‹ Pie IXChapitre 235 sur 288 · ORIENT · texte numérisé non relu

ORIENT

En entrant dans la voie de l'oppression des minorités catholiques, les protestants de la Suisse, coalisés avec les libres-penseurs, avaient à choisir entre deux modèles : la Prusse avec ses violences emportées, ou l'Italie avec ses violences doucereuses, les empereurs païens de Rome ou Julien l'Apostat. Leur tempérament les entraîna bien vite à la suite de Bismarck. De race germanique pour la plupart, ils n'avaient ni la finesse, ni la patience italienne, et n'étaient pas capables de se mettre à genoux pour dépouiller ou pour frapper comme dans la terre classique de « l'Eglise libre dans l'Etat libre. »

Ils pressentaient en outre, instinctivement, que la Prusse ne serait pas toujours toute puissante, ou pas toujours persécutrice, et qu'il fallait se hâter.

Ils prirent prétexte, comme le prince de Bismarck, de la promulgation du Concile du Vatican, qui avait changé, disaient-ils, et dénaturé l'Eglise catholique. Ils s'efiforcèrent, eux aussi, d'organiser chez eux la nouvelle secte des vieux catholiques, de la faire prédominer, de lui attribuer les biens et les droits des catholiques sans épithète ; enfin, par un renversement de sens des mots, qu'ils feraient sanctionner par le vote populaire, ils se proposèrent de traiter les cathohques en dissidents , et les nouveaux hérétiques en catholiques , si bien qu'on détruirait d'autant mieux le catholicisme qu'on aurait l'air de le protéger davantage. Tel fut, en quelques mots, leur plan de campagne.

Page 1