Scène x
EUGÉNIE
Jamais je n'oserai.
SAINVAL
Ëh bien prenez la plume et moi je dicterai ^
Ail!
EUGENIE.
Volontiers 5 songez que je signe la lettre , Et n'ailcî pas du moins par trop me compromettre.
SAINVALfc
Vous fiez- vous à moi ?
EUGÉNIE
Je crois que je le puis.
SAINVAL
Etes-vous prête ? allons, je commence.
EUGÉNIE
J'y suis.
SAINVAL, dictant.
Mou cher Dermon, votre dispute avec Sainval m'a » vivement inquiétée.
Oh ! c'est Vrai î
SAINVAL , continuant de dicter,
» Et si vous avez quelque tendresse pour moi ; je vous conjure de vous racommoder à l'instant,. . .^
Jusqu^ici, c'est fort Lien.
SAINVAL , dictant.
to A l'instant ! soyez, donc moins ingénieux à vous tourmen- )) ter, et plus adroit à lire dans mon âme. ^\
3o l'amour et le procès.
EUGÉNIE
Dans mon amel Ah 1 voilà qui va mal !
SAiNVAL , dictant.
» Plus die chagrins en amour, plus de querelle en amitié. y) Conserveit-vous toujours pour la tendre Eugénie. »
EUGÉNIE
Pour le coup , je' réclame Contre l'expression. Le mot tendre est trop fort, Et je vais FelTacer.
SAINVAL
Non j vous aurez grand tort ; Eh bien , légèremenU
EUGENIE.
Quoi î que voulez-vous dire ?
SAINVAL
Effacez à demi , pour qu'il puisse le lire. ( Prenant la lettre. ) Je vais la lui porter.
EUGÉNIE
J'ai peut-être mal fait: Mais l'incrédule au moins sera-l-il satisfait ?
SAINVAL
(^ à part.) Pour mon ami Dermon vraiment j'ai fait merveille. Voyons s'il aura su me rendre la pareille.
EUGÉNIE
C'est donc fini?
SAINVAL
Soyez tranquille sur ce point, Quoi qu'il puisse arriver, nous ne nous battrous point.
SCKNE XI. Jl
EUGÉNIE
Vous me le promenez ?
SAINVAT,.
Oui, oui, je vous le jure.
( // son. )