‹ [Pièces de théâtre, 1820-1822]Chapitre 317 sur 453 · ACTE I, SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE II

SOPHIE

Oh ! non, cela n'est pas possible.

LISETTE 5 a part.

Puisqu'elle espère encor, laissons lui son erreur.

SOPHIE

Eh ! que puis-je risquer après tout ? Mon malheur Ne saurait augmenter , et je n'ai rien à craindre. Tiens î avec toi , Lisette , il n'est plus temps de feindre : J'ai des chagrins encor que tu ne connais pas ;

( Elle baisse les jeux, ) Mais à te les conter je sens.... quelque embarras.

LISETTE

Parlez.

SOPHIE

Dans la retraite où j'ai passé ma vie, J'avais eu le bonheur de trouver une amie. Le ciel , dans mes ennuis , m'avait fait ce présent j Elle me consolait !

LISETTE

Vous devez à présent La regretter beaucoup.

SOPHIE; ai^ec épanchejnent.

Je la pleure sans cesse !

Hélas! nous nous aimions d'une égale tendresse; Nous avions mêmes goûts, nous avions même cœur j Son frère était le mien , il m'appelait sa sœur. Pauvre Germon ! je vois encore son image ; Il était bien aimable !

LISETTE , malicieusement.

Et bien aimé, je gage?

lo LA MÈRE RIVALE,

SOPHIE, as^ec vivacité.

Oh! oui; rien ne pourra me le faire oublier! ( En rougissant , et comme étonnée de ce quelle a dit. ) Tiens! tu sais maintenant mon secret tout entier^

LISETTE

Je le savais; vos yeux me l'avaient dit d'avance.

SOPHIE

Ah ! Lisette , combien je souffre en son absence ! Va, j'ai plus que jamais besoin de ton secours.

LISETTE

Vous le voyiez souvent ?

SOPHIE

De le voir tous les jours Je m'étais déjà fait une douce habitude.... O Dieu! j'entends tousser ! c'est madame Gertrude. Je suis perdue !

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