‹ [Pièces de théâtre, 1820-1822]Chapitre 100 sur 453 · ACTE I, SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE III

Vos travaux près de lui serviraient votre amour ^ Sans cesse vous verriez celle qui vous est chère ; Vous mettriez vos soins à captiver son père, A gagner sou estime et son alTeclion.

JUSTINE

C*est cela. Que dis-tu de mon invention?

BELVAL

Puis-je compter sur toi , Marcel ? sur ton silence.^ Tu sais lorsqu'on me sert comment je récompense.

MARCEL

Oui, j'en dois convenir, vous êtes généreux.

Du temps que je portais vos billets amoureux ,

Vous vous conduisiez bien , je n'avais rien à dire,

L'argent roulait. Monsieur , vous souvient-il d'Elmire,

Cette chanteuse?...

BELVAL

Allons !

MARCEL

Vous en teniez ma foi.

Avouez^ celle-là m'a donné de l'emploi!... Et du profit ! Elmire était des plus jolies.

Marcel , encore un coup, laisse-là mes folies.

MARCEL

Soit, je veux vous servir , et non pas vous fâcher. Voyons donc. De Valcour vous voulez vous cacher j Mais si nous le mettions dans votre confidence ? Je saurais l'engager....

JUSTINE

Non pas. Quelle imprudence !

Vous ne pouvez , monsieur , être trop circonspect.

MARCEL

Mais par quelle raison...

JUSTINE

Ton Valcour m'est suspect, Et ses prétentions sont encore inconnues. Sur Agathe lui-même il peut avoir des vues.

MARCEL

Qui ? lui ! tu t'y connais ! s'il désirait sa main , Il n'aurait qu'à parler , il l'obtiendrai t soudain , Et puis ignorerais-je un secret de la sorte ? Non 5 il n'y pense pas.

JUSTINE

Nous verrons.

BELVAL

Il n'importe , Ne me découvre point.

Je vous obéirai , Et comme rédacteur je vous présenterai.

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