‹ [Pièces de théâtre, 1820-1822]Chapitre 69 sur 453 · SCÈNE IIJ · texte numérisé non relu

SCÈNE IIJ

EDMOND, seul.

Bon! tout marche au gré de mes souhaits. Comme ils viennent se prendre en leur propres filets! Je les plains maintenant, sur-tout mon pauvre frère; Car il n'est pas méchant, je crois, par caractère. A présent , je suis sûr qu'il devait ignorer... Mais il me faut encor du temps pour m'éclairer : Songeons à notre Emma... Si, pour calmer sa peine, Je révélais mon nom et le but qui m'amène... ^ Quoi ! j'oublîrai toujours que je suis étranger ; Que le prince est amant , et qu'il peut se venger ; Que je n'ai point d'amis ? Ah ! gardons le silence : Oui, le salut d'Emma dépend de ma prudence.

Cil aperçoit Emma ; elle a l'air pensif. J

Elle vient , et n'a plus cet air joyeux , naïf : C'est la beauté qui craint un repentir tardif.

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