‹ [Pièces de théâtre, 1820-1822]Chapitre 320 sur 453 · LISETTE, COMTOIS, M?^^ DORVAL · texte numérisé non relu

LISETTE, COMTOIS, M?^^ DORVAL

M^^ DORVAL, apercevant un bouquet sur sa toilette. De qui viennent ces fleurs ? ^

LISETTE

Du chevalier, je pense.

i4 LA MÈRE RIVALE,

j^iME DORVAL , a Comtois.

Quoi ! déjà de retour! j'aime ta diligence. Mais as-tu, mon enftint, rempli ta mission ?

COMTOIS , avec emphase.

Je crois , Madame , à part toute présomption , Que j'ai fidèlement exécuté votre ordre.

M*ï^ DORVAL.

En ce cas , mon ami , rends-moi compte par ordre Et méthodiquement de... ( Elle s^ assied. )

COMTOIS , r interrompant.

Méthodiquement ! !

Vous ne pouviez pas mieux vous adresser vraiment. Tel que vous me voyez, je suis très-méthodique; Mon premier maître était professeur de logique. J'assistais à son cours , et c'est en l'écoutant Que j'appris à tout faire a-na-ly-tiquement. Si vous l'aviez connu ! !... c'était un homme unique I Quand il nous expliquait le genre... synthétique,, Il joignait au précepte un exemple à l'appui. Toujours son eau sucrée était auprès de lui ; Il en buvait un verre à chaque paragraphe, Et sa leçon durait autant que sa carafe.

LISETTE

Voyons, au fait, au fait, et point de sots discours.

COMTOIS

Pauvre homme , je le pleure encore tous les jours !

jVlME DORVAL.

Mais allons donc , Comtois , finis ta doléance , Et réponds-moi.

AClE I, SCÈNE VI. *i5

• COMTOIS

Suffit , Madame , je commence.^ (^j4^cc importance.) D'abord , conformément à votre intention , J'ai porté vos billets de convocation Aux dames du bureau central de bienfaisance , Qui s'assemble demain sous votre présidence.

M^K DORVAL

A merveille!

COMXOIS.

Après quoi je me suis transporté Au faubourg Saint-Germain , au Roule , à la Cité. De maison en maison je courais à la piste De tous les indigens portés sur votre liste. J'ai remis à chacun une part de vos dons. Et j'ai reçu pour vous leurs bénédictions.

M^E DORVAL

Est-ce tout.^*

im COMTOIS.

Non , Madame ; et dans mes promenades , Je n'ai point oublié d'aller voir vos malades.

M^E DORVAL

Ah!

COMTOIS

L'argent qu'à chacun vous aviez destiné , Ils l'ont eu de mes mains.

^iME DORVAL.

Fort bien.

COMTOIS

J'ai terminé

i6 LA MERE RIVALE,

En visitant , au bout du faubourg Poissonnière , Ces petits orphelins dont vous êtes la mère.

M^= DORVAL, avec intérêt.

Eh bien , comment vont-ils ?

COMTOIS

A merveille toujours j Ils vous aiment , Madame, un peu plus tous les jours. Vous n'imaginez pas jusqu'où va leur tendresse! De vous , de vos bienfaits , ils me parlaient sans cesse , Chacun d'eux à l'envi bégayait votre nom. a|M« DOUYAL 4*un air ému.

Pauvres enfans! le temps doit leur sembler bien long ! Je ne les ai pas vus depuis une quinzaine. Mais , sans faute, j'irai la semaine prochaine.

( Souriant. ) Va, je suis , mon gareon , fort contente de toi. Continue, et dans peu tu le seras de moi. Entends-tu , mon ami ?

COM7QIS , à part. ^

L'occasion est belle , Si je glissais un mot touchant Mademoiselle ! Je suis sur du succès, quand Madame saura...

M^K DORVAL

Tu parles bas encor, Comtois ; que dis-tu là?

COMTOIS, haut.

Je viens d'être témoin, Madame, d'une scène!... Ce spectacle vraiment vous eût fait de la peine.

MME DORVAL, vif^'ement.

Quoi (Jonc! un malheureux ! mon cœur est tout ému!

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