ACTE II, SCÈNE II. 3g
VALCOUK.
A la rigueur , ce n'est pas nécessaire : Nous tenons plus au trait qu'à la correction.
BELVAL
Pardonnez , j'ai reçu quelque éducation ^ J'écris passablement.
Au moins , je le présume.
BELVAL
En vers , même , parfois , j'ose exercer ma plume.
VALCOUR
Des chansons , des bouquets ? je vois cela d'ici.
BELVAL
Non , des odes , monsieur.
VALCOUR
Avez- vous réussi?
Car les succès , voilà les meilleures excuses.
BELVAL
Ces morceaux ont paru dans l'Almanach des Muses.
VALCOUR
Cela ne prouve rien.... pourtant ce sont des droits Que j'apprécie. 11 est inutile , je crois , De sonder plus avant votre littérature ? Vous n'avez du latin reçu nulle teinture , Sans doute? et je conçois....
BELVAL
Si , monsieur, permettez j
J'ai terminé mes cours et mes humanités.
VALCOUR
Qui? vous?
Ao LE FOLLICÛLAI Rfi:.
BELVAL
Et je suis même assez bon helléniste.
Du latin et du grec pour être journaliste I
C'est du luxe.
VALCOUR
Marcel !
BELVAL
Vous m'étonnez. Eli quoi !
J'avais pensé....
VALCOUR
Sans doute... oui... mais excepté moi .
Et cinq ou six encor , le reste est peu de cliose. Brisons-là. Puisque c'est Marcel qui vous propose . Puisque je trouve en vous de l'esprit , du talent . Je vous reçois , mon clier, rédacteur ambulant.
O MARCEL
C'est un fort joli poste ^ à tout il peut conduire.
BELVAL
Et quel est cet emploi 7
VALCOUR
Je vais vous en instruire.
Il donne un peu de peine et force à travailler. D abord au chant du coq il faut vous éveiller ; Vous devez , même avant qu'aucun marchand n'étale. Inspecter les marchés et visiter la halle \ De ce peuple énergique épier les propos , Etudier sa verve et noter ses bons mots : A la halle un journal trouve beaucoup à prendre. De là dans tout Paris vous devez vous répandre ;
('*') Valcour, Behal, Marcel.