‹ [Pièces de théâtre, 1820-1822]Chapitre 209 sur 453 · SCENE XL · texte numérisé non relu

SCENE XL

A^adame SAINT-GÉRAN, EUGÉNIE.

Mad. sAint-gèrAn,

En y songeant encore je frémis.

Aller se battre ensemble et pourquoi ? deux amis !

EUGÉNIE

Quoi^ Dermon et Sainval !

Mad. saint-g£ran.

Tu sais leur aventure ?

EUGÉNir..

Ils ne se battront pas , ma tante, je te jure.

Mad. SÀINT-GÉRAN,

D'y revenir, je crois qu'ils ne sont pas tentés, Et des duels au moins les voilà dégoûtés |

32 l'amour et le PROCES.

Quant àSûinval surtout ^ il est blessé, ma chère.

EUGÉNIE

Sainval, blessé! comment cela peut-il se faire? 11 me quille à Tinstant , et se porte fort bien.

Biad. SAIIVT-GÉRAN.

Mais que me dis-tu là?

EUGÉNIE

Je dis qu'il n'en est rien.

Mad. SAI!ST*GÉRAN.

Quoi ! Sainval à la main n^a pas une blessure ?

EUGENIE.

Je te dis qu'il n'a pas même une égratignure.

Mad. saint-géran, Permon m'a donc trompée ?

EUGÉNIE

Ah ! je vois ce que c^est ; Il l'aura demandé pour Sainval un billet. ...

Biad. SAINT-GÉRAN.

Sans doute ; et d^un côté rassurant ma tendresse, De l'autre il m'allarmait avec assez d'adresse , Ce n'est rien, disait-il, mais il serait prudent D'épargner au blessé le plus léger tourment : Notre âme sur le corps exerce tant d'empire. Que suivant les docicurs, lorsqu'un double délire Et de fièvre et d'amour tient un jeune bomme au lil^ 31 faut d'abord souger à guérir son esprit. Du moral, 6 sublime et secrète influence ! Faites prendre au mr.lade, un seul grain d'espérance, Le mal d^imour s'oppaJsc, et par encliontemcnt Îjq fièvre disparaît dan3 le même moment j

Page 1