‹ Piceunec le mauditChapitre 23 sur 40 · C.a.t: :i-.,C(K>tjl>J · texte numérisé non relu

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neviève, que vous revenez à votre bon temi^s, observa Noémie.

-T-Vons voulez dire au temps où je n'étais pas folle? Défiez'vons de ceux qui sont trop fins.

La porte de la maison s'ouvrit tout-à-coup et un jeune homme entra. C'était Victor. Il courut à sa mère, l'embrassa avec effusion ; C'est donc fini ! balbutia-t-i]. Noémie, les yeux pleins de larmes, resta silencieuse.

—Ce n'est pas fini, interrompit la folle, ça commence.

— Tiens, G-eneviève ! bonjour, dit le jeune avocat. Et toi Agnès tu es bien #

— Aussi bien que possible.

— As-tu vu, JM. Saint-PieiTe, mère? demanda Victor d'une voix fort mal assurée.

—Oui, il m'a dit de ne pas perdre courage, et de ne le point mal juger, s'il avait acheté la terre.

—Le misérable! murmura Victor.

I —Noémie, la folle et Agnès auraient vu la fondre tomber an milieu d'elles qu'elles n'eussent pas été plus surprises.

— Victor ! exclama la veuve.

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—Oui, le misérable ! et je vais, dans l'instant, lai dire à sa face qa'ii est an misérAble...

— Mais pourquoi, mon enfant, parl*-ta ainsi ? Tu ne sais donc pas tout ce qa'ii a fait pour nous depuis vingt ans ? Parce qa'unjonr il cessera de nons donner, noas lui jetterons l'outrage à la figure ? Est-ce là de la reconnaissance?

— Vous ne savez pas ce qu'il a fait

— Et quand même il aurait acheté notre terre! KUe était à l'enchère, n'avait-il pas le droit de l'acquérir ? Ne vaut-il pas mieux qne ce soit lui qui l'ait achetée

— On parle de la bête, on en voit la tét«, s'écria la folle

Tous les yeux se tournèrent vers la porte. Picounoc entra. Il salua les femmes et s'avança pour donner la main à Victor.

— Jamais ! dit avec feu le jeune avocat.

Piconnoc pâlit légèrement : Pourquoi me refuses-tu la main, dit-il? il me semble que...

— Il me semble que vous devez vous l'imaginer pourquoi reprit vivement Victor.

— Mon Dieu ! qu'est-ce que cela vent dire ? demanda Noémie inquiète.

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— Si cet bomme l'eot roalo, ma mère, la maison où noas ne sommes plus que des étrangers serait encore à nous

Une poignante émotion serrait Je cœur de Noémie. Ficounoc regardait Victor arec une assurance étonnante.

— C'est toi qui m'accuses de la sorte ? dît-il . .

— Oui, je vous accuse etje vous convaincrai ?

— Voilà comme l'on juge mal, quand on ne juge que d'après les apparences. Ab ! tous tous qui m'entendez, souvenezrvous de cette parole: les apparences sont souvent trompeuses, et il ne faut jamais se hâter de condamner son semblable.

— Et votre lettre au notaire Eaiidin ? reprit le jeune avocat.

— Eh bien ! ma lettre ?

— N'est-elle pas une preuve de votre mauvaise foi ?

— Je ne crois pas, monsieur Victor.

— L'en!endez-vous? il ne croit'pas que cette lettre le condamne ?

—De quelle lettre veux-tn donc parler, Victor ? demanda la vcnve avec émotion.

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— Mère, écoutez-moi ! j'avais trouvé de l'argent pgur payer M. Ohèvrefils et empêcher la vente de nos biens. Le notaire qui me foarniesait cet argen t est un ami de M. Saint Pierre. Or, aujourd'hui que tout le monde est malhonnête, paraît-il, on prend mille précautions pour placer tes deniers. Le notaire écrivit à notre bon ami qae voici, pour lui demander s'il y avait quelque danger à nous faire ce prêt, et notre bon ami lui a répondu de ne rien prêter.

— Mon Dieu! mon Dieu! s'écria Koëmie, serait-il donc possible ? Vous ! vous Pierre- Enoch, vous avez fait cela ?

La folle regardait tout le monde avec des yenx étranges, et elle riait d'un rire qui faisait mal.

— Voilà l'amitié ' de cet homme ! reprit le jeune avocat, d'un ton de mépris.

