‹ Pie IXChapitre 1 sur 288 · VI PRÉFACE · texte numérisé non relu

VI PRÉFACE

Toutefois, gardons-nous de l'oublier, l'histoire ne saurait être ni une thèse, ni un panégyrique, ni un pamphlet. Doit-elle raconter sans émotion? Non certes, et, pour ma part, j'en suis incapable; la froideur suppose l'indifférence et le scepticisme. Il faut simplement raconter sans parti pris d'admiralion ou de haine; c'est ce que j'ai fait. Peut-être rencontrera-t-on dans mon livre des faits à rectifier, des appréciations contestables; nul n'est à l'abri de l'erreur; mais j'ai conscience de n'avoir rien dit que je n'aie cru parfaitement exact.

Le Pontificat de Pie IX a été sans égal, jusqu'à ce jour, non-seulement par la durée, mais par les labeurs et les fortunes diverses. Il fait de la théologie aussi paisiblement qu'on l'eût pu faire dans les temps les plus calmes, et plus qu'aucun autre, depuis le concile de Trente ^ n'en a fait. Rien ne lui aura manqué; les incidents tragiques, romantiques même, les pompes les plus majestueuses, les travaux des arts et de la paix, le chquetis des armes, l'éclat des victoires, les défaites imméritées, défaites, hélas! si étroitement bées à celles de la France , qu'elles ont préparées ou accompagnées, enfin les calomnies d'une presse anti-sociale et impie, s'accumulent sur le chemin de Pie IX. Mais audessus des intrigues diplomatiques qui ne cessent de le miner, au-dessus des agressions brutales qui ne cessent de l'atteindre, au-dessus des affections passionnées qui ne cessent de le défendre, domine la noble, douce, paternelle et royale figure de Pie IX, la figure d'un saint.

Je ne sais si l'Eglise attachera un jour à la mémoire du Pontife ce titre de saint que les peuples lui donnent; il aura

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