SCENE III
EUGÉNIE, DERMON.
DERMOIV.
Peut-on sans indiscrétion Vous offrir le bon jour ?
EUGÉISIE.
C'est TOUS, monsieur Dermon :
De si bonne heure ?
DERMON.
Oli ! oh ! la remarque eslétranoe?
Je vais me retirer, puisque je vous dérange.
EUGÉNIE
Qui peut vous sugge'rer de semblables soupçons ?
DERMON.
Je croyais. . .
EUGÉNIE
Je croyais. . . sont-ce là des raisons ?
DERMON.
Vous le voyez, le sort me poursuit sans relâche, Je ne fais que paraître , et déjà je vous fâche.
EUGÉNIE
Quel serait le motif, dites, de mon courroux ? Mais non ; vous tourmenter est un piaisir pour vous.
12 l'amour et le procès.
DERMO-V.
Pardon, de l'amour yrai lel est le caractère. L'aniani leudre est timide, et la peur de déplaire Lui fait presque toujours craindre d'avoir déplu.
EUGÉME.
Vous tremblerez toujours; vous l'avez résolu. Rassurez-vous doue.
DERMON.
Soit : mais, tenez, Eugénie, Nous allons nous brouiller encor, je leparie.
ku&éme.
Encor !
C'est presque sûr. Les momensîcs plus doux Sont ceux que, chaque jour , je passe auprès de vous. Les yeux ont , je le sais, aussi leur éloquence; Mais je vous ennuiraispar un trop long silence, Il faut donc vous parler ^ et voilà l'embarras , Aux peines qu^on ignore on ne compatit pas. Du même sentiment préoccupé sans cesse , Ma conversation roule sur nia tendresse. Je vous peins mes tourmens, mon espoir, mes projets; Et je reviens toujours sur les mêmes sujets. Je crois vous attendrir, inutile espérance! Dans le même moment vous songez à la danse, Vous citez le roman , ou la mode du jour , Bref, vous parlez de tout , excepté de l'amour.
EUGÉNIE
Je suis pour cette fois excusable , j'espère , Ce n'était pas à moi d'en parler la première.
DE il MON.
J'ai tort, et j^en conviens; voyez ma loyauté! Ma }>ouche n'a jamais trahi la vérité.