‹ [Pièces de théâtre, 1820-1822]Chapitre 385 sur 453 · ACTE II, SCENE III. fïi · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE III. fïi

Pensent , dès qu'on est vieux , qu'on n'est plus bon à rien ; Qu'on a le sens obtus; qu'on leur ressemble...

VOLRADE.

Eh bien ?

PÉRIANTHE, continuant toujours.

Il faut voir de quel air ils traitent la vieillesse; Quel sujet de risée elle leur est sans cesse ! Un vieillard , fi ! partout importun , déplacé , Il a comme le corps l'entendement glacé; La mort et les pensers qu'elle émeut avec elle Doivent seuls occuper sa pesante cervelle. Ce sont là leurs propos. Toutefois, à l'écart, Au sein de l'abandon où languit le vieillard, Il observe, médite, examine en silence; Et l'on ne trompe point sa longue expérience.

VOLRADE, impatienté.

Enfin...?

PÉRIANTHE

Enfin , monsieur se ravise aujourd'hui ; Et les d'Orbèle et nous, à tort comptons sur lui.

VO L RADE

Est-il vrai ?

JULES, h part.

D'où sait-il?...

PÉRI ANT HE

Qu'il dise le contraire.

VOLRADE.

{a Jules.) Cela ne se peut pas. — Quoi ! vous pouvez vous taire ?

Songez-vous à quel point les vôtres compromis... Que les choses en sont?...

JULES

Mais ai-je rien promis ?

V o L R A D E , a^^ec invacité.

Mais comptez- vous pour rien nos soins et nos instances ? Oubliez-vous le but où tendaient ces avances ; Quels fruits nous tirions tous de cet heureux succès ? Moi ; d'utiles amis...

PÉRIANTHE

Moi, la fin d'un procès.

VOLRADE.

Revenir sur nos pas est un parti funeste , Dont le danger pour nous n'est que trop manifeste. Ces gens tiennent à tout; ils crieront justement : Vous ne les comptez pas braver impunément. Et pouvez-vous d'ailleurs soutenir la pensée Qu'une femme à ce point soit par vous offensée ? Faut-il que le transport d'une indiscrète ardeur Vous fasse oublier tout : l'intérêt et l'honneur !

JULES

L'honneur!

VOLRADE.

Oui , monsieur.

PÉRIANTHE, triomphant.

Hé ! qu'en dis-tu , je te prie ?

( a Volrade, ) Ses vœux ont pour objet cette jeune Julie...

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