‹ Piceunec le mauditChapitre 18 sur 40 · POINT DE PORTE DE DEERIBKE · texte numérisé non relu

POINT DE PORTE DE DEERIBKE

Quelques jours après le voyage de Robert et de Chariot à Lotbinière, et leur visite par trop intéressée au marchand bossu, un Monsieur Gagnon, barbe grisé, figure insignifiante, vint s'installer avec sa femme, une vieille laide, mais alerte et pimpante, et une servante bonne enfant, dans une maison du voisinage, qu'il acheta et paya comptant — Chose assez rare pour être signalée, d'autant plus qu'à la maison attenait une fort belle terre. Le bossuûairant une bonne pratique, alla présenter ses hommages à la dame nouvelle, et, bientôt la plus étroite amitié lia les deux maisons. Si Madame Gagnon ne se fut pas révélée, en même temps, si dévote, on eut pu craindre le

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j en des manvaises langues, car les visites da bossu devinrent bien fréquentes, et Madame allait acheter souvent. Elle achetait sans doute pen à la ibis. Le mari paissait pour nn bonhomme, qn de ces hommes^ commodes qui ferment les yeux ■pour ne pas voir. Mais qn'avait-i! besoin de regarder ? Madame se faisait conduire ei souvent à l'église, et puis, elle était dans la soixantaine !

Victor Letellier avait été douloureusement surpris de voir l'indigence dans la maison d6 sa mère. A sa dernière vacance encore, il avait trouvé la demeure modeste enveloppée dans une atmosphère de paix et de félicité. Tout lui avait souri comme autrefois ; les arbres feuillus et les fleurs du jardin, leseuii antique et le foyer solitaire. Le pain n'avait pas manqué sur la table, ni la gaité dans le cœur de sa mère. C'est peut-être que l'écolier, que l'étudiant, fatigué des murs du collège qu'il ne peut franchir impunément, altéré de soleil, d'air et de liberté, se plaît, dans son'exaltation, à revêtir, comme d'un nimbe lumineux, tous les objets qu'il a regrettés longtemps, et longtemps évoqués dans ses rêves. Depuis plu-

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siauTs années, en effet, la maison de la Tenre Letollier s'en allait en ruine. Dn contrerait était tombé, et le gond de fer rouillé qui le

. soutenait -depuis vingt ans n'avait pas été remplacé par uagond neuf; le pignon dépeintoré

- laissait voir, comme une tache hoateose, sa petite fenêtre brisée, ou les ch&peans de paille remplaçaient Les vitres ; le perron devenu poussière sons la pluie et les pieds, se voyait remplacé par une bûche de merisier mal Êcarrie. Les bardeaux de la couverture se garnissaient d'une mousse verdâtre. Le lambris du carré, blanchi à la chaux autrefois, avait pris une teinte grise et sombre sons 'Faction de la pluie. La grange ne se portait pas mieux, et, sans de forts étais qui la sontenaient encore, le vent de nord-eat qui souffle fort en cet endroit, l'eut couchée sur son vieux châssis en pourriture. La misère s'échappait par tous les ais, par toutes les pièces, et cependant le jeune avocat ne venait que de l'apercevoir. Il en ressentit une profonde commotion. Tout son passé de joie et de lumière se perdit dans une ombre épaisse! il regretta d'avoir été heureux pendant que ^a mère souffrait.

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TJq inslaot l'amoar — ce baume divin auquel nul ne réeiste — l'amour calma son chagpin et lui rendit le bonheur. Mais ici encore le calme présageait la tempête, le soleil annonçait l'orage. Marguerite, qu'il avait vue si rieuse et si aimante, était devenue tout à coup ehagrioe et presque sauvage. Bile semblait se troaver mal à l'aise devant lui, et paraissait le fuir. Un changement aussi prompt é:t»ît inexplicable et portait le trouble d^ns son âme. Il était T«Hu débordant d'ivresse et d'eepé- Taace, il allait re^urttr dfésespéré. Il étsit venn se reposer dans la solitude des champs, se distiaire dans les plaisirs-du village, avant d'entrer dans l'arène où chacun combat contre touB pour conquérir ea part des biens de la vie, et il allait, comme un coursier que l'on presse d'atteindre le bat, continuer sans repos, sa marche difficile. Il lui tardait de rendre à sa bonne mère un peu de tout ce bien qu'elle lui avait fait ; et, si la fortune tardait trop à venir, il trouverait, d'ans la maison de Picounoo, un refuge à cette femme aimée. Et même, n'était-ce pas là la voie la plus courte pour arriver à la félicité ? Le mariage de Piconnoc et de

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Noémie ne seraît-il pas le gage de l'anion de "Victor et Margaerite ?

