ACTE 11, SCÈNE V
SUZEVAL..
D'hier ! C'est tout nouveau. N'en soyez pas trop fier.
JULES
A.h ! je suis sûr de moi ; je n'ai pas de faiblesse.
SUZEVAL.
Et comment vous a pris cet excès de sagesse ?
JULES
Il m'a pris... Que dirai-je ? Au milieu d'autres soins, Tout à coup , dans l'instant où j'y pensais le moins.
Mais quelle en est la cause ? ^
JULES
Ah ! monsieur , la plus belle !
SUZEVAL.
Je comprends. En effet , mademoiselle Orbèle , A ce que m'en a dit Périanthe...
JULES
. Elle!
SUZEVAL.
Eh quoi?
JULES
Son mérite jamais n'eut triomphé de moi.
Il n'y fallait pas moins que la vertu, les charmes,
De celle à qui mon cœur rend aujourd'hui les armes.
Mais de quels dons heureux le ciel en la formant
Nous voulut faire voir l'assemblage charmant !
Je ne puis y penser , dans l'ardeur qui m'enflamme ,
Sans me sentir troublé jusques au fond de l'âme. Puis un nom, des parens... surtout un oncle... ah dieu ! Dont on aimerait tant à se voir le neveu ! Si vous vouliez , monsieur , ne m être point contraire.
SUZEVAL.
Contraire ! Eh mais, pour vous, je suis prêt à tout faire.
Vrai ? C'est que votre esprit est tant soit peu railleur : Vous ne vous moquez point ?
SUZEVAL.
Nullement.
JULES
Ah, monsieur!
Je me jette à vos pieds : ma stérile éloquence »
Peindrait mal tant de joie et de reconnaissance. De son père , ainsi donc , vous m'obtiendrez l'aveu ?
SUZEVAL.
C'est tout ce qui vous manque ?
JULES
Oui, vraiment.
SUZEVAL.
C'est bien peu.
JULES
Voyez , dites de plus deux mots à mon grand-père ; Et tout m'assure enfin le bonheur (|ue j'espère.
SUZEVAL.
Or donc , de votre belle apprenez-moi le nom.