ACTE V, SCÈNE III. iSy
C'est m'en dire une des plus cruelles ; Et de l'incertitude , en ces événemens , Rien ne saurait sans doute égaler les tourmens. Où sont-ils ? Que font-ils ? Le sort qui les menace Jette au fond de mon cœur un effroi qui le glace.
CHARANÇON
Et moi !
PÉRIANTHE
Leur adversaire est généreux, humain; Je le veux; mais il tient leur ruine en sa main ; Celle de l'un au moins; car pour Jules, j'espère...
CHARANÇON
N'aviez-vous pas parlé d'aller au ministère ? C'était un bon parti.
PÉRIANTHE
Je le crois; en tout cas, Je ne me presse point de hasarder mes pas.
CHARAN ÇON
Pourtant...
PÉRIANTHE
A se hâter, quelquefois l'on s'expose.
Ma liquidation... Mais parlons d'autre chose.
CHARAN ÇON
Si contre votre gendre en ces cruels instans On osait profiter... Ne perdez point de temps. Jamais l'activité ne fut plus nécessaire.
i38 LES QUATRE AGES.
PÉRIANTHE
J'en conviens. Cependant, parlons d'une autre attaire. De l'argent que tantôt je vous ai confié ; Comment l'emploi par vous est-il justifié?
CHARANÇON, Cl paH.
( haut. )
Nous y voilà! — Quel soin! courez au ministère; Le mal fait des progrès tandis qu'on délibère.
PÉRIANTHE
Répondez.
F L A V I EN , tirant doucement Périanthepar son habit. Grand-papa...
CHARANÇON
Dans ce péril urgent...
PÉRIANTHE
Voulez-vous méclaircir enfin sur cet argent .î*
CHARANÇON
Non , monsieur.
PÉRIANTHE
Comment donc P
CHARANÇON
Non. Je suis dans un trouble !
Ah ! juste ciel ! ma crainte à chaque instant redouble. J'aime tant ces messieurs ! Votre Jules surtout !
PÉRI A NT HE
Le traître a résolu de me pousser à bout!