— Ah ! j'étais pourtant bien assez malheareuse ' soupira Noémie, et ses beaux grands yeux, chargés de reproches, s'arrêtèrent sur l'homme hypocrite.

— C'est vrai, leprit Picounoc avec lenteur.

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c'est vrai que j'ai fait cela : mais je n'avais pas de mauvaise intention.

— Tons vouliez -acquérir une terre à boa marché, répliqua Victor.

— Et qu'importe le bon marché, puisque la propriété a toujours sa valeur, et que ce n'est pas pour moi ?

— C'est pour le bossu, je suppose? Vous vous êtes, entendus pour nous ruiner?

— Victor, tes paroles me feraient bien du mai, si je ne comprenais pas, qu'en effet, les apparences sont contre moi ; mais je te les pardonne parce que je t'aime, et parce que j'aime ta mère

Noémie rouijit et se retira en arrière: C'est fini entre nous, murmura-t-elle

La folle battit des mains.

— Noémie, dit Piconnoc, détestez-moi, si vous le Voulez; oubliez tout ce que j'ai fait pour vous ; refusez-moi votre main que je sollicite depuis si longtemps; mais vous ne m'empêcherez pas de vous aimer et de vous faire du bien. Tenez, prenez ceci^l lui remit un papier soigneusement plié—c'est l'explication

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de ma conduite et ma jostificatiott, je l'espère.

Le jeune avocat reconaat un acte notarié. Il prit le papier des mains de sa mère, et le parcourut en un clin d'œil. A mesure qu'il lisait, sa figure reflétait toutes les impressions de son âme. Il pâlit, il rougit, il eut des sourires ef il finit par pleurer.

— Pardon ! monsieur Saint Pierre, pardon ! s'écria-til.

Noémie, de plus en plus stupéfaite, se laissa choir sur une chaise. Ses jambes tremblaient et son cœur battait à rompre sa poitrine. Agnès avait des larmes dans les paupières, sans savoir pourquoi. La folle, les poings serrés, murmuraient des mots inintelligibles.

— Je te pardonne, mon Victor, dit Picounoc, réellement ému. Je to le disais il y a une minute: les apparences sont trompeuses. Que cette leçon te serve pour l'avenir ! il est possible que dans la carrière où tu es entré, cette vérité soit souvent bonne à méditer.

Victor tenait serrées dans ses loyales mains les mains coupables de l'habitant.

— Mère, dit-il, nous sommes riches! cettp

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maiBOQ est encore à nous. Yoici l'acte de donation.

— Oai, Noémie, reprit Picounoc, je vous ' rends votre propriété. Je ne l'avais acquise

que dans ce but Elle est à vous plus que

jamais, et voas ne rae devez rien !

U n'était pas vrai que Picounoc avait acheta cette terre dans le but de la rendre ainsi, de suite, et sans corapensation aucune à la veuve indigente. Il avait imaginé ce procédé loyal et généreux pour déjouer les menaces de l'ami bo?su. Certes ! jamais moyen ne fut plus noble ni plus sûr. Et le sacriËce, après tout, n'existait qu'en apparence, puisque, selon toute probabilité, la ferme et la veuve reviendraient bientôt au rasé donateur. Le bossa pouvait parler maintenant, et dire de son ami Picounoc tout le mal qu'il voudrait, Picoxinoc se trouvait protégé par la plus forte des égides : une grande et belle action. Il regrettait une chose, c'était de n'avoir pas songé à cela plus tôt. Il ne se serait pas humilié devant sa fille, et ne l'aurait jamais sollicitée de prendre pour mari l'infàmo bossu. Ans paroles de Picoanoc, Noémie avait répondu : Je no vous dois rien, dites-vons ? Oh ! je sens, moi, que

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je vous dois tout mon bonhenr ! Uomment pourrai-je m'acquitter envers vous ?

— Comment? Noémie, répliqua Picounoe, TOUS ne l'ignorez pas, mais tous ne le voulez peut-être pas encore

— Ma mère n'a plus rien à vous refuser, se hâta de dire le jeune avocat, qui entrevoyait tout-à-coup un avenir de félicité pour sa mère et pour lui-même.

— Voua l'entendez, Noémie, reprit Picounoe anxieux et presque tremblant.

