M.DE VOLBERG, IRMA, LE BARON, EDGARD
L E B AR O N
Bonjour , ma nièce j bonjour , Edgard.
VOLBERG.
Eh bien , petite, tu craignais tant que je ne fusses pas
arrivé pour la signature du contrat , tu vois pourtant qu'où
est de parole.
LE BARON
Savez-vous mes chers enfans , que vous devez de grands romercimens à la philosophie? Ce n'est pas sans de violons débals que vous avez été agréé pour l'époux de ma nièce... \ otre père , mon cher Edgard , tout eutier à la gloire , né-
gligea sa fortune : frappé à mort au champ d'honneur , il vous légua à la patrie ; mais la patrie est quelquefois forcée d'être économe. Un brevet de capitaine est toute votre richesse , et madame de Stromberg trouvait que c'était bien peu pour se mettre en ménage. Votre père enleva ses lettres de noblesse l'épée à la main ; certes , celles-là en valent bien d'autres.... Cependant M. de Volberg aurait voulu au moins les trente-deux quartiers... Ecoutez donc , il soutient, les preuves en main , que les Stromberg sont plus nobles que le prince. M. de Molen disait que vous n'aviez pas assez de crédit, et moi , mon cher, que vous n'aviez pas encore
le moindre petit ruban Mais votre mérite personnel l'a
emporté sur toutes ces considérations , et c'est à midi précis que vous aurez l'honneur d'entrer dans notre illustre famille.
EDGARD
Que de reconnaissance ne vous dois-je pas î
IRMA
Il ne nous manque plus que madame la baronne et mon oncle de Moien.
VOLBERG.
Ce pauvre de Molen , je ne le conçois pas ; depuis dix ans,> qu'il pleuve ou qu'il vente, qu'il neige ou qu'il grêle, et que le thermomètre marque vingt-huit degrés de chaleur ou quinze au-dessous de zéro, il n'a jamais manqué de se trouver sur le passage du prince lorsqu'il se rend à la chapelle , et je vous demande ce qu'il a gagné à toutes ces factions. Loin d'obtenir quelque giâce , il n'a jamais été remarqué de son altesse , et je gagerais qu'avec sa vue basse , il ne serait pas même capable de la reconnaître si elle se présentait devantlui.
IRMj^.
Mon oncle de Molen m'a promis ce matin qu'il n'assisterait point aujourd'hui à la parade.
LE BARON
C'est impossible , il ferait une maladie,
VOLBERG, joyeusement.
Mes enfans , je vous le dis avec le plus grand plaisir , \otre union sera heureuse , j'en ai la certitude.