— Oh! les jours sombres achôvent, et j'ii tort de me désespérer, se dit enfin le jenne avocat ; encore quelques mois et, sans doute, l'allégresse rayonnera dans tous nos cœurs.

Avant de s'en retourner à Québec, Victor alla faire ses adieux à Marguerite. Il dissimula d'abord, sous un air d'indifférence ettm ton badin, le chagrin dont il était rempli Marguerite éprouva un long serrement de cœur en le voyant parler aussi gaîment de son départ,

— Ta pauvre mère va s'ennuyer, dit-elle

— Je lui écrirai souvent

— Viendras-tu cet hiver?

— Peut-être aux jours gras, si je gagne quelques dollars pour payer ma voiture,

— Papa va toujours à la ville pendant l'hiver, il se fera certainement un plaisir de t' emmener.

— Si tu m'aimes encore, dans ce tempg-là, tn le chargeras de me voir mais

— Maisl que veux dire cernais?

— y autre jour, t'en souviens-tu ? tum'aimaii beaucoup.

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—Si je m'en souviens !

—Laisse-moi finir... Aajourd'imi, tu m'aimes

un peu.

— 0n peu ! fit Marguerite avec reproche.

—Laisse- moi finir.

—Non, tu finis trop mal

— Cet hiver, tu ne m'aimeras plus !

Marguerite ne répondit pas, mais elle leva sur Victor un regard si doux, si plein de prière et d'amour, qu'il se sentit troublé jusqu'au fond da coeur.

—Marguerite, dit-il, pourquoi me regardestu ainsi ?

— Victor, pourquoi parles-tu comme cela?

Et les deux jeunes gens se regardaient fixement, avec douceur, avec volupté. Peu à peu leurs yeux se r^plirent de larmes, leurs mains se joignirent, un cri parti du cœur :

—Marguerite !

—Victor !

Piconnoc parut. Le traître ! se montrer dans un pareil moment ! qu'il soit honni de tons les amoureux ! '

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— Marguerite, Monsieur Chèvrefîls, dit-il, en présentant le bossu. L-x bossu suivait.

Picounoc ne savait pas Victor était là, dans un charmant tête-:i-tête avec Marguerite. 11 parut surpris, et le bossu lit une grimace éloquente. Marguerite s'avança vers lui :

— Je vous présente Monsieur Letellier.

— O'egt-à-dire notre voisin,, reprit PicounoCi moitié sérieux, moitié badin, ie lils de la veuve Noémie que vous connaissez bien.

— Oh! c'est ce jeune homme que nous avons protégé ? Je suis heureux de faire yotre conîiais5ance,«Monsieur, dit-il au jeune avocat, en lui tendant la main.

— J'aurais voulu vous connaître plus tôt. Monsieur Chèvretils, répondit Victor, j'aurais

dû vous connaître plus tôt, puisque de

concert avec M. St. Pierre vous aVez fait du

bien à ma mère et vous m'en avez fait à

moi-même!

— Bah ! ne parlez pas de cela, je vous prie, c'est si peu de chose !

— Vous avez fait beaucoup. Monsieur, mais cependant, si votre générosité n'est pas satis-

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faite, il se présente une heureuse occasion de l'exercer encore.

Le bossu se sentit pris. Il babaltia pourtant :

— Qne faudrait-il donc faire encore ?

— 11 faudrait ne pas faire vendre tnaiiilenant la terre de ma mère.

— C'est la nécessité, Monsieur. Le commerce a des exigences ah! vous êtes neuf,

vous ne connaissez pas encore les mauvais côtés de l'existence.

—C'est vrai, mon Victor, ajouta Piconnoc ; et ce 'Serait mal juger M.. Chevreiils, qne d« le croire dur ou insensible, parce qw'il use de moyens extrêmes pour recouvrer son argent.

— Au reste, ajouta le bossu, si vous désirez perler aSaires, Monsieur Letellier, je demeure .~. It. rivière du Chêne, près du grand pont. jN ous serons seuls, eties dames, par conséquent, ne s'ennuieront pas à nous entendre.

— Je lu'intérpfse beaucoup à madame Letellier, dit Margnerite, et vous pouvez parler d'elle en ma présence aussi longtemps qu'il vous plaîra,

— Merci, Marguerite, dit Victor.

