‹ [Pièces de théâtre, 1820-1822]Chapitre 274 sur 453 · ACTE II, SCÈNE I · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE I

chaque jour méconnaît sa dignité jusqu'au point d'écouter la voix du moindre de ses sujets ? Que penser d'un prince bourgeois qui ne craint pas de descendre dans toutes tes classes de la société et qui se compromet avec des paysans bien lourds , des roturiers très-plats et des gentillàtres fort bêtes.

LE PRINCE, un peu piqué.

Oui , je commence à croire qu'il se compromet.

MOLEN

C'est facile à voir Ses flatteurs ne manqueront pas

de vous dire que cette simplicité de mœurs , cette abnégation de la grandeur souveraine est de la grandeur d'âme ; mais si vous voulez que je vous parle franchement , je crois qu'ils se servent de grands mots pour cacher de petites passions.

LE PRINCE

Vous l'arrangez fort bien.

MOLEN

Je vais vous dire le nom de toutes les jolies femmes

LE PRINCE

Arrêtez , monsieur de Molen ^... il est de ces choses qui ne se pardonnent pas... Je suis plus prudent que vous... Si le Prince apprenait jamais

MOLEN

Bon ! C'est impossible ; je sais à qui je m'adresse peutêtre. ( Zaz /ra/^pawf 5ur ï épaule). Cher professeur, vous êtes bon prince — et d'ailleurs vous êtes de l'opposition.... Mais éloignez-vous , s'il vous plaît ^ voici l'heure à laquelle nous devons tenir une assemblée de famille.

LE PRINCE

Ne m'oubliez pas , monsieur de Molen.

MOLEN

Nous vous protégerons.... {Avec solennité.) Nous vous protégerons.

a6 LE PUÉSENT DU PKINCE,

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