ACTE III, SCENE V
Ahî si de cet écrit je vois jamais l'auteur , Il peut tout redouter de ma juste fureur !
CHARLES, toujours en colère.
Monsieur! vous l'avez pris dans les mains de mon père; Vous me rendrez
L E B ARON. N
Comment?
EDMOND, sévèrement y bas a Charles,
Voulez-vous bien vous taire ?
EMMA , toute interdite , et en s^ éloignant de ses parents.
Des craintes, des soupçons, mon tuteur irrité... Ah! qui m'éclairera dans cette obscurité?
EDMOND, a part , examinant Emma,
A son trouble , à ses yeux , je vois que le trait porte.
fHaut.J
Que diable a-t-on ici ? tout le monde s'emporte. Pourquoi vous étonner qu'un généreux parent Qu'on ne consulte pas^ soit si récalcitrant? S'il a de ses bienfaits conservé la mémoire, De la noble famille il doit encor se croire. Sur la pupille aussi n'a-t-il donc pas des droits ? C'est pour vous les prouver qu'il impose ses lois.
fEn élevant la voix, et appuyant sur les mots de piège et de retour J
Qu'enfin il ne veut pas qu'Emma trop confiante Accepte à votre cour cette place brillante; Qu'il prétend , qu'abusant d'un naturel heureux , Des méchants ont dressé contre elle un piège affreux. Et qu'elle fera bien , pour son intérêt même , D'attendre le retour de cet oncle qui l'aime.
EMMA, vivement.
D'attendre son retour ! je puis donc espérer... LA BARONNE, eiifurcur.
(A Emma.)
Mais vous en dites plus...! Il faut nous retirer.
EDMOND
Mais pourquoi m'en vouloir, quand d'efforts je redouble Pour ramener la paix .^
BRIGITTE
Ah ! dites donc , le trouble.
LA BARONNE
Non, je n'y conçois rien : le plus malin démon, Avec vous est entré je crois dans la maison.
EDMOND
Je suis bien innocent de tout ce qui se passe ;
Mais, vous pouvez parler 5 pour peu que je vous lasse....
(Il va pour sortir.)
LE CHEVALIER, t arrêtant.
Le hasard a tout fait.... J'arrangerai cela.
("A la laronne.J
Baronne, songez donc
LA BARONNE, bas ail harou.
Faisons sortir Emma.
(A Emma.)
Chère enfant , nous irons , si vous voulez permettre...
EMMA
Non, madame
LE CONSEILLER, a la présidente.
Ah ! quel est l'effet de cette lettre î
LA PRESIDENTE
Le cousin de Riga nous joue un méchant tour.