ACTE 1, SCÈNE
Mes amis aujourd'hui trouvant le sort fidèle De nos législateurs m'ouvrent enfin les rangs...
PÉRIANTHE, a lui-même.
Cela me paiera-t-il mes trente mille francs ?
V o L R A D E , continuant.
Je sais comme on se rend facile ou redoutable : Mon plan est arrêté, plan juste, raisonnable, Et si grand, si profond, si sagement conçu. Que rien n'est oublié dans son vaste aperçu; Que morale privée et conduite jDubiique, Tout y trouve son code et sa règle pratique , Et sans les préjugés , les superstitions, Du profane vulgaire aveugles notions.
Je vais d'un pas réglé, mais libre et sans entrave. D'aucun parti d'abord on ne me voit l'esclave : Et, sauf certain pamphlet, qu'en un profond oubli Il m'est permis enfin de croire enseveli. Rien ne peut m'accuser d'erreur ou d'inconstance : Au cas d'un certain choix, l'avantage est immense; Vous le comprenez bien.
PÉRIANTHE
Ma foi! c'est tout au phis.
Qu'est-ce que cela fait à mes dix mille écus ?
VOL RADE
Qu'en l'état où le sort, par un heureux caprice, Me place pour saisir l'occasion propice, Si je prends un parti... tel qu'on le peut prévoir.... ( Ce n'est pas me bercer , je crois , d'un fol espoir;) J'ai dos antécédents; cl quand on administre...
Eh bien?...
PÉRI ANTfîS,
V o L R A D E , exalté.
Si quelque jour vous me voyez ministre; Si ma fortune enfin prenait ce noble essor, Pour vos recouvrements craindriez-vous encor ?
PÉ RIANT H E
Parbleu! si cette voie est la seule indiquée, Ma liquidation est bien hypothéquée!
F L A V I E N ^faisant voir son château a Thérèse.
Tiens, tiens, comme il est haut !... Ne souffle pas dessus.
Tous ces discours d'ailleurs sont ici superflus.
Suzeval au plutôt recevra ma visite ,
Et ce que j'apprendrai réglera ma conduite.
PÉRIANTHE
Fort bien.
JULES, h part.
Grand Dieu! Julie!
VO L R ADE
Eh! voilà sûrement Quelqu'un qui de sa part nous vient en ce moment.
PÉRIANTHE
N'est-ce pas sa nièce?
VOLRADE.
Oui.
( On se salue. )