‹ [Pièces de théâtre, 1820-1822]Chapitre 400 sur 453 · ACTE 111, SCÈJNE 1. jô · texte numérisé non relu

ACTE 111, SCÈJNE 1. jô

SUZEVAL.

L'humeur chagrine est encore chez nous Une autre infirmité. De qui vous plaignez-vous P

PÉRIANTHE

De tout ki monde.

SUZEVAL.

Bien !

PÉRIANTHE

Et d'ahord de mon gendre , De son ambition qui ne se peut comprendre.

Toutefois, c'est de même un fruit de la saison, Un penchant que bien bas condamne la raison. Parvenu, non sans peine, au sommet de la vie, On en contemple alors la part qu'on a gravie Et celle qui nous reste encore à parcourir. L'espace au loin s'étend, moins pénible à franchir : iN est-il pas naturel, pour peu que l'on soit sage, Qu'on tâche d'embellir le reste du voyage!'

PÉRIANTHE

A l'expliquer ainsi, c'est juste assurément. Mais quand l'ambition sèche tout sentiment ; Qu'elle glace le cœur, le rend impitoyable , Qu'en dites-vous alors?

SUZEVAL.

Qu'elle est très-condamnable; Kl je ne conçois point qu'après certain écrit...

Que Volrade toujours doit avoir à l'esprit, 11 ose s'avancer...

PÉRIANTHE

Cet écrit l'inquiète , Je l'ai vu maintes fois : eh bien , rien ne l'arrête.

SUZEVAL.

C'est que nos passions sont rebelles au frein.

PÉRIANTHE

Pour Jules!...

SUZEVAL.

Ce n'est pas du moins le même train.

C'est cent fois pis encore : une sotte imprudence, Sourde aux conseils de l'âge et de l'expérience ; Un amour de l'éclat, du bruit, du changement, Qui dans mille embarras l'engage incessamment; Un naturel pervers enfin, tout me l'atteste. Car trouve-t-il en moi cet exemple funeste?

SUZEVAL.

Non; à le voir ainsi bouillant, écervelé, On conçoit que sur vous il ne s'est point réglé; Qu'il ne vous a pas pris, non plus, pour son modèle, Quand, léger dans ses vœux, il court de belle en belle; Mais vos sages penchants , l'âge les met en vous ; L'âge forme les siens , et les lui donne tous.

PÉRIANTHE

Il lui doit, à ce compte, assez d'iiK()ns<'(jU(uiC(\'

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