‹ [Pièces de théâtre, 1820-1822]Chapitre 43 sur 453 · ACTE II, SCENE XIV · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE XIV

Et de plus la remettre en des moments choisis Au prince qui me met au rang de ses amis; Et lui dire. . . .

EMMA, prenant la note.

C'est bon, pour peu qu'on m'en envoyé, Je pourrai commencer demain un feu de joie.

LE BARON riant.

Le tour est excellent.

LA BARONNE ^2^ chevalier.

Oui , pour vous , il est bon.

BRIGITTE

Ah ! que ce petit ange est un malin démon !

EMMA

Mais au reste quel est le but de la demande ?

LE C H EV ALI E R

Je veux la pension, l'affaire est assez grande;

Je veux que l'on me paye , à ne vous point mentir ,

Mes services passés , et tous ceux à venir.

EMMA riant.

Vos services, monsieur; c'est dans l'infanterie, Sans doute.

LE CHEVALIER

Ah ! c'est fort bien pour la plaisanterie. Moi , je puis vous jurer que jamais pension Ne fut plus légitime et je le prouve.

EMMA

Bon.

LE CH EVAL 1ER

On parle de service ! Ah ! le mien n'est pas mince. Et ne faut-il donc pas que j'amuse le prince!

Et n'ai-je pas l'emploi de mes petits talents? A l'usage des cours , ils sont très-importants. Je dois pour réussir avoir de la mémoire , Chanter gentil couplet, ou conter une histoire j Sans motif de gaîtë paraître bien joyeux , Et, de tout ennuyé, n'être point ennuyeux, Souffrir sans s émouvoir Thumeur et Ite caprice; Tout cela n'est-il pas un pénible service ?

EMMA ironiquement.

Vous avez bien raison, aussi je vous promets D'appuyer, pour chacun, de si purs intérêts.

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