‹ [Pièces de théâtre, 1820-1822]Chapitre 65 sur 453 · LE BARON, LE CHEVALIER · texte numérisé non relu

LE BARON, LE CHEVALIER

liE CHEVALIER.

JlLh! non, mon cher baron, vous n'avez rien à craindre; Notre riche Francbourg connaît peu l'art de feindre ; Puis , c'est un commerçant qui doit compter très-bien Loin de le redouter , pressez cet entretien.

LE BAROIV.

Ce que vous dites-là je l'ai pensé d'avance ;

Et j'y cède pourtant moins qu'à la circonstance :

Mais la petite exige impérieusement

De voir monsieur Francbourg , ne fût-ce qu'un moment..

LE C HEVA LIER.

Comment, de lui parler elle a vraiment envie ?

LE BARON

Vous ne le saviez pas? Elle presse, elle prie; Et même tout-à-l'heure est venu déclarer Qu'elle ne voulait point aujourd'hui se parer, Puisqu'on lui refusait de voir une personne Que son tuteur estime , et qu'elle affectionne;

Que le père de Charle est par-tout respecté ; Et qu elle veut le voir en pleine liberté.

LE CKEVALIER.

Pour une jeune fille, elle a du caractère.

C'est ce maudit écrit qu'on doit à votre frère

LE BARON

Ai-je pu, dites-moi, l'entendre sans fureur ? M'imputerun motif qui doit blesser l'honneur! Oui , sans doute , effrayé du sort qui me menace, Je veux ravoir mes biens ou par droit ou par grâce ; .Te puis les demander au prince justement.

Et même m'appuyer d'un cruel testament

Mais me calomnier, ô Dieux! cette infamie

LE CHEVALIER

C'est prendre au sérieux une plaisanterie.

A la cour on sait bien tout ce que nous valons.

LE BARON, à part.

Le fat met de niveau nos réputations !

LE CHEVALIER

Qu'avez-vous décidé pour la chère petite ?

LE BARON

A son appartement je suis allé bien vite ;

Et lui promettant tout pour calmer son effroi,

J'ai dû justifier sa confiance en moi.

Elle verra Francbourg , ce soir en tête-à-tête.

LE CHEVALIER

Très-bien. Et pense-t-elle à la grande toilette?

LE BARON

Mais vous savez qu'elle es!^ attendue à la cour, Qu'on doit l'y présenter avant la fin du jour.

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