‹ [Pièces de théâtre, 1820-1822]Chapitre 315 sur 453 · SOPHIE, LISETTE · texte numérisé non relu

SOPHIE, LISETTE

LISETTE, a part.

Peste soit du faquin, et de son bavardage! Yoici Mademoiselle ; oh ! quel sombre visage !

( Haut a Sophie. ) Quoi ! toujours du chagrin ?

SOPHIE

Ah! j'en ai bien sujet!

Je le vois trop , pour moi le bonheur n'est pas fait : Je déplais à ma mère. A peine étais-je née. Qu'au fond d'une province elle m'a confinée. Là, je suis parvenue à l'âge de quinze ans, Sans la voir, sans jouir de ses embrassemens. Reléguée au milieu de ces tristes campagnes. Que j'enviais le soift de mes jeunes compagnes ! Leurs vœux étaient comblés, leurs cœurs étaient contens, Lisette; elles voyaient tous les jours leurs parens. Chacune leur peignait librement sa tendresse , Que payait un sourire, une douce caresse j

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