ACTE II, SCÈNE I
chaque jour méconnaît sa dignité jusqu'au point d'écouter la voix du moindre de ses sujets ? Que penser d'un prince bourgeois qui ne craint pas de descendre dans toutes tes classes de la société et qui se compromet avec des paysans bien lourds , des roturiers très-plats et des gentillàtres fort bêtes.
LE PRINCE, un peu piqué.
Oui , je commence à croire qu'il se compromet.
MOLEN
C'est facile à voir Ses flatteurs ne manqueront pas
de vous dire que cette simplicité de mœurs , cette abnégation de la grandeur souveraine est de la grandeur d'âme ; mais si vous voulez que je vous parle franchement , je crois qu'ils se servent de grands mots pour cacher de petites passions.
LE PRINCE
Vous l'arrangez fort bien.
MOLEN
Je vais vous dire le nom de toutes les jolies femmes
LE PRINCE
Arrêtez , monsieur de Molen ^... il est de ces choses qui ne se pardonnent pas... Je suis plus prudent que vous... Si le Prince apprenait jamais
MOLEN
Bon ! C'est impossible ; je sais à qui je m'adresse peutêtre. ( Zaz /ra/^pawf 5ur ï épaule). Cher professeur, vous êtes bon prince — et d'ailleurs vous êtes de l'opposition.... Mais éloignez-vous , s'il vous plaît ^ voici l'heure à laquelle nous devons tenir une assemblée de famille.
LE PRINCE
Ne m'oubliez pas , monsieur de Molen.
MOLEN
Nous vous protégerons.... {Avec solennité.) Nous vous protégerons.
a6 LE PUÉSENT DU PKINCE,