CONCLUSION
Quand Pie IX monta sur le trône pontifical, en 1846, le protestantisme et la révolution avaient réussi à arracher de l'Europe tous les principes chrétiens. On admettait encore que l'Evangile fût bon à quelque chose pour l'individu isolé, on n'en voulait plus pour les individus réunis en sociétés. Plusieurs qui avaient ainsi une morale et une morale, une religion et une absence complète de rehgion, se croyaient non-seulement les plus avisés, mais les meilleurs chrétiens. Le libéralisme, monstre encore inconnu, qui prenait le nom de liberté, fascinait les consciences hésitantes.
Pie TX commença par prendre le libéralisme au mot ; il le mit en demeure de tenir parole et d'assurer le bonheur de l'Etat. On"" sait ce qu'il en advint. Le libéralisme révéla de suite ses instincts sanguinaires et hypocrites. Ses premiers exploits furent l'assassinat du ministre et une tentative pour séduire le Pontife. On vit manifestement qu'il n'est qu'une des formes de la Révolution, c'est-à-dire de l'éternelle révolte qui, mettant la créature au-dessus du Créateur, rend les hommes ingouvernables, insociables même, et, sous apparence de les civiliser, les pousse à l'état sauvage.
(( Alors, dit un publiciste chrétien, alors le Pontife commença sa grande mission. Il saisit la Révolution corps à corps, et il entreprit de la terrasser. Il la dénonça publiquement comme la fille du mensonge et la mère du meurtre.
» Il arracha tous les voiles dont elle s'enveloppait. Elle s'indigna d'être démasquée, et jura sa perte : il n'eut pas peur et continua contre elle cette lutte gigantesque qui dure encore. Elle lui ôta ses