LA M A U0 USE
C'est vrai. Eh bien! il faut lui écrire pour lui demander un rendez-vous.
Oh! mais voyea si ce n'est pas un présage heureux! nous nous sommes remontrés dans notre espérance : vous me dites qu'il faut lui écrire, je l'ai fait.
LA MARQll-
Et vous avez envoyé la lettre?
MADEMOISELLE DE BELLE-ISLE
Non, je voulais vous la montrer... vous demander si c'était une chose convenable pour moi que de solliciter un rendez-vous de M. le duc de Richelieu.
LA MARQUISE
Comment, mais le motif est assez sacré pour vous mettre à l'abri de toute fausse interprétation.
MlleDE BELLE-ISLE.
C'est ce que j'ai pensé, madame.
LA MARQUISE
D'ailleurs, ce rendez-vous, vous pouvez le demander ici... chez moi.
Mlle DE BELLE-ISLE.
Oh ! si vous le permettez...
LA MARQUISE
Comment donc!
MIlc DE BELLE-ISLE.
Où le trouvera-t-on ?
LA MARQUISE
Je le ferai chercher.
Mlle DE BELLE-ISLE.
Que vous êtes bonne !
LA MARQUISE
Mais mieui que cela encore.
Quoi?
LA MARQUISE
Comment n'y ai-je pas songé plus tût? Vous êtes seule ici, n'est-ce pas? \uus me l'avez dit du moins.
Mlle DE BELLE-ISLE.
Toute seule.
LA .MARQUISE
Dans un hôtel?
MUe DE BELLE-ISLE.
Oui.
LA MARQUISE
Dans un hôtel, eiposéc à tous les inconvéniens d'une pareille maison. Vous dc pouvez pas rester dans un hôtel.
M H i f R>ISLI.
Je ne connais personne à Chantilly, madame.
LA >l M'.'.'l i
Oublieuse que vous ètcsl .. M lUit-jc pas là, moi ?
Vous!
iv ihiii.iii-i.
Oui, nn>i! quand j'entrepteuds une affaire, pour la mener à bien. Je me mil compromise, je
n'en aurai pas le démenti; mu ont M. le
duc de.Bourbon jusqu'à ce qu'il te rende... Eh pour commencer, j'introduis l'ennemi dam
la place... vous logerez i< I.
M11'' l>l. || ! ! I |SI I.
Qu'ai-jc donc l'ait pour mériter tant de bienveillance, moi qui tremblai- de venir réclamer
votre protection?.. Mais je ne puis accepter l'offre que vous me faites, madame.
LA MARQUISE
Et pourquoi donc cela , je vous prie ? Voyez un peu le dérangement que cela me cause!... Je vous cède ces deux chambres et ce cabinet de travail, et je prends l'appartement à côté : nous serons porte à porte, comme deux bonnes amies.
MIlc DE BELLE-ISLE.
Oh! madame la marquise! mon Dieu! si vous saviez quelle joie vous versez dans mon cœur !.. Je suis si sûre que, si vous voulez, toutes choses iront au mieux !
la marquise:
J'ai déjà commencé, je l'espère... et quand nous serons l'une à côté de l'autre , nous aurons bien mauvaise chance si nous ne réparons pas les malheurs passés , et si nous ne parons pas aux malheurs à venir!... Mais l'important en pareille affaire est de ne point perdre de temps. Allez donc à votre hôtel , et faites transporter ici tout ce qui vous appartient. {Elle sonne, Mariette paraît. ) Demandez s'il y a une voiture attelée. {A MUe de Bellc-Isle. ) Je vais envoyer votre billet au duc.
MARIETTE
Oui , madame la marquise.
LA MARQUISE
Conduisez-y mademoiselle , et restez à ses ordres.
M,lc DE BELLE-ISLE.
Je ne sais comment vous remercier.
Elle veut baiser la main de la Marquise.
LA MARQUISE
Que faites-vous donc? [Elle i embrasse au front.) Vous me retrouverez ici. Adieu.
Mllc ik- Bcllc-Iblc aort, suivie du domestiqua.