‹ Pièces de théâtreChapitre 1086 sur 1241 · LUCIEN. M · texte numérisé non relu

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Air : Qu'il est flatteur d'épouser celle.

Riais c'est quelque chose je pense Lorsque l'on n'en a pas beaucoup.

Ll'CiEN.

Sans doule, C( tte bienveillance, On en est fier... on est surtout, Heureux qu'un autre vous chérisse.

THÉOBALD

Heureux, comme ce soir, enfin...

Qu'un ami, cjHand le pied vous glisse, Soit là pour vous donner la main.

Qu'un ami vous donne la main.

(Parlé.) Ah! ah! le fait est que nos relations ont commencé ce soir d'une manière trop originale.

LUCIEN. Très gaîment, du moins...

THÉOBALD. Tant mieux, tant mieux!., cela nous a mis en verve pour le bal. et je me sens en train de walser, de danser, de ^alopper surtout... oh! lagaloppc, je l'adore! c'est si gentil de tenir une femme dans ses bras, de la jeter de droite à gauche, de gauche à droite, en lui serrant la taille, qui se cambre, et la main qui brûle, à la barbe du mari qui... se vexe, c'est poétique, c'est délicieux!

LUCIEN. Je vois que vous aimez la danse!..

THÉOBALD. J'aime les femmes, et je puis vous confier, sans me flatter, que ce n'est pas une passion trop malheureuse.... je ne sais pas commenteela se fait, mais je suis homme à bonnes fortunes; j'en ai, j'en ai, j'en ai... ça me tue , ça m'abîme, la poitrine y passera.

11 tousse.

LUCIEN. Prenez garde, c'est trop de bonheur.

THÉOBALD. Pas toujours... j'ai des querelles, des disputes, et quelque chose de particulier, c'est que moi, qui perce une poupée à vingt pas, je suis très crâne... eh bien! quand je me bats avec un mari; je me bats quelquefois avec Les maris, je suis toujours sur d'attraper une balle ou un coup d'épée... ce qui esl contre l'usage établi; car il est convenu que ces gens-là doivent toujours être malheureux) Demandez !

lucien. En effet, cela se \ « » î l souvent.

TiiÉoiîAi.i). Enfin, cette année, j'ai déjà reçu deux balles.

i.i ÛIEN. En vérité.

THÉOBALD. Oui, une dans mon chapeau, et l'autre dans ma redingotte.

lucien 11 faut bien que le sorl vous

fasse payer VOSCOnquêteS trop faciles.

THÉOBALD. Faciles! mais pas du tout...

Yx tenez, en ce moment , je fais la cour à

une femme, que je ne vous nommerai pa>, parée que je suis très discret, à une femme charmante qui n'a pas l'air de m'écouter...

LUCIEN. Pas possible?

THÉOBALD. Il y a un mari, il n'y a pas de mal, j'aime ça, c'est plus piquant... par malheur, elle l'adore, elle en est jalouse comme une hyène; mais entre nous, je compte là-dessus; il lui fera des traits désobligeans, elle se fâchera, je la calmerai, et... voire >ervileur de tout mon cœur... (Lui offrant du jujube.) Voulez-vous du jujube?

LUCIEN. Mais, je ne tousse pas, moi.

THÉOBALD. Vous êtes fort, n'est-ce pas?

un gaillard comme Antony.

LUCIEN, lui saisissant viennent la main. Monsieur... monsieur... vous avez dit...

THÉOBALD. Oh ! rien , un enfantillage, je n'avais pas l'intention de vous blesser.

LUCIEN. Je vouscrois... malheur à celui qui me ferait rougir...

THÉOBALD, à part. Il a le poignet très fort.

LUCIEN. Mais laissons cela, parlons plutôt de vosamours, < e-i plus gai, vous dites, que votre passion, c'est madame...

tiiéobald. Je n'ai pas nommé, je suis trop discrel pour compromettre... (Apercevant madame de Savenay.) Ah! c'est elle!

LUCIEN. Madame de Savenay! la femme d'un maître des requêtes 1

THÉOBAi.D. Tiens! pourquoi pas? comme un conseilier-d'état.

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