‹ Pie IXChapitre 4 sur 7 · U ME IX · texte numérisé non relu

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un Goaai^ire sieer^l leou le 89 vrtW^ 41 «x* prima nettement sa Tolontô et déclara qu'il, ne prendrait aueune part à (a guerre. On sdit Texclamation fameuse du esurdinal Lambruscbini : a Enfin, ii a parlé en Pape. »

Mais le peuple alors parlait en maître. La garde nationale et la populaticm s'emparèdu ebàteau Saint-Ange. Il est domeux que Pife IX eût échappé aux suites de ce mouyement s'il m s'était offert, comme toujours, des hommes de transaction pour concilier Teau et le feu.

M. Mamiani fat Tun de ces hommes et, malgré ses antécédents hostiles au pouvoir temporel, il consentit à former un cabinet laïque et libéral sous la présîdeiiee du car* diaal Soglia.

Gomme la plupart des princes italiens, Pk IX avait cru que tous les patriotes étaient aux armées. U s'aperçut tardivement du contraire et fut trop heureux d'accepter le ministère exécré de M. de Mamiani, et de souffrir la convocation d'une assemblée représentative. Dans cette déhàcle,il n'y avait plus pour la papauté d'autre espoir que de

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^'aécrôcHer an branehes. Le cardinal Soglià trahissait seerè(eAi6nt le cabinet dont il avait la présidence. Il écrivait aux diplomates de la cour de Rome de regarder comme noà avenues les instructions des ministres laî»

qaes et de ne recevoir d'ordres que dé Pie IX.

Au milieu de ce gâchis théocratiqae et représentatif, nul potivoir n'était en mesure de fonctionner. Le ministère Mamiani dut se retirer.

M.'Pellegrin Rossî fut appelé, le 46 septembre, à le remplacer, avec la cbarge de trois portefeuilles.

Le monde politique a connu, en France, M. Rossi , professeur disert , économiste élégant et lucide. M. Rossi devait son élévation à la protection de M. Guizot. Jacobin en ^844, éclectique et juste-milieu deptds, il avait rempli près de Grégoire XVI, sous le règne de Louis-Philippe, une mission contre^les Jésuites.

La pensée de M. Rossi, conforme à celle de son patron, eût été d'introduire à Rome une politique favorable aui classes moyen*»

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nés, et qui, en créant des intérêts an lieu de y ajournât la révolntion. Ponr pntkpe ces théories semi-genevoises, seflu-oritaiislK, M. Rossi comptait 8*appnyer sur le roi te Naptos^ faire de Topposition au Piémont et perséeotor les radicaux romains.

Il eut, par cette politique embrouillée»

l'art de paraître parfaitement obscur, ainsi qu*il le souhaitait. Mais en même temps, ce qu'il n'avait peut-être pas prévu, ou qu'il comptait braver à Rome comme son maître l'avait bravé à Paris, il excita une haine universelle. La personnalité de M. Guizot déteignait sur lui. Ses antécédents l'écrasaient. Les cardinaux, rassurés par les sue* ces des armées autrichiennes, le regardaient comme un révolutionnaire et un intrus. Les révolutionnaires Texécratent. Les nouveaux impôts dont il venait de frapper la propriété des couvents Inialiénaient jusqu'aux classes conservatrices. Les réformes utiles qu'il venait de réaliser en matière de tribunaux et d'administration, et qui toutes tendaient à restituer aux laïques des fonctions absor-

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bées par ]a cléricatore, ameotaient contre lai les prêtres.

M. Rossi se raidissait avec une morgue fatale contre toutes ces haines. Rome, déjà émue de tant de passions, prit un aspect sinistre, et, le 45 novembre, le ministre impopulaire fut cruellement assassiné.

La pièce diplomatique suivante, encore Inédite et dont nous donnons la traduction, expose mieux que nous ne saurions le faire, les incidents et le caractère de ce tragique événement. Elle m'a été communiquée par un homme que j'ai aimé, vénéré, et dont ValTectlon honora ma jeunesse, M. Hanin.

