‹ [Pièces de théâtre, 1820-1822]Chapitre 390 sur 453 · ACTE II, SCÈNE V · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE V

JULES

Son nom? Vous l'ignorez? Je ne l'ai pas dit?

SUZEVA L.

Non.

JULES

Hélas ! il se peut bien : son image charmante A mes yeux , à mon cœur est sans cesse présente ; Mais son nom !... Ah ! ce nom si précieux , si doux, Comment l'oser jamais prononcer qu'à genoux !

SUZEVAL.

Ne vous contraignez pas. Mais trêve de mystère : Car si vous souhaitez que je parle à son père , Quoi que d'un nom si doux puisse coûter l'aveu , Vous sentez qu'il faut bien que je le sache un peu.

JULES

Mon dieu! oui. Cependant vous seriez bien aimable Si vous le deviniez. Hein ! Soyez charitable : Vous vous en doutez bien ?

SUZEVAL.

Du tout.

JULES

Non?

SUZEVAL,

Non.

iuLES.

Voyons ; Mais ne m'accablez point de trop d'objections.

6o LES QUATRE AGES.

Dans l'état où je vois mes frêles espérances , J'ai besoin de secours , non pas de remontrances.

SUZEVAL.

Hum !... Que dois-je augurer d'une telle frayeur ? L'hommage de vos vœux ne peut qu'être flatteur : Serait-ce que l'objet de cet amour extrême N'aurait pas?...

JULES , r interrompant uiveinent.

Ah! monsieur, la perfection même.

D'un soupçon odieux gardez de l'outrager : Et d'un seul mot ici vous en allez juger : C'est Julie.

SUZEVAL.

Eh ! ma nièce "^

JULES

Oui, c'est elle, c'est elle, De beautés , de vertus adorable modèle.

Servez-nous : je vous dis que je suis réformé ; Et connaissez le plan qu'en secret j'ai formé. Vous savez que d'abord ma tête un peu légère Avait trouvé du droit l'étude trop austère...

SUZEVAL.

Y portez-vous enfin plus de zèle , de goût ? Vous voit-on à vos cours ?

JULES

Je h'y vais plus du tout :

J'ai quitté : cet ennui m'était insupportable. J'ai su prendre un pai^ti cent fois plus convenable ,

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