ACTE I, SCÈNE III
l R M A , vivement.
Vous avez fait une bonne chasse ?
VOLBERG.
J'ai joué d'un bonheur insolent ] en moins de deux heures, vingt-sept pièces abattues , dont dix-neuf sur les domaines de la couronne , et cela sans permission , sous le fusil des gardes-chasses ^ enfin , en intrépide braconnier.
LE BARON
Mon cher frère , vous vous attirerez un beau jour quelque méchante aifaire.
EDGARD
Que ne demandez-vous une permission ? le prince chasse peu, et je suis persuadé qu'il vous l'accordera sur-le-champ.
^ VOLBERG.
Je n'en doute pas j mais diable ! cela ne ferait pas mon compte. Tuer un lièvre avec autorisation en poche , fi donc ! Pauvres gens , vous ne connaissez pas les véritables jouissances du chasseur. Quel plaisir , lorsqu'on cachette , tremblant de crainte et d'espérance , il ajuste une pièce de gibier qui lui fait courir mille dangers 1