SCENE XL
A^adame SAINT-GÉRAN, EUGÉNIE.
Mad. sAint-gèrAn,
En y songeant encore je frémis.
Aller se battre ensemble et pourquoi ? deux amis !
EUGÉNIE
Quoi^ Dermon et Sainval !
Mad. saint-g£ran.
Tu sais leur aventure ?
EUGÉNir..
Ils ne se battront pas , ma tante, je te jure.
Mad. SÀINT-GÉRAN,
D'y revenir, je crois qu'ils ne sont pas tentés, Et des duels au moins les voilà dégoûtés |
32 l'amour et le PROCES.
Quant àSûinval surtout ^ il est blessé, ma chère.
EUGÉNIE
Sainval, blessé! comment cela peut-il se faire? 11 me quille à Tinstant , et se porte fort bien.
Biad. SAIIVT-GÉRAN.
Mais que me dis-tu là?
EUGÉNIE
Je dis qu'il n'en est rien.
Mad. SAI!ST*GÉRAN.
Quoi ! Sainval à la main n^a pas une blessure ?
EUGENIE.
Je te dis qu'il n'a pas même une égratignure.
Mad. saint-géran, Permon m'a donc trompée ?
EUGÉNIE
Ah ! je vois ce que c^est ; Il l'aura demandé pour Sainval un billet. ...
Biad. SAINT-GÉRAN.
Sans doute ; et d^un côté rassurant ma tendresse, De l'autre il m'allarmait avec assez d'adresse , Ce n'est rien, disait-il, mais il serait prudent D'épargner au blessé le plus léger tourment : Notre âme sur le corps exerce tant d'empire. Que suivant les docicurs, lorsqu'un double délire Et de fièvre et d'amour tient un jeune bomme au lil^ 31 faut d'abord souger à guérir son esprit. Du moral, 6 sublime et secrète influence ! Faites prendre au mr.lade, un seul grain d'espérance, Le mal d^imour s'oppaJsc, et par encliontemcnt Îjq fièvre disparaît dan3 le même moment j