— Vous nous avez comblés de tant de bienfaits; vous venez encore d'accomplir une aï généreuse action, que je croirais m'attirer la haine de mes amis et des reproches du bon Dieu, si je refusais plus longtemps de

EU n'acheTa pas. Elle avait la chaste timidité d'une jeune fille.

— De devenir ma femme, Noémie ! achevez, de grâce 1 dites-la cette parole que j'attends depuis vingt années et qui va me rendre le pluB heureux des hommes !

— De devenir votre femme! achâva-t-

elle à voix basse en rougissant

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— Merci,''^Noémîe, merci ! oh que je suis hsareux! Et, saisissant les mains de la femme charmante qa'il avait enfin réiissi à attendrir, Picoiinoc les couvrit de baisers.

— Etquand serez-vous prête à venir prendre la première place dans ma maison ? demanda- t-il.

—Je vovia le dirai ces jonrs-ci.

— Monsieur Saint Pierre, commença Victor, quand on fait du bien à ses amis on ne saurait trop en faire. Vons êtes bon et généreux, soyezl© pour tout le monde, soyez-le à l'excès,

— Eli bien! que veux-tu, mon Victor? où

vas-tu arriver avec ce discours? reprit

Picounoc en l'interrompant.

— Je voudrais aussi moi arriver à la félicité.

— Tu serais bien chanceux, jetme comme tu l'es. Moi je n'y arrive qu'après bien des années d'ennui, de peine et de chagrins,

— Vous m'effrayez, et je n'ose plus parler.

— Parle, moq ^ufftnt. parle ; si ton bonheur dépend de moi, tu l'auraç, car je ne sais pas d'hurnenr à te faire de la peine anjoard'hui....

—rie voQB demandeiamain de Mtirgaerii^,..

— La main de Uavgaente, disitu ?

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— Oui et ne roe la refusez pas, je vous ia

demande aa nom de la félicité qui remplit votre cœur, au nom de la joie qui remplit oelte mnison

—Ça, mou Victor, ce n'est pas mon aSaire à moi seul. Va trouver Marguerite et arrangez-vous comme vous l'enteudrez, répondit en riant le joyeux Piconuoc.

Victor, ne se le lit pas dire deux fois

Débordant d'ivresse; il courut auprès de la jeune iille. Picounoc passa ia soirée avec sa future. La folle, assise dans un coin, paraissait plongée dans une stupeur profonde : 11 n'est donc pas méchant, pensait-elle. C'est moi qui suis véritablement folle, véritablement méchante. Tout ce qu'il disait, tout, ce qu'il faisait c'était pour le bonheur de Koémie ! ..... qui aurait pu deviner cela ?

— Marguerite ! s'écria Victor entrant chez Picounoc.

— Victor! répondit la jeune fille.

Et une chaude poignée de main s'échangea. Je nejurerais paeque les échos solitaires de la mansarde ne furent point éveillés par un bruit mystérieux comme celai d'une bouche

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ardente sar «ne joue rose : je ne jare de rien.

— Depuis quand es-tu ici ? demanda lajeane fille.

— J'arrive.

— As-tu TU ta mère ?

— Oui, et ton père aussi.

— Papa? où? chez-vous?

— Chez uia mère. Sais-tu l'affaire?

— Quelle aflaire?

— Ton père sera bientôt le mien, et ma mère sera )a tienne

— Vrai? Tu ne m'abuses pas il aurait

consenti

— A devenir le mari de ma mère

— Ah! fit la jeune fille un peu désappointée

— Et toi, Marguerite, reprit Victor, consentirais-tu à devenir ma femme ?

— Tu le sais bien, Victor. ..mais mon père...

— Il m'envoie régler cette douce petite affaire avec toi.

—Ta m'étonnes ! En vérité, il consent ?

— Il consent!

S50 PIOODNOO LE MAUDIT.

—Je pleurais ce matin oh! que j'étais

loin de soupçonner toute la félicité que devait m'appoiter le soir !

Le lendemain matin, Picounoc chantait eu allant à la fenaison, et, quand il s'arrêtait pour aiguiser sa fanis, on aurait dit que la 'pierre iaisait aussi chauler l'acier sonore. Tout riait dans la prairie. Le foin était plus embaumé, le soleiF, plus brillant, le rent, plus frais. Oh ! que tout est beau dans la nature quand notre cœur est plein de joie ! Marguerite, en faisant le ménage, se surprenait à sourire, et, à tout instant les éclats joyeux de sa voix sejmêiaient aux accents des petits oiseaux curieux juchés . dans les peupliers, Victor et sa mère causaient ensemble des douleurs du passé, des surprise» du présent et des joies de l'avenir.

