ACTE III, SCENE I. i>j
J'étais persuadée au seul sou de sa voix. Le mensonge n'a pas cet ascendant extrême : Pour inspirer l'amour il faut aimer soi-même.
Oui , peut-être autrefois ses vœux irrésolus.... Mais il est bien certain qu'il ne vous aime plus.
AGATHE
Justine , tu le crois ?
JUSTINE
Ma foi , mademoiselle...
AGATHE
Il m'avait tant juré d'être toujours fidèle î Est-ce qu'on peut ainsi changer de sentimens , Oublier son amie , et trahir ses sermens ? Non , Justine , crois-moi , s'il m'afflige , il l'ignore ; Et quelque chose là me dit qu'il m'aime encore.
JUSTINE
Enfin voilà parler ! Mon dieu , que de façons ! Que vous êtes enfant avec tous vos soupçons !
AGATHE
Oh ! toi , lu ris de tout.
JUSTINE
Et j'ai raison de rire.
AGATHE
Mais à quoi cet amour pourra-t-il me conduire ? Les volontés d'un père ont sur moi tout pouvoir.
JUSTINE
Sans doute , et lui complaire est pour vous un devoir» Imitez donc ses goûts , laissez-là vos sornettes ; Fréquentez comme lui des faiseurs de gazeiteà'.
Es-tu folle ?
Et d'abord pour changer votre coeur , Je vais vous présenter un certain rédacteur....
AGATHE
Quel discours ?
JUSTINE
Il saura vous plaire , je m'en flatte. Vous allez voir... On vient... c'est lui.