Rejpréientation du gouvememerU vénitien auprès du siège apostolique^

Au gowemement ]^rovisoire d$ Venise,

• Le comte Rossi descendait de voiture aux environs du palais législatif, et il était accueilli par des sifflets. On dit qu'il souriait avec un air de superba compassion. A mesure qu'il s'avançait la foule l'enveloppait de tomes parts.Parvenu au pied de rescalier, il

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fat serré énnn mdmeïit de tous côtés. Vrâppé d'an bâton sur le flanc, il tourna la tête. Le côu se tronvant à découyert fat percié de part en part d*ane lame à la fois large et triangulaire. Par qui? On Tignore. Il se tordit un moment et tomba. Le sang s'échappait en bouillonnant impétueusement. La foule s'écarta en silence comme à un signal convenu. Quelques-uns soulevèrent le comte mourant et le portèrent au haut de Fescalier en exprimant des sentiments de compassion.

Il fut déposé dans Tantichambre du cardinal Gazzoli. On alla chercher les sacrements, mais le comte était mort. Il était une heure après midi.

« La nouvelle se répandit dans la chambre réunie pour l'ouverture. Cela produisit du désordre et de la terreur. La prince de G.... se serait écrié : « Eh quoi! ne diraiton pas que le roi de Rome est mort. » On lut le procès-verbal et l'on fit l'appel. L'assemblée n'était pas en nombre; la chambre se sépara. Presque tous les députés s'étaient t>lacés à gauche ; le marquis Potenzlani à droite, peu au centre; maïs peut-être sans

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bnt politique et seulement pour éyiter le jour trop vif. Le prince de G..., passant en sortant devant la salle où gissait le ministre poignardé, aurait dit encore en souriant :

Cest dommage^ il nous prive d'une lutte mo^ raie.

« Les deux fils du défunt arrirërent haletants et efiàrés. Horreur I La fouie les sifflai Ils entrèrent dans' la salle. L'un d'eux, qui fut notre officier, se livra à des actes de désespoir déchirant; l'autre, pâle et muet, ne dit que ceci : Je connais Vassassin^ et foi une arme. La face du mort était déformée et épouvantable. La foule se dispersa librement. Le fait fut accueilli dans la ville comme une bonne nouvelle.- On vanta le courage romain; ou regarda la guerre civile comme évitée, et ritalie presque sauvée. ' «Toute la famille du mort se rendit auprès du pape et reçut ses consolations pendant plus d'une heure.

« Le ministère s'enferma dans le Quirhial,

^ et y demeura jusqu'à trois heures du matin. « Depuis le matin, on avait affiché une

' proclamation de la garde nationale aux ca-^

rabittiers et àla ligne pmir excitef à montrer ^3 leurs actes leurs sentiinents de fraternité. Après l'assassinat, plusieurs de ceux qui y avaient assisté se rendirent dans les casernes dans le même but. Par suite de Tadhésion des troupes, une démonstration populaire eut lieu dans la soirée. '

« Chose horrible epcore ! quatre cents hommes environ, à la lueur de torches, par« coururent la viUe,allant d'une caserne à Tau* tre» agitant la bannière du cercle romain, el chantant : Touê les noirs ioireiU movrir, Vwe le mmr trier dt Rossi l Vive le nouveéuBrultêe L La mori de Roêsi était le vœa du peuple ro'^; main! Par la contagion de ces cris, d'autres, voix disaient: Vive r Italie! Vive les carodi* niers et les dragons ! Divers soldats de c^te arme s'étaient mêlés à la masse, et, proférant tes mêmes cris, eurent le courage de passer devant les croisées ouvertes de la maison du ministre assassiné.

« Rossi avait reçu dans la matinée un billet qui l'avertissait qull serait assassiné à \^ Chambre. Il le montra en souriantawautres nwistres, et n'en tint pas compta.

« ir M asssi averti qa'll serait accueilli a?ec des sifflets. Mais quand les ministres hii proposèrent d*aller ensemble à la Chambre, il répondit, en souriant encore, qu'il Talait mieux qu'on le sifflât lui seul.

« Façonné à la vie politique française, il ne tint compte ni de la presse ni des ayis, et ne songea pas à se faire escorter de la force armée. Si le pays n'avait pas voulu de lui, la Chambre n'eût eu qu'à le repousser par un vote contraire.

- « Beaucoup de faits lui forent imputés à tetft^ principalement : de n'avoir pas pris à cœur la cause de rmdiépendance et de la guerre ; d'avoir repoussé aux frontières le général Garibaldi avec sa colonne, et d'avoir expédié Zucchi dans la Romagne dans ce but et avec des instructions sinistres; d'avoir appelé à Rome six cents carabiniers et d'avoir foit promener avec ostentation cette force par la ville.

