ACTE II, SCENE XIV
Et de plus la remettre en des moments choisis Au prince qui me met au rang de ses amis; Et lui dire. . . .
EMMA, prenant la note.
C'est bon, pour peu qu'on m'en envoyé, Je pourrai commencer demain un feu de joie.
LE BARON riant.
Le tour est excellent.
LA BARONNE ^2^ chevalier.
Oui , pour vous , il est bon.
BRIGITTE
Ah ! que ce petit ange est un malin démon !
EMMA
Mais au reste quel est le but de la demande ?
LE C H EV ALI E R
Je veux la pension, l'affaire est assez grande;
Je veux que l'on me paye , à ne vous point mentir ,
Mes services passés , et tous ceux à venir.
EMMA riant.
Vos services, monsieur; c'est dans l'infanterie, Sans doute.
LE CHEVALIER
Ah ! c'est fort bien pour la plaisanterie. Moi , je puis vous jurer que jamais pension Ne fut plus légitime et je le prouve.
EMMA
Bon.
LE CH EVAL 1ER
On parle de service ! Ah ! le mien n'est pas mince. Et ne faut-il donc pas que j'amuse le prince!
Et n'ai-je pas l'emploi de mes petits talents? A l'usage des cours , ils sont très-importants. Je dois pour réussir avoir de la mémoire , Chanter gentil couplet, ou conter une histoire j Sans motif de gaîtë paraître bien joyeux , Et, de tout ennuyé, n'être point ennuyeux, Souffrir sans s émouvoir Thumeur et Ite caprice; Tout cela n'est-il pas un pénible service ?
EMMA ironiquement.
Vous avez bien raison, aussi je vous promets D'appuyer, pour chacun, de si purs intérêts.