11 fut décidé que les deux mariages auraient lieu le 15 d'Octobre et seraient célébrés à la même messe,

Victor revint à Québec plus joyeux qu'il n'en était parti. 11 se remit au travail avec nn zèle admirable, et la pensée de Margne- -'rite l'aignillonnait en embellissant ses jours.

Un Boir, le bossu se présenta chez son ami

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Ficoniioc, Il avait revêtu ses habits de drap noir et planté sur sa tète un caslor à peine étrenné, Margaerite le salua en souriant d'une façon tout à fait gentille. Il en fut charmé, car elle avait coutume d'être avare de ses souriree. Il crut que c'était un heureux présage : Je savais bien, pensa-t-il, avec un grain de vanité, qu'elle finirait par s'apprivoiser. Les femmes ne résistent pas longtemps à l'or que l'on fait miroiter è lenrs regards......

Les femmçs choisiront toujours pour mari le plus riche de leurs prétendants, et elles ont raison, car l'amour est un enfant gâté, et le gaenz ne saurait satisfaire ses fantaisies.

Picounoc se présenta tout à coup et fit envoler la dissertation du bossu. Les amis se serrèrent la main, parlèrent assez longtemps de choses insignifiantes, car lorsqu'on parle beaucoup, il est difficile de dire toujours des paroles sages ou utiles. Le bossu avait l'air mal à l'aise. On voyait qu'il était tourmenté d'une pensée fixe. Il suivait du regard la jolie fille qui, mettant la dernière main au ménage, passait et repassait gracieuse et charmante, devant lai. A la tin n'y tenant plus :

— Je suis venu te demander la main de ta

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fille, dit-il à Picounoc, assez bas pour n'être pas entendu de Marguerite.

— Parle-lni, mon cher, ta connaîtras ses intentions, ses idées. Si elle n'a pas d'objection, je n'en ai aucune, répondit l'habitant. Et il sortit, laissant son ami seul avec Marguerite.

Le bossu, plein de confiance, crut que la chose était réglée d'avance, et "^u'îl n'avait qu'à s'annoncer. La gaîté toute nouvelle de Marguerite en faisait foi. Il s'approcha de la jeune fille, en se dandinant, la bouche en ccBur, et ,1a convoitise dans les yeux. Comme il se levait Geneviève entra. Il fut un peu décontenancé : Bah ! c'est une folle, pensa-t-it, qn'ai-je besoin de me soucier d'elle ?

Geneviève demanda une tasse de lait à Marguerite qui s'empressa de la servir, et loi offrit l'hospitalité pour la nuit. La folle se mit à danser pour manifester sa joie. Elle dansait encore bien. Le bossu lui dit : Ta te souviens encore de ta jeunesse, je crois.

— Te souviens-tu de ta tienne, toi ? lui répliqua-t-elle brutalement.

— Non, je l'ai oubliée

— Si tu l'as oubliée, je m'en souviens, moi.

PIOOUKOO LE kAUDIT. 353

— Ta as ane bonne mémoire.

— Une mémoire de folle.

Il rit de la repaitie, mais à contre cosnr, et n'o&a plus faire endéver la malhenreuse femme, Se tournant vers Marguerite :

— Marguerite, vous savez que je vous aime, commença-t-il.

— Voua me l'avez dit, Monsieur, répondibelle.

—Vous êtes l'unique objet de mes désirs. —C'est possible.

—Je ne rêve qu'à vous, je ne vois que vous

nuit et jour

— C'est trop.

— Trop ! oh ! non ! je voudrais plus encore.

—Oui!

— Je voudrais oh! vous me comprenez

n'est-ce pas?

—Peut- être.

— Laissez-moi vous Je dire quand même.....

— Je voudrais être aimé de vous..

—De moi ?

,,Gootjl>j

SS4 PIOOtlMOO ht KÀUDIT.

— Oui, de vous! je vous l'ai dit cent foie !

— An moins !

— Je Yondraia être aimé de yoas! Je

Tondrais qne tous fassiez ma femme.

