Tidmann, Christian au fond, Musaraigne, Annibal
34 PIGCOLINO.
TIDMANN,
Puisque vous voilà, Marthe... j'ai à vous parler.
MARTHE
A moi?...
TIDMANN.
Oui!... J'ai un reproche à vous faire.
MARTHE
Un reproche?
TIDMANN, avec bonté, lui prenant les deux mains et la faisant descendre.
Oui, mon enfant!... Voyons, Marthe, il y a six mois que je vous traite comme ma fille, n'est-ce pas?... Et jusqu'ici votre conduite m'a prouvé l'excellence de votre cœur... Quant à l'intelligence, je n'en parle pas; je me suis souvent demandé où vous preniez le courage d'apprendre si vite et si bien... Mais ce qui me fâche et m'inquiète, c'est de voir, après mes leçons, succéder à cette fièvre de travail une tristesse, une mélancolie inexplicables!... Alors, vous n'avez plus qu'un désir : sortir, sortir bien vite, et courir les champs toute seule... Est-ce vrai, mon enfant?...
MARTHE
Oui, monsieur.
TIDMANN.
Malheureusement vous ne rapportez de ces sorties journalières qu'une tristesse plus profonde, et depuis deux mois surtout, ce mal secret grandit au point de m'inquiéter sérieusement... Je vous en prie, Marthe, répondez-moi. Souffrez-vous?... Que vous manque-t-il?... Quel chagrin mine votre santé?... Enfin, Marthe, mon enfant!... ma fille!... •qu'avez-vous?...
MARTHE
Ah! monsieur, ne me le demandez pas!.. „ Tout!... tout!... «excepté cela!