui faire voir son erreur.

Dans sa noble ardeur pour vos écrivains dramatiques, mon confrère se demande : « les auteurs français ne devi aient -ils pas, en cedant leurs pièces à des acheteurs étran-

b J’en cite quelques uns :

teidinando Martini, Mario Giobbe, Camillo et Giannino Autona- Tra versi, Umberto Ferrigni (Jorickson), Ugo Ojetti, Giovanni Pozza, Marco Praga, Giorgeri-Contri, Cesare Hanau, Luigi Arnaldo- Vassallo, Olga Ossani-Lodi, Enrico Novelli (Yambo), Lucio d' Ambra, G. P. Zu-

liani.

gers, qui ne sont que des spéculateurs, se réserver le droit d’en approuver la traduction? »

Que M. A. N. Y. se rassure: la chose est déjà faite. M. Capus, en accordant à M. Ee Eiccardi le droit de faire jouer dans l’Italie entière La Veine, posa corne condition de voir et d’approuver lui-même la traduction. M. Ee Eiccardi — qui jouit de la confiance de presque tous les auteurs français — se mit entièrement à la disposition de M. Capus, en lui assurant qu’il ne confiait les pièces qu’aux meilleurs écrivains de son pays: la traduction de La veine , faite par Camillo Antona-Traversi, fut lue et approuvée par l’auteur, aujourd’hui certainement heureux de constater le succès qu’elle eut sur la scène italienne.

M. A. N. Y. s’en prend aussi aux titres italiens des comédies françaises :

« Savez-vous » — écrit-il — « quel est le titre italien de la Dame de chez Maxim’ s ? Le voici : Quella del ristorante [celle du restaurant).

Or, la pièce de M. Feydeau a eu l’honneur d’être traduite en italien par Giovanni Pozza, le très savant critique dramatique du Corriere della Sera de Milan.

Il est facile de comprendre que, dans nos villes, ceux qui n’ont jamais eu l’occasion de visiter « la capitale », doivent ignorer qu’il y a à Paris un restaurant a la mode sous le nom de Maxim’ s. Et comme le public s’intéresse toujours au titre de la pièce que l’on joue, il désire avant tout savoir ce qu’on lui promet. La dame de chez Maxim s, pour lui, ne signifie absolument rien. Le traducteur a donc bien fait d’italianiser le titre français ; ayant quand-même le scrupule de le laisser, sur l’affiche, en sous-titre.

Le Béguin de Wolff a été confié aux soins de madame Olga Ossani-Lodi, femme de lettres d’un talent admirable. Le mot « béguin >, ne peut se traduire, en italien, que par « capriccio » ( caprice ) : cependant, pour mieux expliquer les raisons de la pièce , le traducteur a jugé préférable d’écrire « Foemina ».

Il en était de même pour la Douloureuse. Le « mot »

étant intraduisible, Ferdinando Martini l’a mis en latin ( Redde rationem ), et il a bien fait.

Et Partage Ì (« un homme partagé entre deux femmes »). Comment traduire, en italien, le titre de la si étrange et si forte pièce de M. Guinon? Je serais satisfait de l’apprendre par mon confrère!

Il est incontestable que certains mots propres à une langue ne peuvent pas toujours se traduire dans une autre. (Personne, jusqu’ici, n’a pu rendre le weltschmerz allemand) !

En pareil cas, on se passe du titre italien , et on laisse le mot français; quitte à ne pas le comprendre avant d’avoir vu jouer la pièce; ou l’on met le titre en italien , et le soustitre en français.

Encore une simple constatation. Plusieurs pièces françaises sont jouées en Italie avec succès, grâce à l’habileté et à l’expérience des traducteurs ; et si, parfois, ces derniers se permettent de pratiquer quelques adroites coupures , ce n’est que pour mieux assurer le succès auprès d’un public sévère et connaisseur.

Il est bon de savoir qu’en Italie il n’y a pas de claque ; pas de répétitions générales , faites pour les critiques et les amis de l’auteur: les journaux se montrent, le lendemain, très rigoureux dans les compte-rendus de la nouvelle pièce: — exactement le contraire de ce qui se passe à Paris, où les critiques sont d’ une . bonté quasi... évangélique ! — Or, si la comedie ne plaît pas, elle est sifflée dès le premier soir, et ne doit plus jamais reparaître sur V affiche. Celui qui l’a achetée, en payant un droit assez élevé, conserve, bien entendu, l’espoir de la voir jouer quatre ou cinq fois, tout au moins, dans chaque ville.

