ACTE Jl, SCENK liJ
voLRADE, -vivement.
La nièce du ministre ?
PÉRIANTHE
Oui , je sais tout.
JULES, a part.
Grands dieux !
PÉRIANTHE, raillant Jules.
La vieillesse au besoin trouve encore des yeux.
VOLRADE.
Eh mais... c'est en effet une aimable personne;
( a Jules , d'un ton très-composé. ) Et je... Mon bon ami, parfois on s'abandonne... (La parole chez nous est toujours un torrent.) Mon zèle, bien qu'il soit celui d'un bon parent, Peut-être ici m'égare. Il s'agit d'hyménèe : La chose mûrement veut être examinée.
C'est vous qu'elle intéresse après tout ; et , ma foi ! Vous y vouloir guider est trop prendre sur soi.
[^avec une sensibilité emphatique.)
Des maux que nous versa le sort impitoyable , Un mauvais mariage est le plus redoutable ; Et si vous me deviez un destin si ci;uel , J'en porterais dans lame un regret éternel.
PÉRIANTHE
Voilà changer de note avec peu de scrupule , Et de légers motifs charger un préambule. La nièce du ministre adoucit votre aigreur. Mais, de votre aveu même, il y va de l'honneur.
A Dieu ne plaise aussi que ma bouche l'invite
A jamais en franchir l'immuable limite!
Mais celle qu'on prescrit à notre autorité
Ne change pas non plus à notre volonté.
Au reste , nous verrons. Monsieur, l'heure s'écoule ;
Auprès de Suzeval nous trouverons la foule.
PÉ RIANT HE
[a Jules.) Partons. — Songes-y bien: si je perds mon procès, Sur ton compte, morbleu î j'en couche tous les frais.