ACTE I, SCÈNE I
Selon moi, le plus grand est celui d'écouter. Tu vas de point en point, t'expliquer, ma petite;
{Açec volubilité?) Dis-moi ce que tu sais; surtout dis le moi vite!
LISETTE
Ma petite!... voyez comme il est familier! Eh bien! non.
COMTOIS
Tiens j crois-moi, ne te fais pas prier. Tu brûles de parler^ je brûle de t'entendre ; Allons! Lisette, allons! ne nous fais pas attendre.
LISETTE, souriant.
Tais-toi, mauvais plaisant! va, si je le pouvais, Je ne te dirais rien ; mais au moins tu promets...
COMTOIS , ai>ec vivacité.
Parle, je promets tout, je meurs d'impatience.
LISETTE
Or donc, je te dirai que, depuis son enfance,
La fille d(^ madame était en pension ,
Sans qu'ici jamais d'elle on eût fait mention.
Mais son institutrice enfin , à la vieillesse
Ayant payé tribut , notre jeune maîtresse
Par la poste chez nous arrivant un beau jour.
Nous apprend... qu'elle existe, et qu'elle est de retour.
Quoi! vous ne saviez pas qu'elle a)^it une fille, Vous qui,... pour ainsi dire , êtes de la famille!
LISETTE
C'est une vérité, mon cher, voilà deux mois Que nous la vîmes tous pour la première fois.
]\'en sois pas étonné pourtant : Mademoiselle Dès l'enfance a quitté la maison paternelle, Et... je l'aperçois! Sors.
COMTOIS
Qui? moi!
LISETTE
Retire toi.
Elle vient pour causer un moment avec moi.
(// sort.)