Zaza qui a eu tant de succès en Italie — avait un défaut: celui d’être trop longue: elle commençait à huit heures et demie pour finir à une heure : c’était trop tard! Pour éviter la disparition de Yaffiche , le traducteur fit alors des coupures de maître, et M. Berton l’en felicita hautement, bien heureux de gagner la forte somme. La Mouche d Antony Mars fut jouee au Palais-Royal avec

l’acte de la Somnambule : celui-ci gâtait toute la pièce : le traducteur fut, donc, obligé de demander à l’auteur la permission de supprimer son quatrième acte: la pièce plut partout, et rapporta de l’argent à M. Mars.

M. De Curel ■ — très soucieux de sa dignité et de sa probité littéraire — n6 permit aucune coupure à la Nouvelle Idole. La pièce , qui fut jouée à Turin, par un acteur en renom — - Ermete Zacconi — plut, mais sans faire recette : à Milan, grâce aux savantes coupures du traducteur, elle eut un véritable succès, qui consacra, dans la patrie de G-oldoni, la gloire dramatique de l’auteur des Fossiles.

Et maintenant, que A. N. Y. vienne nous dire qu’en Italie — où la littérature française est si répandue — « on tripatouille les comédies étrangères » !

Que les auteurs de France se rassurent ! Leur principal but est de gagner de l’argent: ils doivent, donc, être bien heureux d’avoir aujourd’hui des traducteurs de haute valeur.

Ce n'est pas comme Augier, Dumas-fils, Sardou, qui furent toujours joués avec de mauvaises traductions ; mais qui eurent quand même un très grand succès, et émurent tous les coeurs.

Agréez, cher Monsieur, mes civilités empressées.

Che ne dice il signor A. N. Y ? Un’ altra volta, vada più cauto nel sentenziar a dritto e a rovescio ; e nel denigrare, sopra un giornale francese, coloro che egli ha il grave torto di non conoscere. E si unisca piuttosto a me nel deplorare che tanti scrittori italiani siano costretti — per guadagnare duecento , o cinquecento misere lire — a dar il loro tempo, e il loro ingegno, alle Dame de chex maxim’s , alle Mouches , e ai M' amour !

E quanti — mossi da un alto senso d’italianità — fanno l’uomo addosso ai Broglio, e ai De Riccardi, mi dicano — in grazia — se la produzione italiana, per qualità e

quantità, e bastevole a far viver© tutte 1© Compagnie drammatiche © comiche , ohe allietano ogni anno « il bello italo regno » !

Santa è la guerra che si muove alla invadente produzione straniera . santa la crociata contro gli speculatovi , che — - a danno delle poche buone commedie italiane — impongono ai nostn timidi Capicomiei persino le peggiori commedie fiancesi , ma non si dimentichi — per troppo amore di combattività — che i pubblici d’Italia affollano i teatri al semplice annunzio di una qualsiasi « pochade » parigina , e che 1 critici sono quasi sempre disposti a trovar bello e buono tutto ciò che non è « di casa loro ».

E stato, poi, detto troppe volte che l’ arte non ha patria, perchè si deva dar l’ostracismo — sulla scena italiana — alle migliori produzioni del teatro novergese, russo, tedesco, spagnuolo e francese.

Si fischino di santa ragione le commedie esotiche che non conseguono lo scopo nè di far pensare, nè di commuovere, nè di divertire : si ammoniscano i Capicomici italiani a leggere, prima, le commedie che son disposti a pagare a caro prezzo: si usi maggior indulgenza verso i lavoratori della scena nazionale, e il « patriottismo-letterario » cominci anzi tutto da « noi medesimi » ; ma si riconosca, con animo schietto, che i Re Riccardi, e i Broglio, spendendo fior di quattrini per acquistare le commedie dei Donnay, dei Capus, dei Lavedan, degli Hervieu, dei Brieux, dei Feydeau, dei Bisson, degli Hennequin, e facendole tradurre da letterati per antiche prove già favorevolmente noti, hanno anche il diritto di « smerciarle » come meglio credono. Peggio per chi, avendone bisogno, le paga un occhio del capo; e, spesso, ci rimette fatiche e quattrini. Peggio per il pubblico italiano, che le vuole: peggio per gli autori italiani? che — pigri, indolenti, stanchi, o impotenti — non producono come dovrebbero, e potrebbero !

E questo fia suggel eh’ ognuno sganni !

Ottobre del 1901 .

Questo mio «studio», sebbene finito dall’ottobre del 1901 — per ragioni indipendenti dalla mia volontà — non ha potuto veder la luce prima d’oggi.

Nel frattempo, molti egregj dei quali ho parlato, e che ho citato più volte, sono passati a miglior vita — come il Larroumet, il Fouquier, e il Muhlfeld; varj cambiamenti sono avvenuti nei teatri parigini; alcune nuove circostante si sono prodotte. Niun dubbio, quindi, che il lettore vorrà tener conto della prima data: «ottobre del 1901 ».

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