‹ [Pièces de théâtre, 1820-1822]Chapitre 361 sur 453 · C II A RANÇON · texte numérisé non relu

C II A RANÇON

Vos intérêts, monsieur, sont en main économe, Qui ne prodigue rien , que les soins vigilans.

PÉRIANTHE

C'est là votre refrein, depuis trente-cinq ans; Et le bien qui, durant un si long intervalle. Fut dissipé chez moi, par cette main fatale. Ferait un beau denier cependant aujourd'hui.

CHARANÇON

D'accord; mais...

PÉRI ANTHE.

C'est assez, brisons là.

CHARANÇON, Ci part , 671 sortant.

Quel ennui!

JULES, le -voyant sortir avec le sac.

L'intendant est en fonds , fort bien !

PÉRIANTHE, a Volrade.

Quelle nouvelle, Mon gendre ?

VOLRADE.

On en donne une, à peine.

PÉRIANTHE

Quelle est-elle ?

On proclame les noms des heureux candidats , Députés présomptifs; et l'on ne m'y met pas. Je compte quelques voix cependant; mais la brigue.... Tirai , je parlerai , je déjouerai l'intrigue.

Notre ami Suzeval , son élévation N'obtiennent pas non plus la moindre mention. La chose apparemment n'en valait pas la peine... Mais on nous entretient des héros de la scène, De peintres, de tableaux, de poètes, de vers, Sujets intéressans, qui nous sont bien plus chers.

JULES

D'un étrange dépit votre ame est enflammée! Eh ! vous occuperez assez la renommée , Alors que la tribune à vos discussions Livrera de nos droits les grandes questions. Préparant pour vous seuls les palmes triomphales, Nous faut-il devenir Visigoths ou Vandales ; Délaisser les talens , et d'un mépris cruel Faire de leurs efforts le salaire mortel ?

Ah ! la France leur doit aussi des jours de gloire : Vous auriez là, messieurs, une triste victoire,

VOLR AD E.

Le bel enthousiasme!

PÉRIANTHE

Il parle de talens !

* Qu'aurait-il dit , bon Dieu ! sll avait vu mon temps ;

* Si pour contemporains il eût eu des Voltaire, ^ Des Rousseau!

JULES, aç'ec toute P exaltation de son âge.

J'eusse fait comme toute la terre:

* Je les eusse adorés !

voLRADE, ricanant.

Adorés !

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