SCÈNE FIL
CHALAIS; LA DUCHESSE, entrant ,.cr la porta de la reine. Elle est paie el fort agitée.
CHAI \l>.
Al) ! madame, qu*ai-je fait pour mériter tant
de bonheur?
LA DUCHESSE
Ecoutez-moi, monsieur de Chalais. C'est par amitié pour la reine, pour moi , peut-être, que vous avez engagé une lutte avec Richelieu. CHALAIS.
Ah ! pour vous, pour vous seule. Sans VOUS, ce titre de favori, je l'abandonnerais à tous ceux qui l'envient. Les intenses ! ils ne s neuf pas ce que c'est que de passer sa vie avec un roi faible, triste, ombrageux; d'écouter plaintes, de souffrir ses caprices, de partager
son ennui. Ils appellent cela du pouvoir, du bonheur. Ah! je ne connais j moi, d'autre bon*
heur (pie d'être aimé de VOUS d'autre aiul'ii
que de vous plaire.
RICHELIEU
Eh bien ! ce pouvoir qui vous pèse, si je venais l'implorer? si j'avais un service, une grâce
à vous demander?
CUALA1S.
A moi? oh ! ne me trompez pas.
LA DUCHESSE
Oui, c'est à votre pitié que je m'adresse. Apprenez que, ce matin même, monsieur de Chevreuse a eu le malheur de tuer en duel de Launay, le neveu du cardinal. Les lois sur le duel sont terribles, et Richelieu inexorable: vous êtes tout -puissant sur l'esprit du roi; suppliez-le d'assoupir cette affaire, obtenez du moins des délais ; donnez à monsieur de Chevreuse le temps de fuir, de se soustraire aux poursuites dirigées contre lui ; enfin, monsieur, sauvez-le ! sauvez-le !
CHALAIS
Est-ce la reine, madame, qui prend au duc de Chevreuse un si vif intérêt, ou bien...? Pardon... Mais ce trouble, cette douleur... sans doute mes craintes sont injustes.
LA DDCH1
Monsieur de Chalais, vous avez mon amitié, mais mon eieur doit être fermé pour vous à tout autre sentiment: mon devoir me l'ordonne.
CHALAIS
Votre devoir? et cependant vous êtes veuve et maîtresse de votre main. Ah ! vous n'êtes pas franche. Mieux valait me dire que j'avais un rival, un rival préféré, et ne pas feindre de partager «les sentiments (pie vous n'éprouviez