‹ [Pièces de théâtre, 1820-1822]Chapitre 389 sur 453 · ACTE 11, SCÈNE V · texte numérisé non relu

ACTE 11, SCÈNE V

SUZEVAL..

D'hier ! C'est tout nouveau. N'en soyez pas trop fier.

JULES

A.h ! je suis sûr de moi ; je n'ai pas de faiblesse.

SUZEVAL.

Et comment vous a pris cet excès de sagesse ?

JULES

Il m'a pris... Que dirai-je ? Au milieu d'autres soins, Tout à coup , dans l'instant où j'y pensais le moins.

Mais quelle en est la cause ? ^

JULES

Ah ! monsieur , la plus belle !

SUZEVAL.

Je comprends. En effet , mademoiselle Orbèle , A ce que m'en a dit Périanthe...

JULES

. Elle!

SUZEVAL.

Eh quoi?

JULES

Son mérite jamais n'eut triomphé de moi.

Il n'y fallait pas moins que la vertu, les charmes,

De celle à qui mon cœur rend aujourd'hui les armes.

Mais de quels dons heureux le ciel en la formant

Nous voulut faire voir l'assemblage charmant !

Je ne puis y penser , dans l'ardeur qui m'enflamme ,

Sans me sentir troublé jusques au fond de l'âme. Puis un nom, des parens... surtout un oncle... ah dieu ! Dont on aimerait tant à se voir le neveu ! Si vous vouliez , monsieur , ne m être point contraire.

SUZEVAL.

Contraire ! Eh mais, pour vous, je suis prêt à tout faire.

Vrai ? C'est que votre esprit est tant soit peu railleur : Vous ne vous moquez point ?

SUZEVAL.

Nullement.

JULES

Ah, monsieur!

Je me jette à vos pieds : ma stérile éloquence »

Peindrait mal tant de joie et de reconnaissance. De son père , ainsi donc , vous m'obtiendrez l'aveu ?

SUZEVAL.

C'est tout ce qui vous manque ?

JULES

Oui, vraiment.

SUZEVAL.

C'est bien peu.

JULES

Voyez , dites de plus deux mots à mon grand-père ; Et tout m'assure enfin le bonheur (|ue j'espère.

SUZEVAL.

Or donc , de votre belle apprenez-moi le nom.

Page 1