LISETTE, COMTOIS, M?^^ DORVAL
M^^ DORVAL, apercevant un bouquet sur sa toilette. De qui viennent ces fleurs ? ^
LISETTE
Du chevalier, je pense.
i4 LA MÈRE RIVALE,
j^iME DORVAL , a Comtois.
Quoi ! déjà de retour! j'aime ta diligence. Mais as-tu, mon enftint, rempli ta mission ?
COMTOIS , avec emphase.
Je crois , Madame , à part toute présomption , Que j'ai fidèlement exécuté votre ordre.
M*ï^ DORVAL.
En ce cas , mon ami , rends-moi compte par ordre Et méthodiquement de... ( Elle s^ assied. )
COMTOIS , r interrompant.
Méthodiquement ! !
Vous ne pouviez pas mieux vous adresser vraiment. Tel que vous me voyez, je suis très-méthodique; Mon premier maître était professeur de logique. J'assistais à son cours , et c'est en l'écoutant Que j'appris à tout faire a-na-ly-tiquement. Si vous l'aviez connu ! !... c'était un homme unique I Quand il nous expliquait le genre... synthétique,, Il joignait au précepte un exemple à l'appui. Toujours son eau sucrée était auprès de lui ; Il en buvait un verre à chaque paragraphe, Et sa leçon durait autant que sa carafe.
LISETTE
Voyons, au fait, au fait, et point de sots discours.
COMTOIS
Pauvre homme , je le pleure encore tous les jours !
jVlME DORVAL.
Mais allons donc , Comtois , finis ta doléance , Et réponds-moi.
AClE I, SCÈNE VI. *i5
• COMTOIS
Suffit , Madame , je commence.^ (^j4^cc importance.) D'abord , conformément à votre intention , J'ai porté vos billets de convocation Aux dames du bureau central de bienfaisance , Qui s'assemble demain sous votre présidence.
M^K DORVAL
A merveille!
COMXOIS.
Après quoi je me suis transporté Au faubourg Saint-Germain , au Roule , à la Cité. De maison en maison je courais à la piste De tous les indigens portés sur votre liste. J'ai remis à chacun une part de vos dons. Et j'ai reçu pour vous leurs bénédictions.
M^E DORVAL
Est-ce tout.^*
im COMTOIS.
Non , Madame ; et dans mes promenades , Je n'ai point oublié d'aller voir vos malades.
M^E DORVAL
Ah!
COMTOIS
L'argent qu'à chacun vous aviez destiné , Ils l'ont eu de mes mains.
^iME DORVAL.
Fort bien.
COMTOIS
J'ai terminé
i6 LA MERE RIVALE,
En visitant , au bout du faubourg Poissonnière , Ces petits orphelins dont vous êtes la mère.
M^= DORVAL, avec intérêt.
Eh bien , comment vont-ils ?
COMTOIS
A merveille toujours j Ils vous aiment , Madame, un peu plus tous les jours. Vous n'imaginez pas jusqu'où va leur tendresse! De vous , de vos bienfaits , ils me parlaient sans cesse , Chacun d'eux à l'envi bégayait votre nom. a|M« DOUYAL 4*un air ému.
Pauvres enfans! le temps doit leur sembler bien long ! Je ne les ai pas vus depuis une quinzaine. Mais , sans faute, j'irai la semaine prochaine.
( Souriant. ) Va, je suis , mon gareon , fort contente de toi. Continue, et dans peu tu le seras de moi. Entends-tu , mon ami ?
COM7QIS , à part. ^
L'occasion est belle , Si je glissais un mot touchant Mademoiselle ! Je suis sur du succès, quand Madame saura...
M^K DORVAL
Tu parles bas encor, Comtois ; que dis-tu là?
COMTOIS, haut.
Je viens d'être témoin, Madame, d'une scène!... Ce spectacle vraiment vous eût fait de la peine.
MME DORVAL, vif^'ement.
Quoi (Jonc! un malheureux ! mon cœur est tout ému!