ACTE m, SCENE V. Gg
Vous devez bien penser que seul dépositaire
Je n'ai pu diriger une semblable affaire.
Vos fonds sont dans les mains de l'honnête intendant
Qui régit tous mes biens.
LA PRÉSIDENTE a^^ Conseiller. C'est très-inquiétanti EMMA au baron.
Dans mon tuteur, Monsieur , j'ai toute confiance; Mais je trouve un plaisir dans la reconnaissance : Et si je vous en veux , c'est de n'avoir pas dk Tout ce que je devais à cet oncle proscrit. Que pense -t-il de moi? je lui parais coupable.
CHARLES bas a Edmond. .
Ah ! quel excellent cœur !
EDMOND bas a Charles.
Quel naturel aimable !
EMMA, a Edmond»
Ah! poursuivez, monsieur, et croyez désormais Que je saurai répondre un jour à ses bienfaits. Vous ne concevez pas 1 intérêt qu'il m'inspire ;
Mais de grâce, monsieur, achevez de nous lire
EDMOND, continuant la lettre, a Un voyageur vient de m'assurer que le baron a dis- « sipé tous ses biens ; et que l'orgueil de sa femme égale « au moins sa pauvreté. »
LE BARON
J'ai dissipé mes biens !
EDMOND
Quel malheur à cela l
fBas au baron.)
Les amis de Hambourg valent ceux de Riga.
De l'orgueil ! le beau-frère a Tame plébéienne ; Par sa façon de vivre il a jugé la mienne.
EMMA, doucement.
Madame, permettez, je brûle de savoir Ce qu'un oncle si bon pourrait encor vouloir. LA BARONNE, njwement a Edmond.
Allons, continuez.
BRIGITTE, a la baronne.
Patientons, ma cbèr€.
LE CHEVALIER
Le diable de paquet!
LA BARONNE
J'étouffe de colère !
EDMOND, continuant la lettre.
« Cette maison, entraînée par son ambition et sa «détresse, a, dit-on, le projet de placer l'innocente « Emma à la cour, avec le titre de fille d'honneur de « la princesse. Tâchez de l'approcher, et d'éclairer ce « cœur naïf et bon ; dites-lui que ce titre est un piège , « que ses parents la trompent, et que le précipice »
LE BARON, en colère.
Quoi ! par un tel écrit on ose m'outrager ! C'est en le déchirant que je dois me venger.
(Il V arrache des mains d'Edmond , et le déchire.J
CHARLES, en colère.
Monsieur !
LE BARON
Nous accuser près d'une jeune fille!
Par d'odieux soupçons insulter sa fiimilloî