‹ Pièces de théâtreChapitre 1148 sur 1241 · KS · texte numérisé non relu

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HEUR ET MALHEl II

JULES

Mon nom!... que servirait de vous le dire? Il vous est inconnu; du moins, je le crois... (A part. ) Elle n'est pas huissier.

AMÉLIE

Mais quel motif a pu vous déterminer à employer cette ruse?

JULES

Le plus impérieux de tous... la nécessité. J'étais forcé de me cacher.

AMÉLIE

De vous cacher? (Avec hésitation.) Vous avez donc fait quelque mauvaise action.

JULES

Pouvez-vous le penser? Non!... mais j'ai eu un léjrer différend avec la magistrature. J'ai eu la faiblesse défaire de petites lettres-de-chan{;e.

AMÉLIE

Mais, si elles étaient petites?

JULES

Ah ! voilà; mais j'ai suppléé à leur importance par le nombre. Le jour de l'échéance est arrivé, et le Tribunal de Commerce (c'est assez ridicule), le Tribunal de Commerce... Que vous dirai-je? Je venais d'échapper par une espèce de miracle aux inconvénients de la situation, lorsque je rencontrai Durand; je lui exposai en deux mots la nécessité où j'étais de me mettre à l'abri des recherches ; il m'offrit la lettre que son père lui avait donnée pour le votre... Vons savez le reste.

AMÉLIE

Ah ! monsieur, je ne saurais vous dire l'effet que cet aveu produit sur moi... (Avec intérêt.) Et qui vous force à partir?

JULES

Ah! je vais vous dire... D'abord une raison de délicatesse... Oui, si nous restions plus lonjj-temps auprès l'un de l'autre, moi, qui n'ai rien... vous, qui allez vous marier.

AMÉLIE

Je ne vous eomprends pas.

• t i I Air : Un page aimait la jeune Adrlr.

I n seul mot suïlii ait peut-être I'our t rouiller tout voire bonheur ;

(..n bien souvent ou n'est pas maître

D'imposer silence à son cu-ur.

En pareil cas , je dois le noire,

Quand le cœur est mal affermi,

On est plus sur de la victoire Quand <>u est loin de l'ennemi.

AMÉLIE

Quoi! c'est là, monsieur, le motif de votre fuite?

JULES

Ah! ce ii'im pas le seul. Non. Je comptais recevoir une somme assez majeure qui m est

due par un homme oui habite I Alsace, et pour

lequel j'ai suivi à Paris une affaire importante. J'espérai- par-là faire bonneUS à mes ciij;a;;o-

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ments , et implorer de votre père le pardon d'une ruse coupable... Mais j'ai écrit, et depuis trois mois je n'obtiens pas de réponse. Plus de salut pour moi, car, ce matin, en me mettant à la fenêtre, j'ai cru apercevoir une figure... de sinistre présage.

AMÉLIE

Qui donc?

jri.i i,

In de mes ennemis... un huissier... et comme je ne voudrais pas, pour tout au monde, que l'excellent M. Clémançot eût le chagrin de se voir enlever son bote, je vais au-devant du destin , de peur qu'il ne vienne au-devant de moi.

AMÉLIE

Y pensez-vous?... Mais vous me faites trembler... Comment! on vous arrêterait?...

JULES

La seule chose qui m'afflige, c'est de laisser, en partant d'ici , une réputation imméritée ; mais je me confie à l'avenir: le véritable Durand viendra quelque jour voir votre père... Il vous dira que son ami n'a pas de fortune, mais qu'il a le cœur droit et sincère ; qu'il était digne peut-être d'un meilleur sort; et, en faveur du Durand légitime, vous pardonnerez à celui qui a usurpé son nom. Dans une heure je serai à Melun, où j'ai fait arrêter ma place à la diligence , et ce soir je couche à Paris... Vous dire où, c'est ce que j'ignore; mais n'importe... (A part.) N'entends-je pas du bruit? (Il écoute.) Non... La justice me corne aux oreilles.

AlR : Noble dame, pensez à moi.

Un songe affreux poursuit ma vie !

Ah! pour moi quel rêve cruel!

Je crois voir Sainte-Pélagie Qui m'offre un lit dans son hôtel.

\ mk LIE.

Quoi ! monsieur , vous quittes ces lieux , li s. ms me faire vos adieux !

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