ACTE II, SCENE II
AGATHE
Autour de ce lieu solitaire Tout est silencieux ; je ne sais quel mystère Semble planer ici.
ANNETTE
Ah ! quand le jour de noce arrive H est triste vra.meul d'é'.re srules ainsi , Au fond d'un vieux manoir, et sans ame qui vive,
Ah ! si lesmai'res d'autrefois Ran'mefl tout à coup sortaient de ces parois.......
AGATII E
Enfant!
ANNETTE
Maïs sans être crainiive, •Te t'avoûrai que j'aime mieux Les vivants que 1rs morts, les jeunes que les vieux.»
RONDE
ANNETTE
Qu'un garçon jeune et candide Au teint frais, aux blonds cheveux, P..sse auprès de moi timide , Faut-il donc baisser les yeux ?
On sait bien en fille sage Se donner un air discret , On regarde son corsage. Et pourtant dès qu'il paraît En secret Sur son passage On voit tout d'un œil sournois
En tapinois.
Si l'œillade qui succède Est surprise tout à coup, 1) vient-on aveugle ou laide ?
On rougit et voila tout.
Doux langage Qui s'engage Du regard Comme au hasard ï 1 L'un soupire, l'autre rétr, I/un commence un mot d'hymen, L'autre achète, Pu is soudain Oïi se prend la main.
Ce moment tous d< m nous lie...
Venri ?oir mon tî.incé î Il est beau, je suis joli*',
Notre joie s commence^ Qu'on s'empresse Quelle ivi-
Ll l< mln-se, Le botiln ur
Rempli l mon cœur.
(fondant cette rende, Agathe i garniderahai h da
f'.ui'
RÉCITATIF
ANNETTE
« Oh! les nœuds charmants! à merveille, Quand je me maniai je veux être pareille.
AGATHE
Puisses-tu ce jour-là, du moins,
Ignorer les soucis dont tes yeu\ sont témoins.
ANNETTE
Voyons, raconte-moi la fin de ta visite Chez notre bon ermite, Il t'a donné ces roses blanches.
ACATUE.
Oui, Et sa main les a consacrées ; Mais un astre fotal sur moi, dit-il, a lui. Des visions, par le ciel inspirées, Lui font voir mes périls : peut-être le portrait M'eût tuée, en tombant, sans quelque vœu secret.
ANNETTE
Bien expliqué! jadis mon père, Vaillant soldat, disait que pour braver la loi Du Destin, un moyen efficace et prospère Consistait dans ces mots: « ça, coquin, défends-
[toi!
ACATÏ1E.
Que ces fleurs ont de prix !
ANNETTE
Par les fraîches rosées, Pour les conserver mieux, qu'elles scient arrosées.
AGATHE
A ton gré, chère Annelte [à part., Et Max qui tarde
[encorl
ANNETTE
Allons, reliions nous! c'est l'heure De la prière sainte et des beaux rêves d'or.
AGATHE
Jusqu'au retour de Mai en C< s lieux je demeure.
ANNETTi:.
A ton aise... bonsoir! car dans son doux essor Le sommeil caressant de son aile m'eill un (Annette sort emportant le vbm où ^oni les Beoi