JUSTINE, AGATHE, VALCOUR, DUBUISSON
AGATHE, àValcour.
Monsieur , en vos bontés je mets mon espérance. Ne voyez point nos maux avec indifTérence; Près d'un père offensé devenez notre appui ^ Vous fléchirez son cœur , vous pouvez tout sur lui.
Protégez^nous.
VALCOUR
Hélas ! quelle cruelle épreuve!..
Mais de mon dévoûment vous aurez cette preuve 5 Par mes propres douleurs pourrais-je être arrêté , Quand il faut assurer votre félicité ?
Je lui sacrifirais mon repos et ma vie ! Oui , je vais vous servir au gré de votre envie ; Et , pressant votre père en faveur de Belval , Travailler au bonheur de mou heureux rival.
AGATHE, ^uoi , monsieur ! . . .
DUBUISSON
Cher Yalcour î
VALCOUR
t Ah ! mon esprît s'ëgare.
Et mon fatal amour malgré moi se déclare. Mais de ce sentiment ne craignez pas l'effet ; Je renonce à Tespoir , le sacrifice est fait. Votre père a souvent daigné me faire entendre Qu'il se croirait heureux de me nommer son gendre j J'ai su le refuser : pouvais-je avec honneur Accepter votre main , n'ayant pas votre cœur ? N'en doutez pas , bientôt nos soins , notre constance , D'un père , d'un ami , vaincront la résistance. Si Bel val vous chérit , s'il est digne de vous , J'ose vous le promettre , il sera votre époux.
AGATHE
Monsieur , vos procédés.... si le ciel me destine... Mon trouble... excusez-moi... R.eiirons-nous , Justine.
JUSTINE, à part en sortant.
Ma foi , s'il est sincère et parle tout de bon, Je dois à deux genoux lui demander pardon.