‹ [Pièces de théâtre, 1820-1822]Chapitre 346 sur 453 · ACTE III, SCENE I · texte numérisé non relu

ACTE III, SCENE I

Gaîment je réussis, ou succombe gaîment.

Je regarde en pitié ces gens atrabilaires,

De qui l'abattement empire les affaires.

La gaîté , de l'esprit anime les ressorts ,

Rend le coup-d'œil plus sûr* les obstacles moins forts.

Lorsque son feu divin nous éclaire , nous aide ,

On voit mieux le danger, on voit mieux le remède;

Tiens , Germon , mille fois je m'en suis convaincu,

Quand on rit d'un obstacle, il est presque vaincu.

GERMON

Ail ! que ne puis-je avoir ton heureux caractère ! Mais pourquoi ,\mon ami, t'entourer de nfystère? Pour quel motif, dis-moi, ne pas me révéler Ce plan si merveilleux dont tu viens de parler.^ Ainsi que toi, Belcour, la chose m'intéresse.

BELCOUR

Laisse-là mes projets , Germon ; l'heure nous presse. Le temps qu'il me faudrait perdre à te les conter. J'aime mieux l'employer à les exécuter.

GERMON

Mais c'est donc un moyen bien extraordinaire ?

BELCOUR

Il est tout naturel , et tout simple , au contraire ; Et toi même en seras étonné. Mais, dis-moi, Gerjnon, l'ami Germon, serait charmé, je croi , De faire ses adieux à celle qu'il adore ?

GERMON, viuemenù* •Que veux-tu dire.^^ Eh ! bien....

BELCOUR

Tu la verras encore.

Lorsque tu m honorais de tes soupçons jaloux, Moi , je te ménageais un dernier rendez-vous.

GERMON

Je pourrai lui parler!... Tu me rends l'existence. Quand ? dans quels lieux*?

BELCOUR

Ici ; je l'entends qui s'avance.

Lisette avait le mot ; la duègne , quelque part , S'occupe gravement des apprêts du départ ; Et pendant ce temps-là.... Mais les voici, je pense.

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