SCÈNE VII
ANTÉNOR, DLPLESSY.
DUPLESSY, d part. Voyons donc ce M.
Anténor qui veut me parler... Dieu!
ce jeune homme que j'ai remarque à 1 nêtre. Quel est son projet?
ANTÉNOR, dpart. Elle vieillira peut-être aussi...
DUPLESSY. Puis-je savoir, monsieur, ce qui me procure l'honneur de votre fisîte?
ANTÉNOR, distrait. Certaiiieineiit , monsieur. (A part.) Elle ne vient pas!..
DUPLESSY. Est-ce voire portrait que vous désirez ?
ANTÉNOR, distrait. Horrible anxiété i (Haut.) Vous dites, monsieur?..
DUPLESSY , à part. Comme il paraît agité!.. (Haut.) Monsieur, je suis un peu pressé... J'allais sortir. ..et m tous daignes nf apprendre dans quelle intention...
ANTÉNOR, toujours distrait. Oui, monsieur... ne professez-vous pas la peinture?
DUPLESSY. En effet, je la professe.
ANTÉNOR. Je désirerais prendre des le- COM,
DUPLESSY. Désolé de vous refuser; mais j'ai l'habitude de n'enseigner qu'aux dames.
AXThXOft , d part. Comment lui faire parvenir ce billet? (Haut.) Vous dîteSj
monsieur?
DUPLESSY. Je di>, monsieur, que TOUS
n'êtes pas du tout à la conversation... sans quoi vous suries compris que, dans ms position, je ne puis prendre d'élères, fût-ce même à vingt francs le cachet...
ANTÉNOR. Qu'à cela ne tienne , monsieur... Je VOUS <'ii donnerai trente, quarante... cinquante I tout ce que joui \on-
drez. (A /<irti en mettant la main d son gilet.) Oh! j'y suis!..
DOPLBSSY. l'.n vérité, monsieur, je ne
sait pas -i cels suffirait pour m'indenmîser.
antlnor. Oui... son mouchoir.
II tire en cachette le noacboki <t Mvtlopfi la
lettre dedans.
DtJPLBSSY. Allons... k Nuil.Mjui ne n, • tinte plus*. .je sui» SUf le point de DM met- Il « en colère. ..
âsTriNORf d part. Ingéniera itratafèmel
DUPLESSY, ifmri. n-t-on jamais ni un pareil original !
\\n\on. Vous dites, monsieur?
DtJPLBSSY. Mais, monsieur, je dc i que tous répéter encore une foi
ami \on. Al"i i9c'esl Inutile !.. :
iaitenieut compris. .
Il place, a?cc précaution , le mouchoir iur .a ta Lie.
DLPLESSY. Ce . malheureux-
WTKTOK. VoOl iw à Sortir, je ne TOUS
retiesM ms... Dan- an heu (A part.) Dan? un.- ben aUra lu ma
lettre. (Haut.) Et je prendrai ma prem -n.
1)1 PLBSSY. Du tout, un instant, nous ne
sommes pas i ooTenna».«
wii \<)i;. Eh! (]u'importe?
Air : Epoux imprudent.
\ Misères li , i
Moi |fl ii if à l'argent,
lion impatience
M PttSSY.
Ah! la mienne l'«»t bien autant,
A5TLS01.
I H reila d'accord a prêtent,
II ne «'agit «iu»- <1<- s'r nt« i»Jr«*. Tout m cjiiMiit ici de no* projet*.
J'ai déjà Fait plut de pro„
Que vous ne pouvez le comprendre.
Au revoir... dan- une beOI
11 aort vivement.
SCI Nf VIII.
DUPLESSY,/ m Al (.1 mim; al LIU \.
M PI i s^. Lemoji n de s'expliquer are* une pareille tête... hum ! S m relie.
M (.1 ma, >ntratit a . / I I
mon amij roua Êtes seul ? ( urne
est -nrti !
Dt l'i i >sl . Oui, BJtil il reviendra, mal-
heureu-enieiit.. . Impossible »!
lii.i \. Il pourquoi nous en «1. barrasse?* m pLaTtsi Pourquoi qu'il Teut
prendre des l< pons «le d< nne
■ penser, |e soupçonne des i h m (.i m m qm ;
M PUBtTi I pas remarqué plosfc m à sa fenêtre,
oo il restait des beun i totii res en t ont plation.
