SCÈNE IX
PÉRIANTHE, VOLRADE.
VOL RADE
Je reste confondu.
PÉRIANTHE
Non, je ne puis vous plaindre; Ayant, à si bon droit, un tel revers à craindre, Il vous fallait marcher d'un pas plus mesuré; Il fallait dans vos vœux être plus modéré.
VOL RADE
Pouvais-je prévoir...
PÉRIANTHE
Oui , parlez de prévoyance !
La mémoire chez vous était de la prudence. Mais quand l'esprit est plein de si vastes désirs , Il n'y peut plus rester de place aux souvenirs.
VOLRADE.
Mais vous , qui me tenez ce langage sévère , Avec moi , jettez donc un regard en arrière. Je publiai ce livre à vingt-ans ; tous les torts Que vous me reprochez , vous les aviez alors. J'adorais votre fille; un amour excusable M engagea , pour vous plaire, en ce pas condamnable.
Ainsi chacun de nous suivait sa passion : Moi , ma pui e tendresse ; et vous , l'ambition .
PÉRIANTHE
Moi!
Vous.
VOLRADE.
*■ PÉRIANTHE
A ce propos je ne veux point répondre. D'un seul mot cependant je pourrais vous confondre : Jamais honneur , emploi , rang par moi souhaité Ne fut brigué , monsieur , ni surtout acheté.
VOLRADE.
* Vraiment , je le crois bien • ni par moi : mais au reste, ^ Vous ne nous vantez là qu'un préjugé funeste.
"^ Que deviendrait , l'état si les vrais citoyens "^ Etaient si réservés sur le choix des moyens ?
* Complices timorés de sa coupable audace , ^A l'intrigant partout ils céderaient la place. ^Monsieur, quand il s'agit de servir son pays,
* Toute entreprise est juste et tout moyen permis.
PÉRIANTHE
*La maxime est fort belle, et peut-être fort sage; * On supprime ces vers , et l'on continue la scène ainsi :
VOL R A. D E
Certe !...
Se ruiner n'est jamais qu'un scandale