ACTE I, SCENE V
Ils m'ont, il est très-vrai, quelque obligation. Mon coffre, bien souvent, leur servit de ressource; Tous ces nobles messieurs ont puisé dans ma bourse. C'est un faible ; pour moi , j'aime les grands seigneurs. Ainsi je puis pour Charle avoir des protecteurs.
LE BARON
Qu'en avez-vous besoin? il sait combien je l'aime.
EDMOND
Non, pour lui je vous trouve une froideur extrême.
CHARLES, à, part.
Que mon père est adroit !
LE BARON, passant au milieu.
C'est bien mal me juger !
En le plaçant bientôt, je prétends me venger.
EDMOND
Non, de votre bonté
CHARLES
Moi , je vous remercie.
LE BARON
J'ai pour Cbarle une estime
SH ARL ES.
Et je m'en glorifie.
EDMOND
Et yous avez raison ! C'est un aimable enfant.
Cela me fait penser ah! j'y suis maintenant,
Qu'une très-grande dame, elle est, je crois, princesse. Par la reconnaissance à mon fils s'intéresse. De la pesante main d'avides créanciers •
J'ai sauvé son château , dé mes propres deniers. Cette princesse-là sera sa protectrice.
LE BARON, avec chaleur.
Je ne souffrirai pas, monsieur, celte injustice. M'enlever mon ami ! c'est être trop cruel. Et Gharle , en me quittant , se rendrait criminel.
CHARLES
Monsieur, je suis charmé
LE BARON, a Edmond.
Non , vous avez beau faire.
EDMOND
Et moi je ne veux plus qu'il reste secrétaire.
CHARLES
Mon père, cependant
Vous le verrez un jour. Par mes soins, devenir un conseiller de cour. Tout semble m'annoncer une faveur prochaine ; Le prince me confie à-présent son domaine. Vous devez croire alors que ma protection Peut au moins s'élever à votre ambition.
ED M ON D
Mais, monsieur le baron, il faut que je l'emmène Pendant cinq ou six mois.
LE BARON
Non , pas une semaine.
EDMOND
J'arrive pour le voir.
LE BARON
Vous le verrez ici.
EDMOND
Je crains d'importuner