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— Et xxn peu à Monsieur" Letellier, n'est-ce pas? demanda le bossu en essayant de rire.

— Victor est mon ami d'enfance,

— Et je parie, Mademoiselle, que vous poniriez dire plus encore, si vous écoutiez votie cœur.

Marguerite eut envie de dire hautement:

oui ! mais elle songea à son père, et fit taire le cri (le son âme. Victor était blessé du ton fendant qu'avait pris le marchand ; il eut envie de répliquer de la même fiiçon, mais la crainte d'être impoli ou de déplaire A Picounoc, retint sur ses lèvres toute parole otleusanle. Il reprit après quelques minutes, changeant de sujet :

— Vous avo^étô victime d'un vol ? M. Ohévrefils ?

—Oui, Monsieur, d'an vol considérable ! Et vous comprenez que cela ne règle pas mes affaires, ne paie pas mes comptes.

— Et chasse un peu la bonne humeur, ajouta Victor en riant.

— C'est vrai ! c'est vrai ! il faut l'avouer. — Vous n'avez pas retrouvé les voleurs?

^Je les ai suivis à la piste.

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— Et ils sont arrêtés ?

— Pas encore, mais ils le seront ; je sais on les prendre ; je connais lear cachette.

— Vraiment !

— Kobert et Chariot sont les plos anciennes pratiques de la mère Labonriqae.

— La mère Labomiqne! exclama le jeui^e avocat, la mère Labouiiqiie, je connais ça ! J'ai Tooln voir de mee yeux le sale tripot dont j'ai tant de fois entendu parler. C'est là qu'autrefois une trame infâme avait été ourdie contre mou père, jeuue encore, et eaiis expérience. Toute mie société de brigands tenait là ses quartiers généraux et décrétait ses arrêts de mort contre ceux qui lui portaient ombrage. Mais mon père, grâce à Dieu, avait fini par triompher de ces misérables. L'un d'eux, s'il vit encore, doit se souvenir d'un coup de rame qui ht sa marque, un autre perdit un pied, un autre, le plus puni de tous

Il s'arrêta soudain, et rougit comme un homme qui vient de dire une chose insensée. Il est maladroit de parler de corde dans la maison d'un pendu. Le jeune avocat s'efforça de racheter son imprudence en disant : •

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— Heureusement que les fils ne tiennent pas toujours de leurs pères !

Marguerite observa le trouble de son ami, et fut frappée de la manière inattendue dont il terminait cette scVriie contre les bandits dn temps passé. Elle ignorait, la pauvre enfant, que le chef de ces scélérats, celui dont la mort avait été si terrible, était son aïeul, lu père de son père.

— Achève donc, Ticlor, dit-elle ingénuement; je n'ai jamais entendu raconter cela, moi

Picounoc lui imposa silence d'un regard et, quand il vit qu'elle ne comprenait qu'à demi:

— Il y 3 des choses, dit-il, que les jeunes filles ne doivent pas entendre.

Marguerite crut qu'elle avait manqué de réserve, et' se retira loute confuse. Le bossu demeurait inflexible sous son masque de barbâ noire. Cependant, il brûlait de ses yeux fauves le jeune homme imprudent.

— "L'Etoile" part vers midi, dit le jeune avocat, je n'ai que le temps d'embrasser ma mère en passant et de m'embarqaer : Je vous dis stlieu.

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— Ta descends à Qaébeo? Je croyais que tu passais un mois au moins arec nous, dit Piconnoc étonné

— Ma mère est pauvre et je pais travailler pour la secourir.

— Ta mère ne manquera de rien, Yictor, je te

le jure, reste si tu veux Mais enfin c'est le

devoir d'un bon fils de travailler ponr ses parents Dieu te bénira, mon enfant, va, tu

fais bien. Et ii tendit la main an jeune avocat.

— Au revoir, M. Chèvrefils, dit Victor au boseu.

Le bossu lui serra la main d'un mouvement convulsif comme pour lui rompre les os.

— Kst-ce l'amitié ? demanda Victor.

— C'est pour vous remercier du souvenir que vous avez évoqué tout à l'heure.

— Le souvenir des brigands?

—'Oui, j'ai connu votre père .je l'ai aimé

oh ! beaucoup aimé. Oe brave Djos! c'est

dommage qu'il soit mort si vite

— Oui, Monsieur, c'est dommage, car les hommes honnêtes sont assez rares.

— Il est mott trop tôt; j'aurais bien aimé à

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le revoir. C'est nn toar qu'il nous a joué, le gascon ! partir si jeune et si vite !