« Il avait fait condamner le journal Dom Pirhne. Il avait'fait éloigner divers émigrés. Il avait commis un acte de provocation dans un article de la Gazette du 44.

« Aa miliea des cris de réprobation <iai vont en augmentant pour le besoin de justifier un assassinat, il y a telle personne du ministère qui me répondit :

« M. Rossi avait préparé un discours pour le lire à la Chambre. Il rendait compte de ses travaux pour restaurer les finances et régler l'exercice. Il déclarait qu'il serait porté à 24,000,000, afin de récommencer la guerre dans le cas où le bien du pays le réclamerait. Il promettait que le gouvernement ne signerait jamais une paix contraire à l'indépendance de ritalie; il consentait au ccfngrèâ fédératif à Rome, si cela était réclamé par le vœu popuUire. Auxquelles choses je ne crois pas.

« Il avait repoussé Garibaldi au delà des frontières, et il avait aussitôt fait partir Zucchi, parce qu'à Florence, dans un banquet très-nombreux, un engagement solennel avait été pris entre les invités et la légion de Garibaldi, de susciter une révolte dans les États pontificaux. On croit que Guerrazzi et C assistaient à ce banquet. Le devoir absolu du ministre était de pourvoir à

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la stlreté de rintériear. On laissa passer Garibaldi aussitôt qu'il n'y eut plus de craintd de révolte. Ces faits sont yrais.

« Il avait appelé à Rome six cents cara* Mniers pour avoir une force à opposer à la conjoratioD pendante. Dans ma conviction»

}e crois à Texistence de cette conjuration, mais non au péril. Il est de fait qu'il y eut quelqu'un qui assembla autour de lui un groupe de voleurs leur promettant le communisme; un autre de libéraux leur promettante république; un autre de réactionnaires leur promettant le vieil état de choses. Le moyen pour arriver à tout cela, faute d'argent, devait être le pillage* La question des afiaires du Ghetto fut conçue et dirigée par les conjurés, dont l'infâme chef tint la police au courant.

u II avait exilé plusieurs émigrés comme principaux instruments de cette trame — ce qui peut être vrai,— et parce qu'ils avaient sifflé le pape le jour de la Saint-Charles. Ce que je ne sais pas.

« Il avait condamné le J>(m Pirlone parce que dans ce pays il n'est pas permis 4d

mettre en caricature le pape, les caidinaiix et les minisires.

« Il avait écrit Tarticle dn \ 4 pour se montrer constitutionnel décidé, détestant onyer* tement l*absolutisme et la démocratie. Il déclarait plasienrs foisqne dans le premier cas, pl'atôt que de servir, il saorait s'exiler volontairement.

« Hier, le pape sut se montrer tranquille et résigné.

. « Je conseillai à ceux qui se troavatent près des ministres

« Et d*appeler Rosmini à la compositioa d'un nouveau ministère.

« A la nuit, les ministres démissionnèrent, excepté Montanini, qui garda temporairement la responsabilité des. portefeuilles vacants. Le général des Suisses Lentulus prit rintérimaire du portefeuille de la guerre*

« On me rapporta que le pape avait appelé Mittgbetti et Farini; mais j*ai des motife de ne pas le croire.

« L'opinion publique ne s*est pas encore bien prononcée snr ce point; seulement,. le cercle populaire s'assembla et déclara que

si le pape ne formait pas im mfaiist^e libé* rai, tout noaveaa ministère pourrait bien avoir le même sort que le dernier.

- . «Je ne sais comment Ton peut prétendre que le pape puisse, dans les circonstances actuelles, agir dé bonne foi. Il remit aux mains des Chambres le sort des ministres, et Rome lui répondit par un assassinat. SI on imposait de force un ministère au pontife, son conseil privé le réduirait à Timpuissancc; IfOrs même qu*un ministère semblable au précédent serait du goût du pape et que la ville n'en dit rien, il ne serait pas encore possible, parce que nul ne s'expose au poignard. Pour avoir un gouvernement selon sa volonté, il faudrait que le pape eût recours à la force, et, ne pouvant y recourir, il pourrait bien, avec une soumission momentanée et en dissimulant, la demander à l'étranger. Le fait est qu'hier il eut une longue conférence avec le ministre de France, à la suite de laquelle il envoya un courrier à Paris, avec instruction de dépouiller le fait de toute importance révolutionnaire^ voulant qu'on le considérât plutàt comme une mort

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