LE BARON, LE CHEVALIER
liE CHEVALIER.
JlLh! non, mon cher baron, vous n'avez rien à craindre; Notre riche Francbourg connaît peu l'art de feindre ; Puis , c'est un commerçant qui doit compter très-bien Loin de le redouter , pressez cet entretien.
LE BAROIV.
Ce que vous dites-là je l'ai pensé d'avance ;
Et j'y cède pourtant moins qu'à la circonstance :
Mais la petite exige impérieusement
De voir monsieur Francbourg , ne fût-ce qu'un moment..
LE C HEVA LIER.
Comment, de lui parler elle a vraiment envie ?
LE BARON
Vous ne le saviez pas? Elle presse, elle prie; Et même tout-à-l'heure est venu déclarer Qu'elle ne voulait point aujourd'hui se parer, Puisqu'on lui refusait de voir une personne Que son tuteur estime , et qu'elle affectionne;
Que le père de Charle est par-tout respecté ; Et qu elle veut le voir en pleine liberté.
LE CKEVALIER.
Pour une jeune fille, elle a du caractère.
C'est ce maudit écrit qu'on doit à votre frère
LE BARON
Ai-je pu, dites-moi, l'entendre sans fureur ? M'imputerun motif qui doit blesser l'honneur! Oui , sans doute , effrayé du sort qui me menace, Je veux ravoir mes biens ou par droit ou par grâce ; .Te puis les demander au prince justement.
Et même m'appuyer d'un cruel testament
Mais me calomnier, ô Dieux! cette infamie
LE CHEVALIER
C'est prendre au sérieux une plaisanterie.
A la cour on sait bien tout ce que nous valons.
LE BARON, à part.
Le fat met de niveau nos réputations !
LE CHEVALIER
Qu'avez-vous décidé pour la chère petite ?
LE BARON
A son appartement je suis allé bien vite ;
Et lui promettant tout pour calmer son effroi,
J'ai dû justifier sa confiance en moi.
Elle verra Francbourg , ce soir en tête-à-tête.
LE CHEVALIER
Très-bien. Et pense-t-elle à la grande toilette?
LE BARON
Mais vous savez qu'elle es!^ attendue à la cour, Qu'on doit l'y présenter avant la fin du jour.