‹ [Pièces de théâtre, 1820-1822]Chapitre 295 sur 453 · ACTE III, SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE II

MOLEN

Ne plaisantez pas comme cela, baron... je suis prêt à me trouver mal.

LE BARON

C'est si peu une plaisanterie, que vous m'en voyez encore tout tremblant.

VOLBERG , très ëmu.

Allons donc , mes frères , vous faites les petites maîtresses... Je vais vous soutenir tous les deux.

LE BARON

Ne pas nous donner le temps de nous préparer !

MOLEN

C'est une véritable alerte.

LE BARON

C'est presque un guet-s-pens. ^

VOLBER^G , se donnant de l'air avec son mouchoir.

Ce malin , nous avions l'espoir de la faveur j ce soir nous en avons la certitude.

LE BARON

Nous allons donc être forcés de retourner à la cour ?

VOLBERG.

C'est cruel mais il faut savoir s'immoler au bien

public.

C'est révoltant mais il faut savoir se sacrifier à son

pays.

MOLEN

Mais surtout , mes frères , en nous sacrifiant.... ne nous oublions pas.

VOLBERG.

Lo Prince , je le parie , va me proposer la charge ^e grand-veneur. Puisqu'il fait les avances, je suis bien forcé d'accepter.

LE BARON

Je me vois déjà chancelier des différens ordres de l'état. Par philosophie je ne veux porter que trois ou quatre croix.

MOLEN

Je ne puis éviter la place de grand-maître des cérémonies -, comme personne ne connaît mieux la cour que moi , il faut bien que je me charge de restaurer l'étiquette ; mon prédécesseur a, dit-on , laissé introduire bien des abus. i

VOLBERG.

Quelles chasses !

LE BARON

Quelles cérémonies !

MOLEN

Qelles fêtes ? quels concerts

( On entend une musique lointaine dans les bosquets du parc. } LE BARON.

Que signifie cette musique ? Est-ce vous , mon cher grand maître ?

MOLEN

Non , vraiment , mon cher chancelier.

LE BARON

C'est donc vous , cher grand-veneur ?

VOLBERG.

Non : ma surprise est égale à la vôtre.

LE BARON

Ah! c'est sans doute madame la baronne.... Mais je la vois paraître.

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