SCÈNE l
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LE MAGASIN THÉÂTRAL
cri... (Faisant la petite voir.) Ah! mon Dieu! ah! fi! ah! l'horreur... (Changeant de ton.) Et elle m'a jeté la porte au nez, c'e4 à la lettre... Stupide cabriolet, je ne regrette qu'une chose, c'est de ne pas savoir son numéro.
DARBERT* d'an air d'indifférence. Il fallait le prendre.
TllÉOBALD Eh! parbleu! c'était bien mon intention, mais impossible, je n'y voyais plus, j'avais lesyeuot obstrues, et ce qui m'a molesté le pins profondément. .. c'est que le propriétaire de cet exécrable cabriolet riait aux éclats... [Riant d'indignation ) Ah, ah, ah! indécent cocher!
niais je me vepgerai, drôle!., oui, dès demain... et nous verrons, je rirai, ah, ah,
ah!
DARBERT, le retenant. Je suis bien aise, monsieur, d'avoir pu vous être utile , j'espère que vous serez moins malheureux...
i, TllÉOBALD. Ma foi, je n'en sais rien, je snis en veine; chez tous, eette nuit, et ee matin, chez M. de Savenay.
DARRERT, te ramenant. M. de Savenay.
ce matin... que parlez- vous de M. de Savenay ? vous l'ave/, vu ?
TllÉOBALD. Parbleu! et sa femme aussi, voilà encore un ménage... ah! Dieux ! si j'y remets jamais les pieds...
DARBERT. Oui, une querelle, n'est-ce pas? une scène de jalousie?
TllÉOBALD. Où je me snis trouvé englobé d'une manière atroce, le mari d'un côté, la femme de l'autre, l'un qui ine fait taire, l'autre qui me fait parler, M. Alfred quia un rendez-vous...
DARBERT, vilement. Chez lui!
tiiéobald. Au contraire... c'est à dire, il
n'en avait pas du tout; c'est égal, elle quq je l'empêche d'y aller... lui, exige que l'accompagné sa femme, laquelle a eut arriver la première, tandis (pli', tic son le mari. . est-ce que je sais? est-ce que j'y comprends quelque chose.
DARBERT. Mais enfin, madame de Savenay TOUS a d'il...
THÉOBALD. Ah! oui, elle m'a dit. ..\oi là le comique... Quand nous sommet arrivés, et qu'elle n'a trouve personne, chez la vieille, une pauvre femme, rue île Choiseul ; cent-vingt marches.., a\ un corde en forme de rampe,., moi , j". tai
1 1 1 1 1 . . . elle... Ah! bien oui... elle était rouge, pourpre, cramoi aient
en feu... SOrtei, m'a- t -t lie dit, à moi, à moi! vous vous entendes avec mou mari, monsieur, vous me trompe/., monsieur...
moi! je vous demande un peu, dans ma po-
sition... comme si , lorsqu'on fait la cour à une femme...
DARBERT. Vous dites?
THÉOBALD. Plaît- il? (A part.) Oh qu'est-ce que j'ai dit-là...
DARBERT. Achevez donc... vous êtes r venu cliez M. de Savenay...
TllÉOBALD. Du tout... au contraire.. c'est alors que j'ai rencontré ma robe pe sée garnie de fourrure...
DARBERT. Hein?
TllÉOBALD. Je dis : garnie de fourrure... c'est la cause de alheura.,. Oui , une
belle dame, qui, en passant près de moi, au coin de la rue de la Paix, m'a regardé et a poussé un cri... un petit cri... Ah !
DARBERT, réfléchissant. C'est singulier.
TllÉOBALD Oui... mais ce n'est pas désagréable.
DARBERT. Une robe pensée...
TllÉOBALD. Garnie de fourrure.
DARBERT. Et cette femme, vous l'avez vue?
THÉOBALD. Certainement... j'ai vu son pied, sa taille, sa tournure imposante... mais pour la ligure... votre serviteur., .elle fuyait rapidement en retournant a ers moi sa tète couverte d'un grand >oile blanc.
DARBERT, tirs agité. Un voile blanc...
après ?
TllÉOBALD. Moi, piqué au vif par les Savenay, et pressé de prendre une revanche.. .d'ailleurs naturellement aventureux, je m'élance sur les pas de la belle!.. Mais je m'amuse Là à vous conter des vétilles...
DARBERT, le retenant. Du tout!., continuez... une robe pensée!..
TllÉOBALD. Garnie de fourrure... j'allais l'atteindre et la connaître, quand, tout à coup, elle se jette dans une citadine qui V attendait... en me faisant un geste de...
DARBERT. D'effroi.
THÉOBALD. Ou d'amitié... comme ça...
(Faisan! un geste de la main.) ce qui semblait dire : « Amour, discrétion, et une «foule de choses pareilles! >» Pas d'autre voiture... heureusement j'ai du jarret... je la s 1 1 i -i de loin... mais, juge/, de ma contrariété quand je la vois se diriger vers ce faubourg... j'ai cru Un moment qu'elle allait sortir de Paris... qui sait! gagner la province... ça pou\ ait me mener Loin.
DARBERT. Enfin... elle s'est arrêtée?..
TllÉOBALD. Un peu plus bai 'jue fOtre
rue. . et quand j'y suia arrivé... bonsoir!.. mon inconnue avait disparut., et je cherchais sa trace, le nez en l'air, et Les mains dans les poches... quand oe cabriolet, cet
imbécile de cabriolet, m'a jeté un tombe-
MATIIILDE.
reau à la tête... sur le corps et partout... j'étais l'ait...
DARBERT, d part. Oh! mon cœur se bri.^e ..
THÉOBALD. C'est al.
Eamassé , et que vos d<
DARBERT. Lt cette femme qti< yue... bien vue.*., si vous la retrouviez...
THÉOBALD. Je la reconnaîtrais toul suite .. il me semble la ^ oir sa robe pensée . garnie de grand voile blanc... et...
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