— Votre femme !

—Oui, ma femme! Margaerite, le T0iilez> vous'

— Non, monsieur.

Un foa, sur la tète duquel on fait tomber une douche froide, n'est pas plus surpris que ne le fut le bossu à cette parole. II fit an pas en arrière, devint blême comme la çhaur, et resta longtemps sans rien dire. A la fin il soupira :

— Vous me refusez î

— Oni, monsieur.

— Pourquoi ?

— Parce que j'en aime un autre, et que je suis ea fiancée. Je ne suis plus libre.

— Vous? vous-êtes fiancée?

— Moi-même, monsieur.

— Depuis quand ? à qui ?

— Depais quelques temps, à M.Letellier.. ..

— A M. Victor Letellier ! le garçon de

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PICOONOa LG «AUDIT. 356

Djos! le fils du meurtrier de votre mère !.....

ah ! vous n'avez pas de cœar !

— MoQsienr, de grâce ! taisez-vons !

La Mie écoutait le bossa atteatirement et le dévorait des yeux

—Le fils de Djos l'ancien pèlerin! continua le bossu, ah ! j'ai bien con la le père !

si le garçon est aussi drôle ! Djos, Djos, le

miaérable ! c'est donc lai encore qui me brise mon bonheur I

— C'est son fils. Monsieur, qui brise votre bonheur, et, si ce n'était paaj son file, ce serait le Sis d'un antre.

— Malheur ! malheur ! je regretterai toujours! Il s'interrompit, voyant tout-à-conp

qu'il déraisonnait ou devenait imprudent,

— Où est votre père Marguerite ?

— Ici, dit une voix forte maia toujours nasillarde. C'était Picounoc qui rentrait.

— Picounoc, te moques-tu de moi ? reprit le bossu tout tremblant de rage.

—Pas du tout, mon ami.

— Ta m'as promis la main de ta lille, et je la veux, entends-tu?

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356 PICOUNOO LE MACDIT.

—Prends-la ?

—Comment ? prends-la ! Ta veux plaisanter, hein? tu veux me rendre ridicule? rira bieu qui rira le dernier ! Je t'ai déjà forcé à t'agenouiller devant Marguerite, ta t'agenouilleras devant moi ! je parlerai, Picounoc ! je dirai tout ! entends-tu, tout !

— Mon père ! s'écria Marguerite, qu'y a-t-U donc?

— Ah ! votre ilancé ne voudra plus de vous, bientôt, Mademoiselle, et je rirai de votre angoisse Madame Letellier maudira l'homme

qui l'a persécutée secrètement toute sa vie !

Ah ! les fiancés d'aujourd'hui sont les ennemis

jurés de demain ! Je sais bien des choses

moi ! hurla le bossu fou de colère

Picounoc était sérieux. Marguerite, étonnée des paroles terribles du bossu, regardait 60U père avec terreur. La folle riait en vidant sa tasse de lait.

— Tous ne voulez pas être ma femme, Marguerite, repartit le bossn, je vous le demande une dernière fois. Et, malheur à vous ! si

— Un homme qui parle comme vous venez de le faire, un homme qui sait des choses

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comme celles dont vous nous menacez, et qui garde son secret comme une arme mortelle, n'est pas un honnête homme. Monsieur; et je ne veux pas avoir à rougir de mon mari!... Kpaisée par cet effort, Marguerite, pâle, e8rayée, se renferma dans sa chambre.

— Picounoc, dit le bossu, je m'en vais déclarer à Noémie tont le mat que tu lui as fait.

— Elle ne te^roira point.

— Je saurai bien la convaincre, sois tranquille !

Et il partit. Il entra en effet chez la veuve Letellier, et lui dévoila toutes les infamies dont Picounoc s'était rendu coupable à son égard. Noémie l'écontait bien paisiblement, le sourire sur les lèvres. Quand il eut fini, elle se leva, ouvrit le placage, prit un papier soigneusement plié dans une petite boîte et le lui remit.

— Lisez, dit-elle, c'est sa jnstificatioli.

Le bossu lit avec stupeur l'acte de donation, le lendit et salua. En montant dans sa voiture, il se dit à lui-même demi-haut, demi-bas : Ce diable de Picounoc est plus fin que moi, s'il n'est pas plus canaille !

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PIOOUNCC LE U AUDIT.

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