‹ Pie IXChapitre 2 sur 22 · DECLARATION · texte numérisé non relu

DECLARATION

Quand Joseph de Maistre dénonce le caractère satanique de la révolution (1), les esprits superficiels croient voir dans cette parole ce qu'il définit lui-même le mensonge des honnêtes gens^ c'est-à-dire une exagération (2). Il n'y a pas cependant de parole plus rigoureusement vraie que celle-là. Suivant les temps et les circonstances , la révolution combat les Rois et les grands ou bien elle se

(1) <« La révolution française est satanique; si la contreu réyolution n'est pas divine, ^Ue est nulle. » Lettre à M. le marquis Qermont Mont-Saint- Jean. Septembre 1815. Lettres et Opuscules, Z* édition, t. I«% p. 359.

Trois moli plus tard, le comte de Maistre écrivait encore la même chose à l'Arohevêque de Kaguse. T. I'', p. 381.

(2) Soirées de Saint- Pétersbourg, YII« Entretien. 6« édition , t. II, p. 46.

sert d'eux. Elle voit en eux des ennemis ou des alliés, selo» qu'eux-mêmes ils défendent ou qu'ils trahissent la cause de Dieu dont elle est l'éternelle ennemie ; car c'est là le caractère qu'on retrouve toujours en elle à travers toutes ses transformations. La haine de Dieu est l'esprit qui l'anime. Et comme elle hait Celui qui se nomme lui-même la •Vérité, elle combat toutes les vérités, elle glorifie toutes les erreurs, car elles sont toutes favorables à son dessein qui est de ruiner la vérité dans les esprits et la pureté dans les coeurs. Malgré son hypocrisie, on la voit^ quand elle explore l'histoire, se dénoncer elle-même en recueillant les noms de tous les hérésiarques et en les invoquant comme ses ancêtres. De là vient que tous ceux qui entreprennent de parler clps actes de la révolution , se trouvent sans cesse amenés à traiter des questions qui parais-

— vn — sent apparbQlÉt bien plus à la Théologie qu'à^ politique. Cette nécessité qu'ont bien connue tous ceux qui ont raconté ce cftae la révolution a fait en France depuis trois quarts de siècle^ pourrais-je y échapper dans le récit des attentats dont la Chaire de saint Pierre a été Tobjet depuis quatorze ans ? Il n'y a pas dans le trésor de nos croyances une seule vérité que la révolu-* tion n'ait tenté de nous ravir. Je sais bien que l'honneur de défendre les vérités de la foi revient surtout à ceux qui ont reçu, avec la science des choses divines, la mission de les enseigner. Cependant, sans chercher jamais l'occasion de défendre contre la révolution ce qu'un chrétien a de plus cher, je n'ai pas toujours eu le courage de la refuser quand elle m'était offerte. Mais je n'oublie point que les intentions les plus pures ne suffisent pas toujours à pré-

server rhomme de Terreur. Iftj« désavoue toute opinion particulière qui se serafit ici glissée à mon insu et aurait pris la place de la croyance de l'Église. Soumis d'esprit et de cœur à sa divine autorité, je crois tout ce qu'elle enseigne , je réprouve tout ce qu'elle condamne ; et, s'il est ici quelque chose Se contraire à sa doctrine, je déteste l'erreur qui a pu me séduire.

En la fête de S. Grégoire VU, 25 mai 1860.

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