‹ [Pièces de théâtre, 1820-1822]Chapitre 101 sur 453 · ACTE I, SCÈNE IV. c · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE IV. c

JUSTINE

Son courroux ne nous fait point de peur; Nous sommes de Valcour le collaborateur.

DORMEUIL

Que me contes-tu là? quelle plaisanterie!

BELVAL

Oui , monsieur ; pardonnez cette supercherie. Vivre éloigné d'Agathe est un affreux Xourment; Je hasarderais tout pour la voir un moment. Excusez une ruse où mon espoir se fonde. Justine a tout conduit , et Marcel me seconde : Je deviens par leurs soins rédacteur de journal.

DORMEUIL

C'est une extravagance 5 y pensez-vous, Belval.^... Mais je sais compatir aux chagrins de votre âge , Et de vous condamner je n'ai pas le courage. Le hasard sert parfois les projets les plus fous : Réussissez , mon cher, et vous êtes absous.

Ah ! monsieur , Vos bontés doublent mon espérance ! Oui , je dois réussir.

DORMEUIL

Ayez de la prudence.

De ce Valcour surtout il faut vous méfier ; Il fait , assure-t-on , un fort vilain métier. Il sait avec adresse en éviter la honte ; Mais on m'a raconté cent choses sur son compte...

JUSTINE

Marcel nous instruira.

MARCEL

Comment ?

JUSTINE

Oui , lu pourrais

Entrer dans notre ligue , et livrer ses secrets.

MARCEL. ■ Et pour qui me prends-tu .^^ Je ne suis point un traître. Valcour est honnête homme, il m'aime, il est mon maître. Je voulais vous aider sans lui manquer de foi j Mais s'il faut le trahir ne comptez plus sur moi.

BELVAL

Va, je n'exige rien dont le devoir s'offense. Consens à m'introduire , et garde le silence, C'est tout ce que je veux. Que ton coeur soit touché ;

( Lui donnant une bourse. )

Allons , Marcel !... Voici les arrhes du marché.

MARCEL

Sur ce pied-là , j'accepte.

Ah! fripon... Il me semble Que j'entends monsieur... Oui.

DORMEUIL

Bon-, laissez-nous ensemble.

Je vais tenter encor de lui parler pour vous.

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