ACTE III, SCÈNE IV
Vous vous introduisez chez lui pour le trahir , Pour exciter sa fille à lui désobéir ! Voilà par quels excès votre amour se signale ! Vous avez bien des torts.
BELVAL
Ah ! trêve de morale.
Coupable envers monsieur , j'en puis tout supporter 5 Mais vous , épargnez-moi...
VALCOUR
Non , veuillez m'écouteri Au lieu de hasarder une folle entreprise , Que ne me parliez-vous tantôt avec franchise ? Une telle démarche , honorable à tous deux, Me faisait un devoir de seconder vos Tœux ; Alors j'eusse plaidé pour vous auprès d'un père.
DUBUISSON
Il a raison ; voilà ce que vous deviez faire.
BELVAL, àValcour.
Qu'entends-je ? vous auriez, monsieur...
VALCOUR
Si mon ami Dans ses préventions n'est pas trop affermi , Peut-être à le fléchir parviendrons-nous encore.
JUSTINE, à part.
Voudrait-il les servir?
AGATHE
Hélas ! je vous implore.
BELVAL
Se pourrait-il ? 6 ciel !
jB LE FOLLTCULA.IRE.
DUBUISSON
Y pensez-vous , Valcour ?
VAL COUR
Oui 5 Ton doit excuser les fautes de l'amour.
DUBUISSON
Comment?
VALCOUR
Vous vous rendrez tôt ou tard , je m'en flatte.
DUBUISSON, à Valcour.
Me conseillez-vous donc de lui donner Agathe?
VALCOUR
Mais...
DUBUISSON, de même.
Si c'est votre avis, parlez.
VALCOUR
En ce moment Votre âme est toute entière à son ressentiment j Vous n'êtes pas , monsieur , en état de m'entendre.
DUBUISSON
Cependant...
VALCOUR
On le voit , pourquoi vous en défendre?
Par l'aspect de Belval vous êtes irrité ;
Convenez-en.
DUBUISSON
Sans doute, €t sa témérité...
VALCOUR, à Belval.
Mon clier , votre présence entretient sa colère. Soyez digne d'Agathe en respectant son père :