BRIGITTE, LA BARONNE, LE BARON, LE CHEVALIER, EMMA
LE CHEVALIER entrant par le fond.
Je vous cherchais baron , je quitte le Francbouig.
( il salue Emma avec le plus grand respect. )
Tout va , grâces à hii, se finir clans ce jour. Il doit venir bientôt vous l'assurer lui-même, En dînant avec vous.
LA BARON NE
C'est d'une audace extrême !
Ai-je connu cet homme? et pourrai-je chez moi L'admettre décemment .^
L£ BARON
S'il m'en fait une loi, Je ne puis renvoyer un homme qui m'oblige.
EMMA
De l'avoir à dîner , quoi ! madame s'afflige ? C'est un excellent homme !
LA BARONNE
Un excellent bourgeois.
Nous l'eussions engagé; mais pour une autre fois. Aujourd'hui j'ai du monde et du plus haut parage. R-ien n'est contrariant comme un tel assemblage,
EMMA
Accueilhr, honorer l'esprit, la probité, Pourrait donc avilir l'homm© de qualité ?
T^A BARONNE
Voilà des questions!
BRIGITTE, ai^ec impatience.
Cette petite fille
LA BARONNE
Un étranger toujours dérange une famille. Je n'avais convié que mes nobles parents: Que diront mes cousins, les premiers présidents ?
Ils sont ici déjà , même but les rassemble.
Ils m'ont de leurs projets parlé tous deux ensemble.
(^à Emma.)
Ils vont à ce sujet vous remettre un écrit.
EMMA
Ils veulent donc user aussi de mon crédit ?
LE CHEVALIER
Sans doute ; mais il faut avoir de la prudence ; Recevez leur papier d'un air de bienveillance ; Et promettez leur tout. Cela coûte si peu ; Et puis , en arrivant mettez , le tout au feu.
EMMA
Moi! brûler leur papier .*^
LE <]H£VALIER
Eh ! rien de mieux à faire.
On a par ce moyen bientôt fini l'affaire : Ah î si vous écoutez les réclamations , Vous recevrez par jour cinq cents pétitions; En les brûlant , au moins , on n'a point à les rendre.
( il tire un papier de sa poche. )
Cette note est pour vous , vous voudrez bien la prendre :