M (.1 si l\i je un
lie !
ni pu ^) . thl ^
aujourd'hui, loi squ'il i r>
.m i ht an q'>r
tranquille; non . ». M J • \" "ir
il p°-
LE MAGASIN THEATRAL
DUPLESSY. Je ne suppose rien, madame, je vois clair. Vous et Lilia, vous êtes d'une légèreté impardonnable... A chaque instant, on vous voit à cette croisée. Vous y attirez des regards auxquels vous ne répondez pas, j'aime à le croire... mais enfin, je ne suis pas surpris qu'un jeune écervelé conçoive des projets...
AUGUSTINE. Dieu! quelle injustice 1 Allez, monsieur, c'est une indignité !
Elle pleure.
LILIA, à Duplessy. Elle a raison!., c'est une horreur, après quinze jours de mariage...
^ DUPLESSY. Allons!., la voilà qui pleure à présent. Eh bien ! non, je ne te soupçonne pas, chère amie... j'ai tort! Pardonne-moi et essuie tes larmes
AUGUSTINE. Laissez-moi pleurer.
DUPLESSY. Je t'en prie... Tiens, voilà ton mouchoir.
AUGUSTINE. Donnez.
Elle le prend des mains de Duplessy. La letlrc qu'Anténor a placée dessous, tombe.
DUPLESSY. Qu'est-ce que c'est que ça?., cin papier dans ce mouchoir...
AUGUSTINE et LILIA Un papier!
DUPLESSY, lisant l' 'adresse. Un billet!... « A la jeune épouse. » Il est pour vous, madame?
AUGUSTINE. Jevousprometsque j ignore entièrement.
DUPLESSY, qui a parcouru le billet. Qu'aijc lu? une déclaration passionnée !
LILIA. Est-il possible!
AUGUSTINE. Qu'est-ce que ça signifie?
DUPLESSY. Vous me le demandez, Augustine?
GOOoeeooQoeeG
, acecoeooQ
Les Mêmes, RAPHAËL.
RAPHAËL, avecune toile de tableau. Monsieur, voici une toile pour votre paysage.
DUPLESSY. C'est bien. Arrange ce portrait, que je sorte à l'instant : l'air me fera du bien.
RAPHAËL, apercevant le mouchoir. Tiens, le mouchoir de madame... 11 vous l'a donc rendu?
DUPLESSY. Qui cela?
RAPHAËL. Ce jeune homme qui est venu tout à l'heure.., lime l'a vu entre les mains et quand il a su que c'était le mouchoir de madame, il me l'a enlevé, en nie disant : Tiens, \ oilâ de l'or pour paver ton silence.
DUPLESSY. Il t'a donné de l'or'
RAPHAËL. Trois pièces de tîngt setts,
DUPLESSY, dAugustine. Vous L'entendez?
AUGUSTINE. Eh! que m'importe! Vous finirez par lasser ma patience.
DUPLESSY. Taisez-vous, madame, taisezvous ; je suis sur le point de me mettre en colère.
Raphaël. Faut- il vous accompagner, monsieur?
DUPLESSY. Va t'en au diable.
Air : // cédera, j'en suis certain, (de Toujours! ) ENSEMBLE.
AUGUSTINE
Quelle conduite abominable ! Non, je n'en puis revenir. .
C'est un tour épouvantable Dont je saurai vous punir.
Ah ! vraiment, c'est abominable I Non, je n'en puis revenir.
Quelle scène épouvantable !
e saurai vous en punir.
LIMA et RAPHAËL.
Voyez, quel bruit épouvantable Non, je n'en puis n- venir.
De cette scène effroyable* Ils pourront se repentir.
duplessy, à sa femme.
Vous êtes une coquette.
raphael, mettant ta toile sur le chevalet A la place du tableau qu'il présente à Duplessy. A sortir, êtes-vous prêt?
AUGUSTiNE, à son mari.
II est fou, je le répète.