Victor et Picounoc regardaient le bossn avec étonnement.

— Tu as connu Djos? demanda Picounoc.

— Je l'ai connu, bien sûr, et peut-être mieux que toi-même.

— Tu ne m'as jamais dit cela.

— Il y a bien des choses que je ne t'ai jamais dites.

— Où l'as tn connu ?

— Où? un peu partout, que diable! Il a voyagé ce garçon, et moi, je ne suis pas resté les deux pieds dans un sabot.

— C'était un brave homme en effet, et, s'il n'euf eu ce moment de folie que vous savez, la jalousie

— La vertige ! le vertige de l'amour, quoi !

c'est quelque chose de dangereux 11 avait

pourtant une femme honnête et dévouée!

— Une belle et adorable femme ! ajouta Picounoc avec passion.

— Que voulez-vous ? reprit le bossa, la jalousie est le plus horrible des aveuglements, et le fruit défendu sera toujours le meilleur.

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Victor expiait les paroles impradentes qn'il avait dites tout à l'heare. A son tour il souffrait, et le souvenir que l'on évoquait lui était bien amer.

— J'ai pardonné, reprit Picoanoc hypocritement ; j'ai fait le bien pour le mal, Dieu le sait, cela me suffit. Ne parlons pins de cet homme, ni de ces choses.

— Parlpz-en à votre aise. Messieurs, je m'en vais, dit froidement le jeune avocat.

Et il sortit. Marguerite le reconduisit jusqne sur le seuil de la porte.'

— Marguerite, dit-il, [je n'aime pas ce bossu,tine vois intérieure m'avertit de me déiier de lui.

— Il passe cependant pour un honnête homme ; sauf qu'il aime trop l'argeut, paraît-il.

—Les hommes qui aiment trop l'argent sont bien dangereux.

— Comment cela?

— Parceque, pour avoir cet argent qu'ils cou- Toitent, ils se font les instruments de -tontes les passions, les complices de tous les crimes.

— 11 a feit du bien à ta mère.

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— Oui, mais afin de lai faire plus de mal ; c'est le raffinement de la méchanceté. Je vois clair tout à coup. Cet homme a jeté son argent sur notre terre, comme on jette, un filet. Il nous tient et ne nous lâchera que pour nous chasser de notre foyer-

—Si tu Bavais comme je le hais cet homme,

et mon père veut que Picounoc et le bossu

sortirent de la chambre voisine, ce qui empêcha Marguerite d'achever sa confidence.

Les amoureux sont perspicaces, Victor devina ce que Marguerite n'avait osé achever, il jeta un regard inquiet sur la jeune fille.

— Je comprends tout dit-il ah! voilà

pourquoi tu me recevais si froidement tantôt-.

— Victor, on nous observe je t'aime et

je le déteste. Es-tu content ?

— Marguerite, merci ! au revoir ! à bientôt \ Picounoc trouva un prétexte pour sortir et laisser seuls Marguerite et le bossu. La jeune fille eut voulu se voir ou plutôt le voir loin. Quoi de plus insupportable en effet que les assiduités d'un homme que l'on hait ? Le bossu se faisait beau autant que possible,

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PICOOKOO LI MAOBIT.

prenait des airs câlins, mnltipliait les sourires agaçants et les regards de feu, toat cela en pure perte, Marguerite était toute ailleurs. Sa pensée voyait d'antres regarde et d'autres sourires plus doux, une figure plus jeune, pins belle et pins noble.

— Voua ne m'aimez donc pas un peu, Marguerite ? risqua enfin le bossu à bout de patience.

— Pas du tout, Monsieur.

— C'est franc, mais c'est dur.

— Et c'est vrai, ajouta la jeune fille.

— Vous m'aimerez plus tard, quand vous serez ma femme.

— Quand je serai votre femme ?

— Oui. Il le faut, vous le savez.

— Je ne suis pas encore convaincue

—Cependant vous avez vu votre père à vos genoux

Marguerite, brusquement émue par cette parole, resta sileipîieuse.

— Je vous l'avais dit, ajouta le bossu. Je sais ce que fais, et j'obtiens toujours ce que je veux.

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—Toujours ?

— Oui, toujours, et, bien que voos ne m'aimiez pas, je vous aurai.

La froide ténacité de cet homme eSiayait Marguerite.

—Qui êtes-Tous donc, dit-elle, pour parler ainsi ?

— Qui je suis ? votre futur mari.

— A quand notre mariage? demanda- 1- elle ironiquement. '

— A bientôt, mademoiselle.

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